David Goffin (Belgique) et Andy Murray (Grande-Bretagne)
David Goffin (Belgique) et Andy Murray (Grande-Bretagne) | DIRK WAEM / BELGA / AFP

La Grande-Bretagne et Murray au rendez-vous de l’histoire

Publié le , modifié le

Seul membre du Big Four à n’avoir jamais remporté la Coupe Davis, Andy Murray sait qu’il ne doit pas laisser passer l’opportunité de soulever le célèbre Saladier d’argent, de vendredi à dimanche à Gand, lors d’une finale où la Grande-Bretagne partira favorite contre la Belgique. Les supporters de la Flanders Expo vont lui mettre une pression terrible durant tout le week-end. Mais les 1000 fans britanniques attendus sur place rêvent de triomphe.

Roger Federer et Stan Wawrinka ont gagné la Coupe Davis l’an dernier contre la France. Novak Djokovic l’a remportée en 2010, toujours contre les Bleus. Et Rafael Nadal a soulevé le trophée à quatre reprises, en 2004, 2008, 2009 et 2011 !

Eviter le sort de l'Argentine

Malgré la désaffection ponctuelle des meilleurs joueurs du monde pour la vénérable épreuve, passionnante mais usante dans un calendrier déjà bien chargé, le palmarès de la Coupe Davis a consacré de grandes équipes depuis l’an 2000, de la Russie de Kafelnikov et Safin à la Suisse du duo Federer-Wawrinka en passant par et l’invincible armada espagnole (Nadal, Ferrer, Verdasco, Almago) pour peu qu’elle évolue sur sa terre battue fétiche.

La Davis a également consacré des pays un peu moins forts sur le papier comme l’Australie (Hewitt-Philippoussis) la Croatie (Ljubicic-Ancic), la République tchèque (Berdych-Stepanek) ou la France de Grosjean, Escudé, Pioline, Santoro en 2001. Seule l’Argentine de Nalbandian et Del Potro est vraiment passée au travers parmi les formations à potentiel élevé.

Dans les traces de Fred Perry

La Grande-Bretagne d’Andy Murray a donc une opportunité en or d’inscrire son nom sur le socle de l’un des plus beaux trophées au monde, ce week-end face à la Belgique. Ce serait un juste retour des choses pour une nation sacrée à neuf reprises (comme la France), ce qui la place en troisième position dans la hiérarchie derrière les intouchables Etats-Unis (32) et Australie (28). Mais la sélection britannique n’a plus gagné la compétition depuis 1936 et n’a plus participé à une finale depuis 1978 lorsque John Lloyd et cie s’étaient inclinés devant les USA de John McEnroe.

Il est donc plus que temps de réparer cette anomalie. C’est la mission confiée Andy Murray, dépoussiéreur de palmarès en chef. L’Ecossais, lauréat de l’US Open 2012 et de Wimbledon 2013, peut encore un peu plus faire oublier Fred Perry –la star anglaise des années 30- à condition de ramener le fameux bol à punch. Le numéro 2 mondial s’est montré intraitable lors des trois tours précédents (six victoires en simples face à Donald Young, John Isner, Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Thanasi Kokkinakis et Bernard Tomic, deux succès en double avec son frère Jamie contre la France et l’Australie). L’Ecossais a pour objectif de remporter ses deux simples. Il deviendrait alors le troisième joueur (après McEnroe et Mats Wilander) à remporter tous ses matches de simple (soit huit) la même année.

"Une très bonne sensation"

Il devra de nouveau être déterminant de vendredi à dimanche sur la terre ocre de Gand face à tout un peuple prêt pour l’exploit. Les Belges ont choisi la surface la moins favorable à Murray surtout s’il doit enchaîner trois matches en trois jours ce qui semble certain. Le natif de Dunblane sort d’un Masters disputé sur dur et il n’est pas dit que la transition soit aisée même s’il s’est déjà entraîné sur terre il y a quinze jours.

Le Britannique a surtout fait d’indéniables progrès sur le revêtement le plus lent du circuit. Vainqueur au printemps des tournois de Munich (face à Kohlschreiber) et Madrid (contre Nadal), invaincu sur terre avant sa défaite en demi-finale de Roland-Garros contre Djokovic (en cinq sets), Murray doit logiquement remporter ses deux simples vendredi et dimanche. Le double pourrait donc conditionner le résultat final puisqu’on voit mal James Ward ou Kyle Edmund mater David Goffin ou Steve Darcis (même si Ward était venu à bout d’Isner lors d’un match épique le 8 mars à Glasgow).

"Le terrain est bon, a estimé Andy Murray. Jouer ici en salle sur terre battue est très particulier. Il n'y a pratiquement aucun tournoi comparable pendant l'année, et en ce qui me concerne cela doit faire dix ans que je n'ai plus joué sur terre battue en salle. J'ai, en tout cas, eu une très bonne sensation", a-t-il ajouté. La finale, programmée de vendredi à dimanche, fera l'objet de mesures de sécurité "renforcées", compte tenu du niveau d'alerte terroriste. Mais ce n’est pas cela qui va perturber un Murray proche d’une consécration collective qui surpasserait tout ce qu’il a pu gagner seul, les JO de Londres y compris.