Michael Llodra de face crie Arnaud Clément de dos Coupe Davis 2010
Michael Llodra et Arnaud Clément | AFP - Gabriel Bouys

De l'importance du double

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Parce qu'il constitue un match particulier au cœur de l'évènement –un match par équipes au sein du match par équipes, le double de Coupe Davis revêt une importance extraordinaire au sens propre du terme. Ce sera encore probablement le cas entre Serbes et Français qui possèdent avec Zimonjic et Llodra deux piliers de double très chevronnés.

D'ailleurs, dans l'histoire de la Coupe Davis et plus particulièrement dans celle des Tricolores, la tendance est très nette: l'équipe qui remporte le double a de grandes chances de s'imposer au final. Et si Novak Djokovic a la mauvaise idée de gagner ses deux simples en tenant son rang de numéro 3 mondial, les hommes de Guy Forget seront condamnés à enlever les trois autres points donc le double de samedi, étape charnière de la rencontre (car il donne l'avantage à un pays, voire tue le match). Maintenant, si l'on regarde plus en détails les finales disputées par l'équipe de France depuis 1925, ce n'est pas toujours le cas. Heureusement pour le suspense serait-on tenté de dire.

Si les Mousquetaires ont bien perdu le double en 1925 et 1926 –pour deux défaites finales sur le gazon de Philadelphie, ils se sont de nouveau inclinés en 1927, 1929 et 1932 ce qui ne les empêcha pas de triompher le dimanche (comme en 1928 et 1930 avec Toto Brugnon comme spécialiste, Henri Cochet et Jean Borotra). En revanche, ils remportèrent le double en 1933, mais perdirent le duel contre la Grande-Bretagne. La logique fût ensuite respectée dans l'ère moderne, en 1982 (succès de la paire McEnroe-Fleming qui assurait le point décisif sur la terre battue grenobloise), 1991 (le duo Forget-Leconte, invaincu en Coupe Davis avec 11 succès d'affilée, s'imposa contre le tandem Flach-Seguso pourtant réputé) et 1996 (le couple Forget-Raoux mis la France sur orbite face aux Suédois Bjorkman et Kulti).

Idem en 1999 avec le succès de la paire australienne des Woodies (Woodforde-Woodbridge) contre l'association Delaitre-Santoro. Et Pioline et Santoro dominèrent le fameux duo Hewitt-Rafter en 2001 permettant à Escudé de parachever le travail le lendemain. En revanche, en 2002, date de la dernière finale française avant ce week end, le double ne fût pas prépondérant. Escudé et Santoro s'arrachèrent pour remporter un point que tout le monde pensait déterminant après quatre heures et cinq manches de combat acharné contre la paire Safin-Kafelnikov. La tendance est donc assez nette (en gros, il y a deux chances sur trois de soulever le Saladier d'argent si vous gagnez le double) mais pas irrémédiable. De là à minimiser son importance, il y a un pas que personne ne franchira.