Gaël Monfils et Yannick Noah
Gaël Monfils et Yannick Noah | AFP

Gaël Monfils, l’épine dans le pied de Yannick Noah

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Même si Yannick Noah « lave son linge sale en famille », il n’a pas nié les différentes difficultés auxquelles il a dû faire face depuis qu’il a repris en charge l’équipe de France de Coupe Davis. L’attitude de Gaël Monfils vis-à-vis de l’équipe a été sans doute l’une des principales, voire la principale difficulté rencontrée par Noah.

Lorsqu’il avait pris ses fonctions en septembre 2015, Noah avait fait un point d’honneur d’obtenir la confiance de tous les joueurs. Au moment où il doit éventuellement prolonger l’aventure, soit un peu plus d’un an plus tard, le doute s’est clairement installé dans l’esprit de celui qui a pourtant pour habitude de ne rien lâcher. Sans le dire ouvertement, sa relation avec l’actuel 6e joueur mondial en est évidemment l’une des raisons. « Je veux avoir des confirmations avec certains pour m’assurer que j’ai bien tout compris », a-t-il indiqué dans un entretien accordé à L’Equipe.

« Je veux être totalement en confiance et avoir des certitudes », répète-t-il, précisant notamment qu’avec Jo-Wilfried Tsonga, « on est en phase à 100%. Tout est clair. » C’est visiblement moins clair avec Monfils, notamment depuis qu’il avait fait savoir par presse interposée que « 80 % des joueurs ne voulaient pas jouer en Guadeloupe », lors du premier tour contre le Canada début mars. Mais si à l’époque, Noah pouvait considérer que Monfils disait tout haut ce que tout le monde pensait tout bas, c’est un deuxième épisode qui a clairement jeté un froid entre les deux hommes.

"Si j'arrive à recoller les morceaux"

Alors que la France disputait sa demi-finale contre la Croatie, celui qui venait d’atteindre le dernier carré de l’US Open avait annoncé son forfait contre toute attente. Noah avait d’abord évoqué « un faux mouvement à l’hôtel » qui aurait réveillé des douleurs aux genoux. Sur le moment, Noah avait préféré se concentrer sur la gestion de son groupe. Mais après l’élimination de la France (3-2), le vainqueur de Roland-Garros 1983 avait changé de ton, ironisant sur la blessure du joueur parisien. « C’est vraiment pas de chance qu’il se fasse mal en montant les escaliers », avait-il dit à ce moment-là.

Depuis qu’il est en poste, le discours est donc plus nuancé. « Je n’ai pas d’inquiétude dans le fond, en tout cas dans ma façon de m’adapter à son mode de fonctionnement. Je pensais que ça allait être simple (…) que c’était avec lui que ça allait être le plus simple pour moi », explique Noah aujourd’hui qui se dit « dans l’urgence ». Malgré tout, l’homme de 56 ans garde la foi. « Si j’arrive à recoller les morceaux et retrouver les mots (…) on a une équipe qui peut aller au bout », assure-t-il. La balle est donc dans le camp de Monfils.

Romain Bonte