France-République tchèque, un classique à revisiter

France-République tchèque, un classique à revisiter

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L’équipe de France et la formation tchèque (ou ex-tchécoslovaque) se sont affrontées à 12 reprises dans l’histoire de la Coupe Davis. Le bilan est équilibré avec 6 victoires de chaque côté. Les Français s’étaient inclinés (3-2) à Ostrava lors de la dernière confrontation, au premier tour de l’édition 2009, année où les Tchèques s’inclineront en finale avant de parvenir à reconquérir le trophée ces deux dernières saisons.

Comme la France, la Tchéquie est une grande nation de Coupe Davis. Finalistes de trois des cinq dernières éditions et doubles tenants du titre, les Tchèques ont toujours considéré la Coupe Davis comme une compétition très importante, même du temps de feu la Tchécoslovaquie.

Kodes puis Lendl en leader

Finalistes en 1975 contre la Suède de Bjorn Borg, les Tchécoslovaques emmenés par Jan Kodes échouent –trois victoires à deux- sur la surface synthétique de Stockholm, le lauréat de Roland-Garros enlevant ses trois matches en trois petits sets. Cette année-là, la Tchécoslovaquie avait pourtant sorti la France en finale de la zone Europe A puis l’Australie lors de la finale Inter-zone.

Cinq ans plus tard, lors de l’ultime finale avant la création du groupe mondial (en 1981), Ivan Lendl avait été le fer de lance du succès des siens avec dix matches victorieux sur la campagne. Aidé par Tomas Smid, Pavel Slozil et le vieux Kodes, le natif d’Ostrava avait offert le premier bol à punch à son pays grâce notamment à une large victoire (4-1) devant l’Italie en finale.

Noah fait chavirer Roland

En 1982, Roland-Garros accueillait les retrouvailles entre les deux pays lors d’un quart de finale très attendu. Etincelant, Yannick Noah remportait ses deux simples contre Smid et Lendl (en 5 sets), ainsi que le double avec Henri Leconte, pour offrir au public une qualification inoubliable. Les Bleus n’échoueront que face aux Etats-Unis de John McEnroe en finale à Grenoble.

Deux ans plus tard, à Hradec Kralove, la France privée de Noah, blessée, s’inclinait seulement trois points à deux contre la bande d’Ivan Le Terrible malgré la grosse performance de Leconte (vainqueur de Lendl puis de Smid). Le jeune Guy Forget, qui débutait dans la compétition, avait donné une bonne réplique aux deux Tchécoslovaques avant de s’incliner.

Chacun maître chez soi

Ensuite, il faudra patienter jusqu’en 2002 pour retrouver trace d’un duel entre les deux pays. Un quart de finale mémorable qui s’achève par une victoire au cinquième match de Fabrice Santoto sur Bohdan Ulihrach, le premier simple à enjeu du Toulonnais depuis 1997. Puis ce sera la revanche tchèque au premier tour de l’édition 2009 avec la paire Berdych-Stepanek en fer de lance pour les locaux qui s’imposeront sans coup férir (3-1) face aux hommes de Guy Forget. Simon perdra ses deux simples, le tandem Gasquet-Llodra sombrera en double, le succès de Tsonga atténuant juste le score.

Cette année-là, la République tchèque ira jusqu’en finale, écartant l’Argentine puis la Croatie avant de logiquement chuter contre l’Espagne de Nadal et Ferrer sur la terre ocre de Barcelone (5-0 en finale).

Berdych-Stepanek, un sacré duo

Les Tchèques devront attendre 2012 pour enfin soulever le Saladier d’argent. Deux victoires aisées (4-1) contre l’Italie et la Serbie (sans Djokovic), suivies de deux succès plus serrés (3-2) en Argentine et devant l’Espagne, certes privée de Nadal (blessé). C’est Radek Stepanek qui triomphera de Nicolas Almagro lors du simple décisif dans une O2 Arena de Prague en ébullition. Le pays attendait cela depuis 32 ans. Stepanek et Tomas Berdych avaient réussi l’exploit de remporter le Coupe Davis à deux !

Bis repetita l’année suivante. Berdych et Stepanek assuraient pour éliminer successivement la Suisse (sans Federer), le Kazakhstan, l’Argentine (sans Del Potro) et la Serbie en finale. Malgré les deux victoires de Novak Djokovic, le binôme Berdych-Stepanek, impérial en double et vainqueur des deux autres simples face à Dusan Lajovic (promu en l’absence de Tipsarevic et Troicki), avait de nouveau fait la différence (3-2).

Voilà pourquoi les Bleus n’ont pas intérêt à sous-estimer cette équipe soudée, ce vrai pays de Coupe Davis qui entretient avec l’épreuve un rapport étroit, digne des plus grands. A domicile, l’équipe de France de Tsonga, Gasquet et Monfils partira légèrement favorite. Mais il ne faut jamais sous-estimer l’orgueil d’un champion. A fortiori d’un double champion en titre.

Grégory Jouin @GregoryJouin