Noah - Coupe Davis
Yannick Noah est sélectionneur de l'équipe de France de Coupe Davis depuis 2016. | AFP

France-Belgique : Noah confronté à des choix cruciaux

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Yannick Noah profite de cette semaine à Bercy pour jauger l’état de forme des joueurs tricolores à un peu plus de quinze jours de la finale de la Coupe Davis. Si Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille n’ont pas brillé au POPB, ils semblent encore les mieux placés pour disputer les simples contre la Belgique après leurs succès respectifs à Anvers et Vienne. Reste à savoir qui les accompagnera à Lille : la paire de double rodée composée de Nicolas Mahut et Pierre-Hughes Herbert, ou deux joueurs de simple, beaucoup mieux classés, capables de s’aligner en double, Richard Gasquet et Julien Benneteau.

Mieux vaut avoir des problèmes de riche que des soucis de pauvre. Ce qui est vrai dans la vie l’est aussi pour le sport et le tennis en particulier. 

Pouille a fait son trou

Quand Yannick Noah a donné son accord pour redevenir le capitaine de l’équipe de France fin 2015, il pensait pouvoir gagner l’épreuve avec les quatre « Mousquetaires » qui n’avaient jamais pu triompher malgré leur statut de Top 20 voire mieux. Le premier rassemblement des Bleus de cap’tain Yann avait d’ailleurs réuni Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gaël Monfils et Gilles Simon pour affronter un Canada amoindri par l’absence de Milos Raonic à Baie-Mahault, en Guadeloupe (5-0). Monfils et Simon avaient apporté chacun un point et le duo Tsonga-Gasquet avait conclu l’affaire dès le samedi.

Ce sera le seul match disputé par le quatuor dominant du tennis français ces deux dernières saisons. Dès le quart de finale, Lucas Pouille faisait son apparition dans le groupe pour la rencontre en République tchèque. Et cette saison, Noah a toujours opté pour deux joueurs de simple (Simon-Gasquet, Pouille-Chardy, Tsonga-Pouille) et un tandem destiné à disputer le double (Mahut-Herbert ou Mahut-Benneteau).

Des spécialistes en double ?

Choisira-t-il de nouveau cette configuration classique pour la finale de Villeneuve-d’Ascq ? Rien n’est moins sûr. Noah sait que le point du double peut s’avérer crucial si David Goffin évolue à son meilleur niveau et remporte ses deux simples. Dans ce cas, une paire bien rodée comme Mahut-Herbert paraît indispensable aux Bleus.

Mais le sélectionneur de l’équipe de France peut aussi se donner les moyens de bluffer et de disposer de quatre éléments capables d’évoluer sur le terrain, que ce soit le vendredi, le samedi ou le dimanche. Sachant que Gaël Monfils est blessé, que Gilles Simon est hors de forme et que le vaillant Adrian Mannarino n’a encore jamais joué l’épreuve, il reste seulement quatre éléments susceptibles d’être alignés : Tsonga (15e à l’ATP), Pouille (18e), Gasquet (30e) et Benneteau (83e) qui va effectuer une belle remontée lundi prochain vu son beau parcours à Paris.

Benneteau, le joker

L’avantage d’avoir ces quatre hommes dans l’équipe est de permettre à Noah de pouvoir varier les combinaisons tant pour le double que pour les matches de dimanche en cas de match très long de Tsonga ou Pouille le vendredi. Une dernière formation semble possible. Elle réunirait Tsonga, Pouille et Mahut, les trois joueurs de base de l’équipe, et Gasquet ou –plus sûrement- Benneteau, capable d’évoluer sans problème avec l’Angevin en double.

Blessé au mollet droit contre Krajinovic, Nicolas Mahut ne souffre que d’une grosse contracture. Si le mal devait empirer (lésion, déchirure),  il serait forcément contraint de déclarer forfait pour le Masters de double et pour la finale de Lille, et le choix de Noah deviendrait contraint. Mais les dernières nouvelles ont été rassurantes, l'IRM confirmant le premier diagnostic. 

Gasquet risque d'en faire les frais

Quoiqu’il en soit, la sélection retenue pour défier du 24 au 26 novembre la Belgique, finaliste de l’épreuve en 2015, s’avère difficile. Elle fera des heureux et quelques déçus. Richard Gasquet pourrait ainsi être désigné premier remplaçant, lui qui avait fortement œuvré avec Tsonga pour le retour sur le banc de Noah.

Or, le cinquième homme n’a pas son nom gravé sur le Saladier d’argent (même si le Biterrois serait considéré officiellement comme un vainqueur de l’épreuve vu qu’il a joué un match, comme Simon ou Chardy d’ailleurs). Du coup, des quatre protagonistes ayant porté le tennis bleu depuis une bonne décennie, un seul pourrait bien être de la partie : Jo-Wilfried Tsonga, leader incontestable du tennis bleu depuis dix ans et lauréat de quatre tournois cette année. Verdict dans 17 jours.

Grégory Jouin @GregoryJouin