Richard Gasquet heureux
Richard Gasquet heureux | AFP

Gasquet écoeure Berdych

Publié le , modifié le

Eblouissant, Richard Gasquet a apporté le premier point à l’équipe de France en dominant Tomas Berdych en 2h08 et trois petits sets (6-3, 6-2, 6-3) ce vendredi sur le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros. Le Français, 21e mondial, a fait étalage de tout son talent pour déborder le numéro 1 tchèque (6e à l’ATP), très décevant. Jo-Wilfried Tsonga va maintenant tenter d’apporter le deuxième point en battant Lukas Rosol lors de cette première journée de la demi-finale.

Un match référence

Richard Gasquet a réussi l’un des meilleurs matches de sa carrière ce vendredi sur la terre ocre de Paris. Porté par les fans tricolores, le Languedocien a sorti toute sa panoplie de joueur talentueux pour disposer de Tomas Berdych, un solide client d’habitude. Contre un Berdych pataud et médiocre au service (60% de premières balles et seulement 39% de points gagnés après la deuxième), Gasquet a montré ce qu’était un joueur de terre battue, utilisant les quatre coins du terrain et distillant ses plus beaux revers, du puissant long de ligne au court croisé à la Mecir. Sous le soleil de septembre, le Français a remarquablement volleyé (12/14 contre 12/20) sans faire de fautes (16 contre 43 !). Il a surtout fait oublier ses déconvenues de Roland-Garros, notamment ses deux terribles défaites en cinq manches après balles de matches manquées contre Andy Murray ou Stan Wawrinka, pour régaler les supporters bleus.

Gasquet prend les devants

Richard Gasquet a attaqué la partie par un jeu de service très solide conclu blanc. Tomas Berdych répliquait de la même façon mais le Français accélérait ensuite, prenant l’initiative et manoeuvrant son adversaire à sa guise pour réaliser le premier break du match à 2-1 après un long échange où le Tchèque finissait par craquer. Gasquet tenait son engagement jusqu’à 5-3 et il se procurait deux balles de set. Il mettait un revers dans le filet sur la première mais ne gâchait pas la seconde, réussissant un superbe revers long de ligne (6-3 après 39 minutes de jeu).

Gasquet enflamme le Central

La deuxième manche était encore plus limpide de la part du Biterrois qui rendait son rival chèvre en l’attirant au filet pour mieux le passer grâce à des sublimes passings de revers. Gasquet s’emparait du service adverse pour confirmer derrière sur un jeu blanc, avant de réaliser un double break au terme d’un échange rondement mené (deux attaques de revers, une pour sortir Berdych du court puis une autre croisée imparable qui faisait l’admiration d’un public conquis (3-0)). Malgré la perte de son engagement immédiatement derrière, "Richard cœur de Lion" terminait le set comme une balle en se jouant de Berdych. Mené 40-0, Gasquet alignait cinq points consécutifs pour ravir la mise en jeu tchèque. Des points splendides qui lui valaient l’ovation – méritée- des spectateurs du Central. Après 1h15, et un dernier coup droit de Berdych dans le filet, le joueur français le plus doué de sa génération se retrouvait avec deux manches d’avance (6-3, 6-2).

Gasquet s'amuse et déroule

Au début du troisième acte, "Richie" obtenait deux balles de break d’entrée, mais Berdych les sauvait avec bravoure (attaque tranchante puis amortie parfaite). Le Slave, qui commettait beaucoup trop d’erreurs depuis le début de la rencontre, semblait ne plus trop savoir quoi faire. Quand il attaquait, il faisait pas mal de fautes directes, et quand il tentait de rivaliser à l’échange, Gasquet dictait le point avec aplomb et talent. A 1 partout, Gasquet réussissait à breaker blanc son rival qui paraissait résigner. La transition decoturf (Flushing) – terre battue parisienne n’avait visiblement pas été assimilée par le demi-finaliste de Roland-Garros 2010. Gasquet en profitait pour effectuer la course en tête (3-1). A 5-3, 0-15, le Biterrois écoeurait son rival en remettait un smash sur la ligne. Il se procurait deux balles de match. La première était sauvée au filet par Berdych qui vendangeait la seconde (double faute). Après 2h08, Gasquet pouvait bien recevoir les félicitations de sa victime avant de s’agenouiller sur le court, chaleureusement applaudi par un public aux anges. Le score (6-3, 6-2, 6-3) en disait long sur la démonstration.

Grégory Jouin @GregoryJouin