Gaël Monfils revers finale Coupe Davis 2010
Gaël Monfils | AFP - ANDREJ ISAKOVIC

Monfils donne le premier point à la France

Publié le , modifié le

Serbes et Français sont dos à dos (1-1) après la 1ère journée de la finale de la Coupe Davis. Gaël Monfils a apporté le premier point aux Bleus face à un Janko Tipsarevic crispé par l'enjeu. Le N.12 mondial s'est imposé sur un score confortable de 6-1, 7-6 (4), 6-0. Dans le deuxième simple, Gilles Simon a résisté au début et à la fin du match, mais il a dû s'incliner contre le N.3 mondial, Novak Djokovic, qui s'impose 6-3, 6-1, 7-5. Place au double si crucial samedi

Monfils met la pression sur les Serbes

Avec ses faux airs d'Arnaud Clément, Tipsarevic commettait deux double-fautes sur ses premiers services. Monfils profitait de l'occasion pour prendre le service de son adversaire et empocher en deux minutes le premier jeu. La pression était vraisemblablement trop intense pour Tipsarevic qui à l'image d'une montée au filet complètement ratée, semblait submergé par l'enjeu de la rencontre. Après deux balles de set ratées à 5-1 sur le service adverse, la troisième était concrétisée pour le Parisien. Sans avoir à trop forcer son jeu, il ne fallait finalement à Monfils que 28 minutes pour enlever la première manche (6-1). Le public serbe qui s'attendait à un peu plus d'opposition de celui qui avait joué les héros en demi-finales face aux Tchèques, commençait à douter.

Dans le deuxième set, Tipsarevic parvenait à reprendre le fil de son jeu. Les conseils du capitaine serbe Zoran Milosavljevic portaient leurs fruits. Pointant au 49e rang mondial, le Serbe s'offrait même une première balle de break face au N.12 mondial (à 1-1), mais les nerfs de Monfils restaient solides. S'engageait alors le combat que tout le monde attendait. Tipsarevic s'offrait une deuxième balle de break (à 3-3), mais lucide, Monfils gardait le cap grâce notamment à une amortie qui prenait de court le joueur local (4-3). Petit à petit, le Belgradois reprenait confiance, et jouait même avec les lignes. Le Français répondait encore présent après deux aces d'affilée (6-5), mais le Serbe arrachait un tie-break sur un jeu blanc.

Ce jeu décisif allait tourner à l'avantage du Français. Sur un service pourtant correct de Monfils, Tipsarevic discutait le point et se déconcentrait pour donner un point tout fait dans la foulée (2-0). Combatif, il recollait à 3-3 et prenait même l'avantage à 3-4. Monfils égalisait en demandant judicieusement l'aide d'un challenge (4-4). Malgré un solide service du Serbe, le Français multipliait les passings et s'offrait le deuxième set 7-6 (4) après 1h31 de match.

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La "Monf'" enchaînait dans la troisième manche, en se procurant déjà deux balles de break (15-40). Il se contentait presque de renvoyer les balles, attendant de son adversaire qu'il commette des fautes directes. Si les retours dévastateurs du Serbe donnaient du fil à retordre à Monfils, ce dernier parvenait à déstabiliser le Belgradois et sur une énième double faute, gagnait un jeu crucial. Mené deux sets à rien et concédant déjà son service dès le début de cette troisième manche, Tipsarevic avait du mal à remonter la pente. Monfils enchaînait avec un jeu blanc, un nouveau break, puis un autre, et remportait cette rencontre en trois sets 6-1, 7-6 (4), 6-0, et donnait confiance à tout le camp tricolore.

