Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet
Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet en communion | AFP - MIGUEL MEDINA

France-Suisse, un double à multiples choix

Publié le , modifié le

Le double, lors de la deuxième journée de la finale de la Coupe Davis entre la France et la Suisse (15h en direct sur France 2 et francetvsport.fr), repose sur une immense inconnue. Dans chaque camp, les possibilités d'associations sont multiples: Benneteau-Gasquet, Gasquet-Tsonga, Tsonga-Benneteau côté français, Wawrinka-Federer, Wawrinka-Chiudinelli, ou Chiudinelli-Lammer chez les Suisses. Au centre des préoccupations: les deux N.1 de chaque équipe.

"Je suis prêt à jouer les trois jours si on estime que c'est le meilleur choix." Son dos va mieux, et Roger Federer retrouve de l'allant à l'évocation du double. "J'ai envie de me racheter, je n’ai pas envie de rester là-dessus. Après, ce n'est pas ma décision. Ce n'est pas mon entière décision", souffle Jo-Wilfried Tsonga. A l'issue de la première journée de la finale de la Coupe Davis, les leaders de la France et de la Suisse ont été battus, mais ne sont pas abattus. Ils rêvent tous deux de revenir en héros. Pourquoi pas lors du double, si déterminant pour la suite du week-end ? Mais entre l'envie de relancer des bêtes blessées, la peur de les envoyer dans une incertaine aventure physique de trois jours, et la projection sur le dimanche avec (au moins) un simple décisif, les capitaines Severin Luthi et Arnaud Clément ont un casse-tête à gérer.

Tsonga et Federer en réserve selon Arnaud Boetsch

Chacune des équipes à trois compositions possibles pour ce match. "Tout Roger Federer qu'il est, il doit être un peu touché car il en a pris une bonne", souligne Patrice Dominguez, consultant France Télévisions a sujet de l'ancien N.1 mondial. "Les statistiques du double suisse ne sont pas bonnes, mais c'est du 50-50." Arnaud Boetsch a "le sentiment que Jo va se préserver pour dimanche. Sur son simple, il n'a pas eu le temps de s'installer dans un combat. Ce sera plus simple contre Federer. Jouer le double peut représenter un handicap car je ne suis pas sûr qu'il puisse enchaîner les trois jours." Le vainqueur du simple décisif en 1996 estime que le Suisse, lors de son simple, a montré "un peu d'appréhension, un peu de raideur dans le dos, il ne glissait pas bien", mais il "a géré son match. Je pense qu'il peut aller mieux au long du week-end. Mais s'il joue le double et qu'il se blesse, il ne jouera pas dimanche et les Suisses n'auront alors aucune chance de gagner. Je pense qu'ils vont le préserver et que Federer ne jouera pas. En quelque sorte, ils vont sacrifier le double, sauf si Stan joue, mais ce dernier aura un match a priori difficile dimanche contre Gaël."

Tulasne: "Il faut mettre la meilleure équipe: Tsonga-Gasquet"

Thierry Tulasne, ancien joueur de Coupe Davis, pense que "Roger Federer a besoin de passer du temps sur le terrain. Plus il jouera mieux il jouera, évidemment si son dos ne le fait pas souffrir. Il savait qu'il n'y aurait pas de miracle. Mais s'il est absent en double, cela remonte les chances des Français. Car Federer-Wawrinka, c'est une grosse équipe." Et pour lui, étant donné les solutions possibles en simple le dimanche, "il faut mettre la meilleure équipe possible: Tsonga-Gasquet. Sachant que si Jo a un match très dur, il y aura la solution de mettre Richard (Gasquet) contre Federer dimanche, ce qui n'est pas mal non plus."

Un double français invaincu en 2014

Cette année, le double suisse ne s'est imposé qu'une fois. C'était lors du 1er tour, et face à la Serbie du duo Krajinovic-Zimonjic. C'est la seule fois que le duo Chiudinelli-Lammer a été aligné. Ensuite, Wawrinka-Federer et Wawrinka-Chiudinelli se sont à chaque fois inclinés. Côté français, trois matches et trois victoires, deux pour le duo Tsonga-Gasquet (contre les Australiens Hewitt-Guccione et contre les Hollandais Berdych-Stepanek à chaque fois sur terre) et un succès de Benneteau-Llodra.

Pour le capitaine Arnaud Clément, tout semblait clair vendredi soir. Les résultats modifient-ils sa vision du double ? "Pas vraiment, non", a-t-il répondu. La Suisse va-t-elle aligner Federer-Wawrinka ? "J'en suis quasiment sûr." Réponse cet après-midi.

De notre envoyé spécial Thierry Tazé-Bernard