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Llodra sous le regard de Clément | AFP-DILKOFF

Le double français s'impose !

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Dans un match palpitant, le duo français composé de Michael Llodra et d'Arnaud Clément (auteur d'un match remarquable), pourtant mené deux sets à rien, est parvenu à s'imposer face à la paire serbe Troicki/Zimonjic 3-6, 6-7, 6-4, 7-5, 6-4. La France mène désormais cette finale de la Coupe Davis par deux victoires à une.

Habitué à joué ensemble, Michael Llodra et Arnaud Clément savaient qu'ils ne devaient pas se rater dans ce troisième match. Et une statistique ne trompe pas, lorsque l'on gagne un double alors que les deux équipes se trouvent à 1-1, le vainqueur à neuf chances sur dix de s'imposer…Les Serbes tentaient un coup de poker une heure avant la rencontre. Alors que l'on pensait voir Djokovic prendre place sur le terrain du Beogradska Arena, c'est finalement Viktor Troicki qui a été associé à Nenad Zimonjic. Le capitaine de l'équipe serbe, Bogdan Obradovic, a sans doute préféré préserver le N.3 mondial, en vue du quatrième match opposant "Nole" à Gaël Monfils.

Dans les esprits de tous les observateurs, le duo français possédait plus de bagages pour s'en sortir dans cette rencontre, mais le début de rencontre laissait supposer que la partie n'allait pas être une partie de plaisir. Après avoir empoché le premier point, les Serbes se procuraient une première occasion de break sur le service d'un Llodra en dedans. Les Tricolores s'en sortaient tout de même (1-1), mais leurs adversaires ne relâchaient pas la pression, et c'était cette fois à Clément de se trouver en difficulté sur son engagement. Cette fois, les Serbes prenaient les devants (3-1), et Zimonjic avec des services à plus de 220 km/h, confirmait (4-1). A 5-3, les Bleus ne perdaient pas l'espoir en se procurant une balle de débreak sur le service de Zimonjic. Mais c'était presque logiquement que les Serbes remportaient cette première manche 6-3 en à peine trois-quarts d'heure, avec l'espoir de retrouver du mordant par la suite.

Et les hommes de Guy Forget repartaient en effet de l'avant, avec notamment un jeu blanc sur le service de Clément (2-1). Le public français en profitait pour se faire entendre dans l'enceinte du Beogradska Arena, et surtout motiver les Bleus qui en avaient bien besoin. Mais les Serbes répondaient présents en égalisant à 2-2, également sur un jeu blanc. C'était un peu plus laborieux sur l'engagement de Llodra (3-2), et plus encore sur le service de Zimonjic qui donnait aux Français deux balles de break. Mais Clément et Llodra rataient le coche (3-3). Malgré les nombreux sifflets au moment de servir, Clément s'en sortait sur un jeu blanc (4-3). Alors que le bras de Troicki ne tremblait pas, celui de Llodra avait bien du mal à trouver un brin de sérénité dans les échanges. Heureusement, son service le sauvait et annihilait deux balles de break serbes (5-4). Sur le service de Zimonjic, les Bleus s'offraient une balle de set, mais le Serbe gardait son sang-froid (5-5). A ce petit jeu, Clément perdait pied, et offrait sur une double faute le break aux Serbes (5-6). Les Tricolores débreakaient d'une drôle de manière, un hurluberlu criant en plein milieu des échanges… Le public serbe plus ou moins calmé, Zimonjic et Troicki allaient rapidement remporter cette deuxième manche 7-6 (3).

Menés deux sets à rien, Llodra et Clément n'avaient alors plus rien à perdre. Guy Forget trouvait semble-t-il les mots juste pour galvaniser ses deux joueurs, qui pour la première fois, allaient compter un break d'avance sur le service défaillant de Troicki (1-0). Les quatre joueurs se rendaient coup pour coup, chacun remportant son service, et ce, malgré un Llodra très fébrile au filet. Les Français s'offraient alors une première balle de set sur l'engagement de Troicki (à 5-4), mais empochaient finalement la troisième manche 6-4.

Après presque trois heures de match, les organismes commençaient à donner quelques premiers signes de fatigue. Cette fois, le camp tricolore avait repris un peu confiance. Dans un mauvais jour, Llodra s'accrochait tant bien que mal, et conservait le gain de son service pour égaliser à 3-3. Heureusement, Clément, malgré un déchet important sur sa première balle, compensait avec un jeu simple et appliqué (4-4). Impeccable en revanche était la première balle de Zimonjic, tout comme celle de Llodra qui peu à peu, retrouvait son jeu (5-5). Et sur un lob magique de Clément, les hommes de Guy Forget breakaient et contre toute attente, remettaient les deux équipes à deux sets partout en remportant cette quatrième manche 7-5.

La pression se retrouvait dès lors sur les épaules serbes et la France breakait d'entrée en s'emparant du service du pourtant solide Zimonjic. Llodra confirmait sur un jeu blanc (2-0), et les espoirs de victoire commençaient à prendre forme du côté français. Si Troicki redonnait un peu de baume au cœur de ses camarades, Clément, sans doute le meilleur joueur de la rencontre, enchaînait les services gagnants (3-1). Menés 4-3, les Serbes n'avaient pas encore dit leur dernier mot, mais leurs deux balles de break étaient une fois encore annihilées par deux joueurs ô combien méritants. Et même quand la balle hésitait à rebondir du bon côté, elle favorisait les Français, qui remportaient finalement cette rencontre après plus de 4h30 d'un énorme combat 3-6, 6-7, 6-4, 7-5, 6-4. Les dieux du tennis avaient probablement décidé que la France devait remporter ce double.

Guy Forget (capitaine de l'équipe de France):  "La route était longue, ce match c'est comme si tu pars sur un 400 m en prenant  d'entrée 50 m dans la vue. C'était très frustrant d'être mené 2-0 avec la  sensation que l'un et l'autre pouvaient jouer beaucoup mieux que ça. Je leur ai  dit: +mais faites moi un break+, j'ai senti que ça pouvait basculer très vite  dans leur sens. Quand ils l'ont fait, ça allait de mieux en mieux. Cette  victoire, c'est un travail de fourmi. C'est pourquoi la victoire est encore plus  belle, franchement c'est chouette. Sans leur amitié ils n'auraient jamais réussi  à retourner la situation et gagner ce match. Si Arnaud et Mika ont gagné c'est  aussi grâce à leur âge, leur expérience. Quand tu est jeune, devant un public  hostile et que ça se passe mal, que tu ne joues pas très bien, ça peut vite te  faire dégoupiller. On n'a pas encore parlé de dimanche, j'ai mon idée, mais je  veux être sûr, en parler à Michaël d'abord, voir comment il se sent, à Gilles  (Simon) aussi. On a deux matches à jouer et un point à gagner. Le match entre  Gaël (Monfils) et Novak (Djokovic) va être un grand match. Il arrive au bon  moment pour Gaël, il n'aura rien à perdre, je suis sûr qu'il va montrer un  visage incroyable."

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Romain Bonte