Rafael Nadal
Rafael Nadal | AFP - Cesar Manso

Le supplice espagnol

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Inéluctable. C'était écrit d'avance et ça n'a pas loupé. Rafael Nadal a apporté sans coup férir le premier point à l'Espagne en matant Richard Gasquet en trois petits sets, 6-3, 6-0, 6-1 et deux heures de jeu. L'équipe de France va maintenant tenter d'égaliser par l'intermédiaire de Gilles Simon, opposé à David Ferrer sur la terre battue surchauffée des arènes de Cordoue (30 °). La France est déjà presque dos au mur.

Rafael Nadal n'a pas trop souffert de la fatigue due à son parcours à l'US Open, achevé lundi par une défaite en 4h10 contre le numéro 1 mondial Novak Djokovic. L'Espagnol a laminé Richard Gasquet en récitant son petit précis de la terre battue de façon magistrale. Jamais le Français n'a semblé pouvoir résister au rouleau compresseur ibère qui mène désormais 10-0 dans leur face à face.

Nadal réussissait le break d'entrée en commettant trois fautes directes dont une volée mal centrée. Nadal tenait ensuite son service sans souci mais Gasquet se mettait progressivement à niveau et restait collé au score (2-3 puis 3-4). Malheureusement pour lui, "Richie" craquait finalement à 3-5 en manquant une volée de revers après un service puissant retourné comme il a pu par Nadal. Avec seulement 4 points sur 12 inscrits au filet, le Biterrois s'était montré trop léger pour espérer déborder le Majorquin, toujours aussi impérial sur les points clefs malgré la fatigue occasionnée par le décalage horaire avec New York.

Gasquet impuissant

Le finaliste de l'US Open entamait la deuxième manche sur le même rythme avec un jeu blanc. Le jeu de service suivant durait plus de 10 minutes, Gasquet sauvant quelques balles de break et gâchant deux occasions de recoller à 1-1 pour finalement se prendre un passing de revers de Nadal (0-2 après 1h08). Dans la foulée, Gasquet concédait un nouveau break en ne convertissant pas quelques occasions nettes du fait d'un manque de clairvoyance (mauvais choix tactiques) et du jeu de défense d'un Nadal intraitable (0-5 puis 0-6 sur un ultime break, l'Espagnol se permettant le luxe de conclure au filet).

La troisième manche ne changeait rien à l'affaire. Nadal déroulait et Gasquet ne réussissait plus à prendre les commandes des échanges hormis sur quelques coups splendides mais trop sporadiques. Les jeux défilaient (2-0, puis 4-1). Des "Espana, Espana" retentissaient dans le cadre andalou, majestueux. Accablé par la chaleur comme par son rival -largement supérieur dans quasiment tous les domaines, le Français ne pouvait rien pour changer le cours du match. Même Guy Forget, sur le banc tricolore, n'arrivait pas à trouver les mots pour remettre son poulain sur de bons rails. Nadal concluait finalement la partie (6-3, 6-0, 6-1) sur un dernier coup droit gagnant ponctué d'une amortie parfaite. Impressionnant !

Même leçon pour Simon

Et le double de samedi Lopez/Verdasco - Tsonga/Llodra sera forcément décisif. David Ferrer est venu à bout d'un Gilles Simon volontaire, mais qui n'aura  jamais vraiment réussi à prendre l'ascendant sur son rival. Le Français, qui restait sur une victoire serrée face à l'Espagnol à  Cincinnati cette année, sur dur, avait annoncé un combat physique. Celui-ci a  bien eu lieu, mais il a tourné très nettement à l'avantage de son opposant. Ferrer, pugnace sur chaque échange a constamment pris de vitesse le  Français pour s'adjuger facilement le premier set 6-1. La deuxième manche était accrochée et voyait les deux hommes perdre à tour  de rôle leurs services. Aux coups droits croisés de Ferrer, Simon répondait par  son revers le long de la ligne. Et quand l'Espagnol semblait avoir pris un  avantage décisif en breakant le Français à 4-3, Simon répliquait immédiatement  pour recoller à 4-4.

L'Espagnol se montrait toutefois le plus insistant: il reprenait aussitôt  l'initiative à 5-4 et, après un jeu de plus de dix minutes, parvenait à boucler  le deuxième set 6-4. Dans les Arènes de Cordoue tout acquises à sa cause, Ferrer ne laissait  aucun répit à Simon, quelque peu abattu par la perte de la deuxième manche. L'Espagnol prenait une nouvelle fois le service du Français sur un smash rageur  pour mener 2-1 dans le 3e set, avant de récidiver par deux fois pour apporter  un deuxième point à l'Espagne.

La Serbie menée 2-0

Dans l'autre demi-finale, c'est l'Argentine qui a pris les devants sur la Serbie. Elle mène désormais 2 à 0, après la victoire de Juan Martin Del Potro contre Janko Tipsarevic 7-5, 6-3, 6-4. A Belgrade, l'Argentine avait pris la tête de cette demi-finale lors du premier simple remporté par David Nalbandian face à Viktor Troicki par 6-4, 4-6, 6-2,  6-3. Troicki avait remplacé de dernière minute le N.1 mondial Novak Djokovic souffrant au dos et aux côtes, mais qui pourrait toutefois être aligné dimanche.

Réactions

Richard Gasquet (FRA, battu par l'Espagnol Rafael Nadal lors du premier simple de la demi-finale de Coupe Davis): "Je suis très déçu du résultat. C'est vrai que je n'ai pas assez bien servi sur mes deux premières balles et que j'ai commis pas mal d'erreurs à la volée. Mais Nadal, même fatigué, reste un joueur assez exceptionnel. Les rebonds sur son coup droit qui giclait bien m'ont posé des problèmes. Que je sois au filet ou au fond du court, je n'ai pas trouvé la solution face à lui. Je fais, selon moi, un bon premier set. Mais au moment où je sens qu'il va falloir en faire plus pour gagner, je me mets à faire pas mal d'erreurs. Le 2e jeu du début du 2e set, qui dure 10 minutes (et à l'issue duquel le Français perd son service) me fait mal. Je ne pense pas encore à dimanche, on n'en est pas là. C'est une défaite qui fait mal tout court, sans parler de la perspective d'un deuxième simple."

Albert Costa (capitaine de l'équipe d'Espagne,  après les victoires de Nadal et Ferrer): "Je ne pensais pas qu'on gagnerait ces  deux matches en trois sets. Je m'attendais à des matches plus longs, plus durs.  Mais le mérite en revient à Nadal et à Ferrer. Depuis le début de leurs  matches, ils ont joué de manière très concentrée et en suivant un plan: celui  de déplacer beaucoup leur adversaire, de faire des retours de service agressifs  pour pouvoir entrer dans le court par la suite. Alors que les Français, eux,  ont peut-être eu plus de difficultés à s'adapter à la terre battue".

David Ferrer (vainqueur de Gilles Simon): "Cela a été un match dur  physiquement. Je pense que le résultat ne reflète pas la physionomie du match.  Le deuxième set a été le plus accroché des trois. Ensuite, j'ai pris le dessus,  Simon montrant peut-être un peu plus de fatigue. Mon but était de gagner en  trois sets de manière à pouvoir récupérer davantage. Je suis satisfait, c'est  un objectif que j'ai atteint. Je termine le match avec un petit problème de  crampe dans la jambe, mais ce n'est rien de préoccupant".

Gilles Simon (battu par David  Ferrer): "J'ai joué aujourd'hui contre un excellent joueur, qui fait tout très  bien. Quand on pense qu'il était encore à New York la semaine dernière, son  adaptation à la terre battue est impressionnante. Il a été bon dans tous les  secteurs du jeu. En attaque, il jouait les lignes, en défense, il a tout  ramené. Il avait vraiment très peu de failles et cela a été difficile pour moi  aujourd'hui. J'aurais peut-être dû jouer un peu plus libéré et saisir les  occasions que j'ai eues dans le deuxième set."