Aravane Rezaï
La joueuse française, Aravane Rezaï | AFP - GABRIEL BOUYS

Fed Cup: Rezaï s'incline face à Martinez Sanchez

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L'équipe de France féminine n'avait jamais connu la deuxième division de la Fed Cup depuis la création de l'épreuve en 1963. En Espagne, en match de barrage, la défaite d'Aravane Rezaï face à Maria Jose Martinez Sanchez (6-1, 6-4) a précédé celle de Pauline Parmentier, 127e mondiale, face à Lourdes Dominguez Lino (N.47) 6-4, 6-4. Battues (3-1), les Françaises sont reléguées pour la 1ère fois de l'histoire, sans avoir pu maintenir le suspense jusqu'au double.

Le choix de Parmentier par le capitaine Nicolas Escudé était une surprise. Mais Virginie Razzano avait laissé une impression mitigée samedi et Alizé Cornet a connu une semaine d'entraînement plutôt moyenne. Surtout, Parmentier, qui fut N.40 mondiale en juillet 2008, s'est déjà retrouvée dans la même position l'an passé. En Allemagne, déjà sur terre battue, elle avait ramené la France à égalité 2-2 en battant Julia Goerges. Ces deux dernières années d'ailleurs, en Allemagne et en 2009 à Limoges face à la République tchèque, la France avait sauvé sa place dans le groupe mondial, l'élite de la Fed Cup où elle figure depuis 1963, après avoir été menée 2-1.

Mais cette fois, contre Lourdes Dominguez-Lino, la native de Cucq n'est jamais parvenue à prendre le dessus et à rééditer son exploit. En permanence sous pression sur son engagement, ne parvenant pas à dicter son rythme dans le jeu hormis pour faire exploser l'Espagnole lorsqu'elle s'aventurait au filet, la 127e mondiale a laissé passer trop d'occasions pour pouvoir s'imposer. Pour la troisième fois de sa carrière en autant de duels, et seulement quelques semaines après n'avoir laissé que deux jeux à la Françaises lors du tournoi d'Acapulco, l'Ibère domine Pauline Parmentier et permet à l'Espagne de réintégrer l'élite mondiale, qu'elle avait quittée l'an dernier.

"Sur le match en lui-même il n'y a pas  grand-chose à dire. Jusqu'au bout j'y ai cru, j'ai essayé de faire ce que je  pouvais. Après, c'est difficile. Tu as un peu l'impression que tout est de ta faute. J'essaie de me dire que non. De toute manière, jouer l'Espagne c'était  difficile", a expliqué Parmentier. "Le cap' (Nicolas Escudé, Ndlr) nous a parlées après le match. Il nous a dit de continuer à soutenir les filles qui jouent le double, d'y aller la tête haute, que nous étions des championnes. Après la rencontre, on prendra le temps de reparler de tout ça. La Fed Cup  c'est quelque chose que moi j'apprécie vraiment beaucoup. Jouer pour son pays,  ça procure de grosses émotions", a-t-elle ajouté.

Nicolas Escudé a bien du travail pour reconstituer un collectif performant. Orphelines depuis les départs en retraite des Mauresmo, Dechy ou Pierce, les Françaises ne peuvent toujours pas compter sur leur N.1, Marion Bartoli, pas vraiment décidée à sacrifier quelques jours par an son fonctionnement d'entraînement avec son père, et elles n'ont pas encore trouvé la relève pour retrouver le lustre d'antan.

Rezaï, pas dans le rythme...

C'est le fantôme d'Aravane Rezaï que l'on vu dimanche sur la terre battue de Lérida après sa victoire samedi sur Médina Guarrigues. La N.24 mondiale mis une manche avant de se réveiller. Le temps d'être menée 3-0 malgré trois balles de set sauvées, de concéder au total 16 points sur service adverse pour un seul marqué et de perdre 12 points de suite sur les trois derniers jeux du set. Lente dans ses déplacements, empruntée dans ses frappes et inexistante en retour, la Stéphanoise a subi le jeu de Martinez (33e mondiale), impeccable au service et toujours aussi habile à casser le rythme du match en variant angles et effets.

En début de deuxième set, on a retrouvé une Rezaï plus agressive. Sur ses frappes soudain plus appuyées, la N.1 espagnole a un peu perdu de son assurance, concédant son service sur une volée dans le filet (3-1). Mais la Française, incapable de trouver une première balle, n'est pas parvenue à capitaliser en rendant son service dans la foulée. Avec beaucoup trop de déchets, elle a lâché une deuxième fois son service à 5-4 sur un énième retour amorti de Martinez repris dans le couloir, l'Espagnole concluant ensuite sur son engagement.

"J'aurais bien voulu gagner, mais elle était au-dessus physiquement et tennistiquement. J'ai fait mon maximum, je me suis bien battue. Je n'ai pas de regrets. Elle a un jeu très atypique qui ne laisse pas le temps de s'adapter. Elle était plus fraîche. Ca a été une semaine fructueuse. J'ai appris plein de choses. C'est une bonne chose pour ma carrière  de passer par la Fed Cup", a expliqué Rezaï.

Réactions

Nicolas Escudé (capitaine de la France): "(On est) déçu oui, par la force des choses. Parce qu'on a perdu cette rencontre avec comme conséquence la descente dans le Groupe II. On va aller faire un petit tour dans le groupe II et on va essayer de vite revenir dans le Groupe mondial. Je n'ai absolument rien à reprocher à n'importe laquelle des filles aujourd'hui. Elles ont donné leur max. On est en période de construction déjà depuis un petit moment. On va tout faire et moi le premier pour arriver à remonter dans le Groupe mondial. Le réservoir aujourd'hui du tennis français n'est pas à sec, mais ce n'est pas le niveau qu'on a pu connaître sur les dix dernières années. On a des filles qui sont relativement jeunes, qui ont un bel avenir individuel sur le circuit. Il faut qu'elles mûrissent, qu'elles grandissent, qu'elles progressent à titre individuel tout au long de l'année pour que l'équipe soit encore plus forte. Elles ne sont pas toutes arrivées au top de leur potentiel."

Gilles Gaillard