Jo-Wilfried Tsonga
Jo-Wilfried Tsonga | CESAR MANSO / AFP

Même Tsonga n'a rien pu faire

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Comme Richard Gasquet vendredi, Jo-Wilfried Tsonga a lui aussi subi la loi de Rafael Nadal en s'inclinant 6-0, 6-2, 6-4. L'aventure se termine pour les Bleus en demi-finale de Coupe Davis (3-1) à Cordoue. Pas de quoi avoir de regret pour les hommes de Guy Forget : ils sont tombés face à plus forts qu'eux ! Dans l'autre demi-finale, l'Argentine s'est imposé devant la Serbie (3-1) après l'abandon de Novak Djokovic contre Juan Martin Del Potro 6-7 (5/7), 0-3.

Impuissant, lui aussi. Remonté à bloc après son succès en double samedi avec Michael Llodra, Jo-Wilfried Tsonga a rapidement dû plier contre le lift imparable de Rafael Nadal. Jamais, le Manceau n'est apparu capable de tenir la cadence imposée pour s'incliner 6-0, 6-2, 6- en 2h18. Comment résumer le mur face auquel le demi-finaliste de Wimbledon s'est retrouvé ? Son service était lu avec une précision imparable par le Majorquin, tandis que son coup droit, trop souvent grippé, ne parvenait pas à déstabiliser son adversaire. En jeu de retour ? Un cauchemar. "Jo" ne s'est jamais procuré une seule balle de break. La faute également à un revers méconnaissable, qui a subi les coups de lasso de "Rafa". Pour leur première confrontation sur terre-battue, Tsonga a pu mesurer l'écart qui le séparait du joueur de Manacor sur l'ocre. Rien à voir avec le Nadal qu'il avait battu au Queens sur gazon un peu plus tôt cette saison. 

Si le score ressemble à s'y méprendre à la déculottée reçue par Richard Gasquet, vendredi, en match d'ouverture de cette demi-finale, la manière est pourtant différente. Après avoir été réduit à l'état de simple sparring-partner dans les deux premières manches, Tsonga s'est fait violence dans la troisième. Abandonnant la filière longue, tournant systématiquement à l'avantage de son adversaire, il a pris l'option de venir au filet. Souvent inspiré, l'ancien protégé d'Eric Winogradsky a ainsi contenu l'orage un moment. Mais la marche était trop haute. Malgré toute sa volonté, le Sarthois a cédé en un peu plus de deux heures de match. "Je n'ai pas eu de chance" a t-il commenté à l'issue de la rencontre. En effet, Nadal, dans la lignée de sa finale perdue à l'US Open lundi affiche un niveau de jeu incroyable. Ils sont peu à pouvoir rivaliser avec lui quand il est dans cet état de grâce.

En conclusion du weekend, Richard Gasquet a disputé un match sans enjeu contre Fernado Verdasco. Le Bitterois n'a pas fait long feu en s'inclinant (6-2, 6-1).

L'Argentine fait chuter le tenant du titre

La Serbie abandonne son trophée. Face à une Argentine conquérante, Djokovic and Co ont cédé (3-1) et rendent leur couronne. Arrivé en renfort pour le quatrième match, le numéro 1 mondial n'a pas tenu longtemps contre Juan Martin Del Potro. Diminué, le récent vainqueur de l'US Open a abandonné la rencontre 7-6 (7/5) 3-0. Il concède ainsi la troisième défaite de sa saison. L'Argentine, elle, retrouve la finale de la compétition pour la première fois depuis 2008. Tout comme la France, elle devra se déplacer en Espagne pour remporter le saladier de la Coupe Davis.

Réactions

Jo-Wilfried Tsonga: "Rafa (Nadal) a été au-dessus sur tout le week-end. Je pense que  n'importe qui que l'on aurait envoyé aujourd'hui à ma place sur le court aurait  connu les mêmes difficultés. Rafa, c'est pour moi le plus grand joueur de tous  les temps sur terre battue. Il ne joue comme personne d'autre. Il met de tels  effets dans sa balle qu'il est vraiment difficile de bien la lui renvoyer bien.  Et avec Rafa, si tu ne lui retournes pas bien, ensuite, il te fait voyager aux  quatre coins du court. Je n'avais pas la pression par rapport à mes  responsabilités. C'est le genre de match que j'aime jouer. J'avais de bonnes  sensations à l'échauffement. Je suis rentré sur le court en pensant que s'il  fallait que j'y laisse ma peau, je la laisserais. Mais il n'y avait pas  grand-chose à faire. Rafa était tout simplement beaucoup plus fort que moi  aujourd'hui".

Albert Costa, capitaine de l'équipe d'Espagne: "Le niveau de l'équipe d'Espagne est très élevé actuellement. Je crois même que parfois l'Espagne ne sait pas la chance qu'elle a. Nous vivons actuellement une époque glorieuse, il faut en profiter. Et aussi faire un travail de fond pour que cela dure des années. Mais nous nous trompons en pensant que cela va être ainsi pour l'éternité".

Novak Djokovic: "Je suis bien évidemment très déçu  que le match se soit terminé ainsi. J'ai essayé mais ça n'a pas marché. Je  n'étais pas dans un bon état (...) mais nous avons été prêts à assumer ce  risque, sachant qu'il existait la possibilité que la blessure devienne plus  grave (...) J'ai ressenti la douleur dès le 4ème jeu du premier set. Je dois  faire des tests médicaux pour voir si la blessure est grave. La décision de  jouer, on l'a prise ensemble, mais j'ai assumé la responsabilité. J'ai pensé  avoir plus de chance de faire face à Del Potro qui est fantastique et qui a  joué excellemment vendredi. Je ne suis pas fâché, je suis juste triste et déçu. Les Argentins ont vraiment  joué de façon merveilleuse. Del Potro a été fantastique".