Tsonga-Wawrinka
Le Français Jo-Wilfried Tsonga et le Suisse Stan Wawrinka | AFP - JAVIER SORIANO

France-Suisse: Tsonga-Wawrinka, choc de cogneurs

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Le premier match de la finale de la Coupe Davis oppose, à 14h (en direct sur France 2 et francetvsport.fr) Jo-Wilfried Tsonga à Stan Wawrinka. Chacun de leurs cinq affrontements passés a été un dur combat. Ce premier point devrait encore s'arracherpa de haute lutte. Patrice Dominguez, ancien DTN, et Arnaud Di Pasquale, actuel DTN, tous deux consultants France Télévisions, détaillent les points clés de cette confrontation.

de notre envoyé spécial à Lille

"Avec Stan, on a un historique particulier. A chaque fois, on a eu des matches au couteau." "Jo, je l'ai joué plus d'une fois, et ça a toujours été des matches très serrés." Jo-Wilfried Tsonga et Stan Wawrinka se connaissent très bien. Leurs liens dépassent le simple cadre du court de tennis et la simple rivalité entre deux des meilleurs joueurs du monde.

Sur le terrain, ils se sont affrontés cinq fois (dont quatre sur terre battue). Dans les tournois du Grand Chelem (Roland-Garros 2011 et 2012), ils sont allés au bout des cinq manches (une victoire chacun) alors que dans les autres tournois, ils ont fini en trois sets. Et jamais un seul score moins serré que (6-3) dans le dernier acte. C'est dire si leurs duels sont épiques. "Mais ce match sera à part, car c'est sur une terre battue indoor", souligne le N.4 mondial, mené (3-2) par le Français. "La seule chose qui fera la différence, ce n'est pas le tennis mais la détermination, l'envie", scande le 12e mondial. Patrice Dominguez et Arnaud Di Pasquale nous décryptent les points-clés de ce premier choc.

Le mental

"Le principal problème, c'est le mental, l'attitude en Coupe Davis dans un match d'ouverture, une rencontre qui va donner le ton au reste du week-end", note Patrice Dominguez, ancien Directeur technique national. "Ce n'est pas un match couperet. Tous les points seront disputés. Mais pour Jo-Wilfried Tsonga, en cas de victoire, cela donnerait un formidable espoir à même de permettre à l'équipe de se sublimer. Je pense d'ailleurs que c'est mieux pour lui de jouer le premier match. Il aime bien prendre ses responsabilités. Et ce qu'il y a de plus friable chez le Suisse, c'est sûrement son mental." Arnaud Di Pasquale, l'actuel DTN, évoque "l'incertitude mentale, de jouer devant autant de monde. La pression est énorme. Ce n'est pas chaque année qu'on vit une telle finale. La gestion de ses émotions peut faire la différence."

Vidéo : les Français sont prêts au combat

Le jeu

"Stan Wawrinka est pratiquement revenu à son meilleur niveau la semaine dernière contre Federer au Masters de Londres", rappelle Patrice Dominguez. "Quelle sera sa capacité sur terre battue à retrouver cette forme du moment, c'est une interrogation. Je pense que Jo est prêt. C'est un match de cogneurs, de boxeurs au point, de puncheurs." Et Arnaud Di Pasquale, qui convient qu'"on est face à deux cogneurs du fond du court", relève qu'entre "les deux, cela ne tient à rien sur leurs précédents matches. A ce niveau-là, tous les joueurs ont besoin de ne pas subir. Ce sont de bons défenseurs mais ce n'est pas Djokovic ou Nadal. Sur terre, ce n'est pas juste attaquer. Il faut neutraliser l'adversaire et attendre la bonne balle pour percuter. Cela demande un effort mental très important."

Dans le détail, "le revers de Wawrinka est supérieur à celui de son adversaire en fond de court, mais Jo est capable de mieux servir, de mieux prendre l'initiative sur service adverse", juge Dominguez. "Le match va se jouer à l'envie et à la capacité de Jo, dans les moments chauds, de ne pas sur-jouer mais de ne pas non plus se laisser dominer. Il va devoir trouver l'équilibre entre frappes, calme, alternance. Il ne doit pas rester dans la filière de Stan qui est de frapper fort du fond du court, avec beaucoup de cadence. Le match va se jouer sur la ligne d'avantage, sur le gagne-terrain entre ces deux puncheurs. Tactiquement, il sera très intéressant. Jo a un avantage: la volée. Il lui faudra provoquer son adversaire."

Le physique

Arnaud Di Pasquale veut s'appuyer sur la semaine supplémentaire passée sur terre par les Français pour croire dans le destin du Manceau: "Il va y avoir une dimension physique très importante. Je crois beaucoup en cette préparation des Français à Bordeaux, qui devrait leur permettre d'être mieux acclimatés à cette surface. C'est dur de passer du dur à la terre, plus que dans l'autre sens. L'habitude de s'entraîner 2-3-4 heures sur terre, ce n'est pas la même chose que 2-3-4h sur dur. Stan sera peut-être limité sur cette partie."

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze