Del Potro fait respecter la logique

Del Potro fait respecter la logique

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Juan Martin Del Potro a permis à l'Argentine de revenir à égalité avec la Croatie en finale de la Coupe Davis en dominant Ivo Karlovic (6-4, 6-7, 6-3, 7-5). Mais comme Cilic avant lui face à Delbonis, le numéro un argentin a eu du mal à faire respecter son rang. Le vainqueur du double samedi prendra une option certaine sur le Saladier d'Argent.

Un partout balle au centre. Comme prévu les deux leaders croates et argentins ont apporté le point à leur équipe mais, pour Cilic comme pour Del Potro, cela ne faut pas si évident. Face au vétéran Ivo Karlovic (37 ans), préféré au dernier moment à Borna Coric, blessé, l'Argentin a eu toutes les peines du monde à mettre en place son pilonnage systématique. La faute à ce diable de Croate, et à l'absence de rythme qu'il parvient à imposer à l'adversaire. Et puis il y a aussi bien sûr ce service monstrueux, 35 aces dans la musette de Del Potro.

Del Potro bon pour le service

Pourtant, la "Tour de Tandil" ne s'est pas démontée. D'un calme olympien malgré le vacarme assourdissant régnant dans la salle surchauffée de Zagreb (les spectateurs argentins n'étant pas les moins bruyants), le médaillé d'argent des derniers JO a su forcer la décision aux moments cruciaux. Grâce aussi à un service qui n'a (presque) à envier à celui du Croate. 69% de première balle et 89% de points gagnés derrière celle-ci, ça pose son homme. De même, aucune double faute et 70% de réussite derrière son second service, c'est encore plus bluffant, même si Karlovic n'est pas le meilleur relanceur du monde. 

S'il n'a pas été génial comme face à Andy Murray au tour précédent, l'Argentin aura été solide : un premier break d'entrée de match pour se mettre en confiance et remporter la première manche, un autre dans le troisième set sur sa seule opportunité et enfin un retour fabuleux de revers à 5-5 dans le 4e set pour s'ouvrir définitivement les portes de la victoire. Entre-temps, Karlovic, remarquable de courage et d'intelligence tactique avait fait douter le camp sud-américain en profitant de la fébrilité de "Delpo" dans le tie-break de la seconde manche (deux balles de set ratées). Mais, face au coup droit dévastateur de son adversaire (15 coups gagnants), il n'avait fait que repousser l'échéance. 

Julien Lamotte