David Goffin
David Goffin | AFP

Goffin met la Belgique sur orbite

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David Goffin a logiquement offert le premier point de la finale de la Coupe Davis à la Belgique en dominant le jeune représentant de la Grande-Bretagne, Kyle Edmund, 100e à l'ATP. Le Belge, 16e joueur mondial, s’est imposé en cinq sets (3-6, 1-6, 6-2, 6-1, 6-0) en moins de trois heures, non sans mal au début. Le deuxième match du jour oppose Ruben Bemelmans à Andy Murray, numéro 2 mondial et grand favori.

Edmund surprend Goffin

Le premier jeu a donné le ton. On est bien sur terre battue. Un jeu long de 12 minutes finalement enlevé par Kyle Edmund non sans avoir sauvé deux balles de break. Plus détendu que son rival, le Britannique s’offrait dans la foulée deux balles de break. Patient à l’échange, il donnait de son revers à deux mains pour déborder un David Goffin encore en dedans, visiblement impressionné par l’ambiance. Edmund réussissait ensuite un jeu blanc pour regagner sa chaise sous les acclamations de ses supporters (3-0). L’Anglais continuait à jouer libéré, au contraire de son adversaire crispé par l’enjeu qui ne remportait son premier jeu qu’à 0-5 après plus d’une demi-heure de jeu non sans avoir sauvé une balle de set. A 5-1, le Britannique commettait quelques erreurs pour concéder son premier break. Goffin, de son côté, était enfin rentré dans le match. Le Belge revenait d’ailleurs à 3-5 sur un jeu blanc. Mais pour ses débuts en Coupe Davis, le natif de Johannesburg serrait le jeu pour ravir la première manche sur un ace (6-3 en 45 minutes).

Goffin apathique

Kyle Edmund continuait sur sa lancée au cours du deuxième acte. A 1-1, il s’emparait de l’engagement adverse pour se détacher au score (3-1 puis 4-1, double break après une vilaine double faute de Goffin) au grand dam des 12 000 fans belges de la Flanders Expo de Gand, déçus par ce scenario imprévu. Attaquant sans calcul en deux trois coups de raquette, Edmund faisait parler sa puissance pour désarçonner un Goffin en mode petit garçon (5-1). Le Britannique concluait la manche en mode rouleau-compresseur (6-3, 6-1). Telle une biche pris dans les phares d’une voiture, Goffin faisait peine à voir, ne saisissant pas les rares opportunités de semer le doute dans la cuirasse adverse. Edmund, au contraire, gérait sa partie sans s’affoler, repoussant le Wallon loin de sa ligne de fond à l’aide d’un coup droit bombé efficace, et venant conclure au filet quand cela s’avérait nécessaire.

Edmund baisse d'un ton

Au début du troisième set, enfin serait-on tenté d’écrire, Goffin changeait son langage corporel pour commencer à jouer avec le public et mettre la pression sur son jeune rival, vainqueur de trois titres cette saison. Plus constant, il réussissait le break à 1-1 pour confirmer derrière son sursaut d’orgueil (3-1). Le Belge parvenait à relancer totalement la partie en 35 minutes grâce à davantage de coups gagnants face à son vis-à-vis plus émoussé (18 fautes directes). Il n’était plus mené que deux manches à une après 1h45 de jeu (3-6, 1-6, 6-2). Il ne lui fallait pas plus longtemps pour enlever le quatrième set (6-1) en 35 minutes et remettre les deux pays à égalité, deux sets partout. Tout était à refaire pour Edmund encouragé à se battre par tout le clan british.

Goffin déroule pour conclure

Dès l’entame de ce cinquième set, David Goffin accentuait encore la pression sur son rival pour le faire craquer au plus vite. Fatigué, déboussolé, le grand escogriffe britannique vacillait face aux coups de boutoir du petit blond au maillot rouge porté par (presque) toute la salle. Goffin s’offrait rapidement un deuxième break pour mener 4-0 puis 5-0. Avant de conclure victorieusement (6-0). Pour la première fois de sa carrière, Goffin venait de remporter un match avec deux sets de handicap. Au meilleur moment pour permettre à la Belgique de croire à sa destinée. Avec 116 points marqués au total (contre 103) et 52 coups gagnants à 36, le Wallon n'avait pas volé son succès malgré la frayeur initiale. Mais il en faudra beaucoup plus pour accrocher Andy Murray dimanche.