Réactions
Gaël Monfils (FRA): "Je suis content parce que je préparais ce match depuis longtemps, j'étais vraiment stressé à l'idée de le jouer, et j'arrive à le gagner 6-1, 7-6, 6-0. Je me dis: Gaël bravo. J'ai réussi à gérer mes émotions, je suis vraiment très content. C'est évidemment un grande victoire dans ma carrière, on est en finale de Coupe Davis. Mais j'ai surtout fait un très bon match. J'étais très nerveux, même encore à 5-0 au troisième set. C'était fini mais on ne sait jamais. Ses deux double-fautes d'entrée m'ont beaucoup aidées, j'ai eu beaucoup de chance avec ça. Les trois quarts de la pression sont parties d'un coup. Je me suis dit: le mec est quand-même super tendu ! C'est quand même rare à ce niveau là qu'un mec commence comme ça. Ce n'était pas facile de rester dans ma bulle mais j'y étais un peu préparé (aux manifestations du public). C'est souvent comme ça en Coupe Davis, ça ne m'a pas gêné outre-mesure. Au niveau de l'ambiance, je ne m'attendais à rien. C'était un public normal. Les mouchoirs ? Je suis malade, je traîne un rhume depuis un moment."
Janko Tipsarevic (SRB): "Deux double-fautes d'entrée, ça ne m'était encore jamais arrivé. Ca a montré à Gaël que j'étais très tendu, c'était un avantage pour lui. Il y avait évidemment beaucoup de pression mais ce n'est pas sur ça que je perds le match. Gaël a été meilleur que moi aujourd'hui, c'est tout. Il a bougé comme un chat sur le court, il a été vraiment bon. Je suis déçu de ma performance, je manquais de matches. C'est une dure défaite. Mais je me tiens prêt pour la suite."

Simon craque au septième jeu

Le succès du N.1 français avait forcément ajouté de la pression sur Novak Djokovic au moment de son entrée sur le court. Déjà obligé de ramener au moins ses deux points de simple en espérant un troisième point victorieux, le N.1 serbe était plus que jamais dos au mur. Opposé à Gilles Simon, il débutait donc la rencontre tendu, comme son adversaire, ce qui aboutissait à une partie d'échec sur le terrain. Entre deux des meilleurs contreurs du circuit, le scénario était annoncé, et confirmé dans la première demi-heure. Cueilli par des contres-attaques sur quelques tentatives pas assez tranchantes, le Serbe restait sur la réserve, préférant engager l'échange et le bras de fer plutôt que prendre des risques. Tranquille sur son engagement, il ne lâchait pas encore les chevaux en retour. Les deux hommes arrivaient donc à égalité (3-3) au septième jeu du match, moment traditionnellement important dans une rencontre. Celui-ci allait devenir le tournant du match.

A 3-3, le N.3 mondial se procurait deux balles de break (15-40) après trois fautes directes en coup droit du Français. Mais ce dernier arrêtait de donner des points, se replaçait dans une filière longue pour pousser son adversaire à la faute, et revenait à égalité. Une nouvelle balle de break écartée suite à un long bras de fer de fond de court, et le Niçois se procurait trois occasions de mener (4-3), mais il ratait l'opportunité notamment sur cette volée de coup droit qu'il voulait lifter dans le contre-pied, alors que le court était ouvert, sans que le Serbe ne tombe dans le piège. Et finalement, après un jeu de près d'un quart-d'heure, Djokovic provoquait la faute fatale, Simon mettant son coup droit dans le filet alors que l'amortie était totalement ratée. Faisant désormais la course en tête, ayant marqué psychologiquement son rival, le Serbe accélérait, montait un peu plus à la volée, augmentait la pression et parvenait, au prix d'un très bon jeu de retour débuté par une double-faute par le Français, par subtiliser une nouvelle fois le service adverse et remporter cette première manche en 44 minutes (6-3).

Le match changeait totalement de physionomie. Moins constant, commettant plus de fautes et surtout étant souvent dépassé par le rythme plus élevé sans oublier un manque de réussite au premier service, Gilles Simon subissait. S'il parvenait à égaliser à (1-1) sur un jeu blanc, c'est tout ce qu'il parvenait à accomplir dans le deuxième set. Il perdait ainsi son engagement sur un jeu blanc (3-1), ne marquait pas le moindre point au jeu suivant (4-1), commençait le sixième par une double-faute et finissait par prendre un coup droit croisé pour perdre de nouveau son service (5-1), avant d'encaisser un nouveau jeu blanc sur deux aces consécutifs en moins de trente minutes (6-1).

