Yannick Noah, le capitaine, avec Richard Gasquet
Richard Gasquet avec le capitaine de l'équipe de France, