Gaël Monfils joie France Argentine Coupe Davis 2010
Gaël Monfils heureux ! | AFP - Jean-Philippe Ksiazek

Llodra et Monfils en conquérants

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Gaël Monfils a apporté un 2e point à la France en battant l'Argentin David Nalbandian 6-4, 2-6, 6-4, 6-3 en demi-finale de Coupe Davis au Palais des Sports de Gerland à Lyon. Michael Llodra avait apporté le premier point en s'imposant 7-5, 4-6, 7-5, 6-3 en 3h20 à l'issue d'une rencontre indécise. Samedi, la paire française Michaël Llodra - Arnaud Clément a l'occasion d'apporter le troisième point décisif face aux Argentins Eduardo Schwank et Horacio Zeballos.

Le lieu était parfait. La surface était idéale. L'adversaire aussi. Michael Llodra était dans les meilleures conditions pour lancer la France sur de bons rails. Dans ce premier match de la demi-finale de la Coupe Davis contre l'Argentine à Lyon, il était en effet opposé à Juan Monaco, un homme qu'il avait battu ici-même en 2009. Déterminant sur une surface ultra-rapide en quarts de finale contre l'Espagne, il se voyait proposer un défi identique contre le N.1 sud-américain. Mais sur le chemin d'un 16e titre dans l'épreuve, le Francilien avait un peu plus de pression qu'au précédent tour. Cela se répercutait sur son début de rencontre, au cours duquel il concédait son engagement dès le 3e jeu, subissant un tir de barrage en retour et en passing-shot de l'Argentin, à l'aise face à un service trop lent et imprécis du Français, crispé. Condamné à mettre le curseur de son jeu offensif sur la position "outrance", il finissait par se décontracter et trouver ses repères, enchaînant notamment un très bon jeu au filet pour revenir à (4-3). Au jeu suivant, le principe des vases communicants était mis en application, Monaco fléchissant et se contractant pour sortir deux double-fautes, dont la deuxième sur la seconde balle de break (4-4). Un seul point laissé dans ses deux jeux de service suivants, et le Francilien bénéficiait d'une nouvelle double-faute, puis d'un coup droit complètement boisé de son adversaire pour s'offrir deux balles de set, conclues dès la première sur un énorme coup droit le long de la ligne (7-5) après 53 minutes de jeu.

Le match était bel et bien lancé, et le Sud-Américain continuait à se battre comme un diable derrière sa ligne de fond de court. Une double-faute de Llodra puis un superbe retour dans les pieds lui permettaient de reprendre l'engagement adverse (3-2) puis de mener (4-2). La tendance était lourde, les attaques tricolores étant moins incisives au contraire des coups de l'Argentin, qui l'emportait (6-4). Tout était donc à refaire, et Michael Llodra avait d'une part l'avantage d'être le premier à servir, et en plus de monter en régime dans ce secteur de jeu. Pas de grande frayeur, aucune balle de break à sauver pendant toute la deuxième manche, et du coup plein d'énergie et de concentration à mettre dans ses jeux de retour. Après avoir déjà fait douter Monaco au huitième jeu, il se procurait deux balles de break au dixième, mais trop timoré, les laissait passer. Son jeu blanc le remettait en selle (6-5), et il bénéficiait de trois nouvelles occasions de conclure la manche. Encore une fois trop attentiste, deux d'entre elles s'envolaient et sur la troisième, le Français envoyait un terrible revers gagnant le long de la ligne pour désormais mener deux manches à une (7/5). Au début du quatrième set, Llodra manquait deux occasions de breaker son rival "gaucho". Assurant sans problème ses engagements, le Français mettait la pression sur chaque jeu de service adverse. Porté par son service (22 aces au total contre 5 à Monaco), il effectuait la course en tête. A 4-3, il réussissait le break sur un superbe passing de revers. Dans la foulée, il servait pour le match et ne tremblait pas pour conclure en quatre sets, 7-5, 4-6, 7-5, 6-3.

Monfils double la mise

Gaël Monfils a apporté un deuxième point à la  France en battant l'Argentin David Nalbandian en quatre sets 6-4, 2-6, 6-4, 6-3. Monfils se procurait d'emblée deux balles de break. Sur la première, il envoya hors des limites un revers croisé. Mais il profita d'un coup droit trop long de Nalbandian pour prendre les commandes du match. Dans la foulée, le Parisien gagnait blanc son engagement pour mener 2-0 puis 4-1 40-15. Mais Nalbandian serrait le jeu et debreakait pour revenir à 2-4 puis 3-4 suite à un point splendide (amortie pour attirer Monfils au filet avant un lob magnifique qui faisait chuter le Français). Les deux hommes se rendaient coup pour coup dans un set d'une grosse intensité et d'un niveau largement supérieur au premier match. A 5-4, Monfils servait pour empocher le premier set. Mené 15-30, le finaliste du Masters 1000 de Paris-Bercy alignait deux services gagnants puis une montée victorieuse au filet pour conclure la manche en 36 minutes (6-4). D''entrée de deuxième acte, Monfils se procurait d'entrée une balle de break qu'il ne convertissait pas. C'est au contraire Nalbandian qui se détachait à 4-2 puis 5-2. Les échanges époustouflants se succédaient et le finaliste de Wimbledon 2002 retrouvait son tennis flamboyant, tout en cadence. Il remportait le point sur 12 de ses 14 montées au filet. Monfils résistait mais il devait s'incliner 6-2 sur un dernier jeu blanc. Tout était à refaire.

Le Français est cependant bien reparti dès l'entame de la troisième manche en s'emparant de l'engagement argentin à 1-1. Il conservait son break pour mener 3-1 puis 4-2 et concluait même sur un jeu blanc grâce à un service gagnant (6-4). Avec un réalisme digne des plus grands (une seule balle de break, convertie) et une puissance bien utile pour empêcher Nalbandian de rentrer dans le court et de distribuer le jeu à sa guise, Monfils faisait vibrer les supporters tricolores tandis que les fans argentins semblaient incrédules: leur idole ne parvenait qu'épisodiquement à déborder son rival.

Après deux heures de jeu, le "Gringo" ravissait pourtant le service adverse et s'échappait au score (2-0) en profitant de quelques fautes directes d'un Monfils un tantinet moins constant. Nalbandian, qui menait 3-0, avait converti quatre balles de break sur quatre (contre 3/6 à Monfils) à ce moment du duel. Combattif comme rarement, Monfils ne se laissait pas démonté et il recollait à 2-3 en poussant Nalbandian à la faute. Agacé de voir les balles revenir dans le courts alors qu'il pilonnait à droite et à gauche, l'ancien numéro 3 mondial commettait des erreurs de précipitation. Porté par le public, "La Monf" égalisait à 3 partout. Il menait même 0-30 puis 30-40 (sur une faute en coup droit de son rival) au jeu suivant. Un passing de coup droit fabuleux lui offrait le break au moment idéal (4-3, service à suivre). Nalbandian semblait décliner physiquement face à l'athlétique Gaël, quasiment indébordable. Un exemple ? Un point extraordinaire enlevé par le Français au prix d'une course émérite vers le filet et d'un petit revers glissé à une main hors de portée de Nalbandian. Monfils menait 5-3, à un jeu d'une très grande performance. Il se procurait deux balles de match sur le service adverse: il manquait la première la faute à un revers trop long mais concluait le feu d'artifice sur un passing de coup droit décisif pour triompher en quatre sets 6-4, 2-6, 6-4, 6-3 dans un Palais des Sports ébloui et heureux. A 2 points à 0, la France a mis un pied en finale. Reste à parachever le travail ce week end.

"Je suis tellement soulagé ce soir", se réjouissait le capitaine Guy Forget  après les deux simples. "J'ai été très inquiet dans les deux matches, mais c'est  la victoire du courage et des tripes", a-t-il poursuivi. Pour renforcer leur optimisme, les Français peuvent s'appuyer sur les  statistiques: en plus d'un siècle de Coupe Davis, la France n'a perdu qu'à deux  reprises après avoir mené 2 à 0, en 1946 et 1956. L'Argentine n'a, elle, jamais  réussi à remonter un tel handicap... "Cela fait longtemps que je ne me suis pas senti  aussi bien, que je n'avais pas aussi bien joué", s'est de son côté félicité Monfils. "Ce n'était pas parfait", a toutefois admis le Parisien après son match. "Il y avait  beaucoup de tension. Mais je savais que si je gardais le cap j'arriverais à m'en  sortir."

Déclarations

Michael Llodra: "il y avait beaucoup de tension. J'ai joué tellement bien cette semaine que je savais qu'il allait se passer quelque chose. Je savais qu'avec le stress, la chaleur, l'envie de bien faire, cela pouvait m'arriver de moins bien jouer.Mais je savais que si je gardais le cap j'arriverais à m'en sortir. A mon avis, je me suis contenté un petit peu trop de le faire jouer au lieu de développer mon jeu d'attaque. Je l'ai breaké quand j'ai été le chercher, le provoquer. Ce n'était pas parfait. Mais ça fait 1-0 pour la France et c'est le plus important.Aujourd'hui, j'ai su rester calme, notamment au début. Je ne m'attendais pas qu'il y ait une telle ambiance aussi, qu'il y ait autant d'Argentins. Après j'ai essayé de me rattacher à des choses simples, j'ai essayé de bien souffler, de jouer mon jeu d'attaque. Je n'ai pas fait un grand match mais la volonté a fait la différence.

Juan Monaco (ARG): "Le match s'est joué à un set partout. Le match était assez équilibré, je venais de gagner le deuxième set en jouant assez bien. Le troisième set aurait pu basculer dans un sens comme dans l'autre. Michaël a, à ce moment-là, très bien joué, il a pris des risques et ça a pesé dans la balance à la fin du match. Je n'ai pas pu jouer mon jeu mais c'était la donne de départ, on savait qu'il allait attaquer comme il l'a fait durant toute sa carrière. Il l'a très très bien fait d'ailleurs, voire trop bien! Il a joué à un très haut niveau aujourd'hui. En tout cas il y a une chose dont je suis sûr et j'ai bonne conscience: j'ai vraiment tout donné."

Les Tchèques ratent le coche

La République tchèque menaient 1 à 0 face à la Serbie en demi-finale de la Coupe Davis après la victoire de Radek Stepanek sur Viktor Troicki (4-6, 6-2, 6-4, 6-4) lors du premier simple, ce vendredi à Belgrade. Troicki, 47e joueur mondial, avait remplacé en dernière minute le N.2 mondial Novak Djokovic, victime d'une gastro-entérite. Mais les Serbes ont finalement égalisé après la victoire (7-5, 6-2, 2-6, 7-6) du Serbe Janko Tipsarevic sur Tomas Berdych devant un public aux anges. Le double de samedi revêt une importance capitale.