Trois balles de match sauvées dans le troisième set

Sans solution tactique, à la peine physiquement, complètement acculé sur sa ligne de fond dans les échanges, le protégé de Thierry Tulasne mettait fin à cette hémorragie de cinq jeux perdus consécutivement sur un coup droit dans le filet de Novak Djokovic (1-0). Mais le rouleau-compresseur était en route, le break était réalisé au troisième jeu pour de nouveau laisser le Serbe faire la course en tête (2-1). Tout n'était pas rose pour autant, le jeu du N.3 mondial connaissant quelques ratés, faute de concentration et d'investissement suffisant. Cela permettait au 42e mondial de rester dans la course, de ne pas être totalement largué, et, grâce à un jeu blanc, de revenir à (5-4). En venant au filet pour mettre la pression, il obtenait une balle de break, qu'il gâchait après une superbe défense en envoyant son coup droit d'attaque juste derrière la ligne de fond de court, en plein milieu. Et sur la première balle de match du Serbe qui suivait, le Français se battait comme un beau diable, gagnant le bras de fer en voyant son rival placer une amortie dans le filet après un long échange. La pression n'avait pas totalement quitté le camp de Djokovic, puisqu'il commettait un horrible coup droit boisé sur sa deuxième opportunité de finir la rencontre. Et c'est finalement lui qui faisait une nouvelle faute grossière en coup droit, offrant une balle de break à son adversaire, et lui livrant sur un plateau en envoyant un nouveau coup droit dans le couloir. Au courage, Gilles Simon égalisait à (5-5). Mais il devait faire face à deux nouvelles balles de break, et sur la deuxième, après un très long échange, "Gilou" voyait son coup droit finir dans le couloir (6-5). Cette fois, il ne laissait pas s'échapper une nouvelle opportunité de terminer le travail, malgré une troisième balle de match sauvée par Simon sur un magnifique revers le long de la ligne. Un dernier revers trop croisé du Français permettait à Djokovic de s'imposer 6-3, 6-1, 7-5. Pas dans la sérénité, en montrant que l'enjeu peut également le faire déjouer. Et le Serbe a passé 2h18 sur le terrain. Pas énorme, mais avec la tension, cela peut compter.

A (1-1) à l'issue de la première journée, comme la logique le prévoyait, le double de samedi prend une importance encore plus cruciale. Si Arnaud Clément et Michael Llodra sont partant certains, la Serbie se pose encore des questions. Aux côtés de Nenad Zimonjic, si Viktor Troicki a été choisi officiellement, le capitaine serbe peut encore changer et jouer un coup de poker en alignant Novak Djokovic pour tenter de prendre ce deuxième point. Car après la démonstration de Monfils et la sortie catastrophique de Tipsarevic, la journée de dimanche est loin d'être cousue de fils blancs.

Réactions
Gilles Simon (FRA): "J'ai l'impression que ce n'était pas évident d'entrer sur le terrain contre quelqu'un qui joue aussi bien. Il faut y aller quand-même! Sur l'ensemble du match, il y a une grosse partie où il a vraiment dominé. C'est un score logique. Gaël (Monfils) a vraiment fait un bon match. Je suis content de l'avoir vu faire un match aussi solide. Maintenant on a un double très important à jouer demain. Je ne suis pas un grand spécialiste de la question mais j'ai une extrême confiance en Mika (Llodra) et Arnaud (Clément). Je sais qu'il vont jouer un grand double. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit facile, il y a eu un petit combat au début du premier set et sur la fin du match mais malheureusement il a su passer devant à ces deux moments-là. Il a extrêmement bien servi, fait très peu de fautes, c'était dur d'aller chercher les points."
Novak Djokovic (SRB): "On va voir ce soir si je jouerai le double ou non, c'est ouvert, je me sens bien physiquement. J'étais très à l'aise sur le court aujourd'hui, surtout lors des deux premiers sets et demi. Pas de soucis, de bons services, j'attends juste le prochain défi. J'ai essayé de rester patient, de varier la vitesse de mes balles et de saisir ma chance lorsqu'il le fallait. J'ai eu tout bon."
Bogdan Obradovic (capitaine de l'équipe de Serbie): "Le meilleur choix est d'avoir deux Novak (Djokovic) mais comme ce n'est pas possible je dois choisir un autre joueur. Janko (Tipsarevic, battu par Gaël Monfils) est un grand joueur de Coupe Davis. Il a été énorme (en demi-finale) face à la République tchèque, vous savez. Monfils a vraiment bien joué aujourd'hui. Trois sets magnifiques. Il a fait la différence dans le tie-break du deuxième set. Si Janko l'avait gagné, on aurait pu avoir un match complètement différent."

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Romain Bonte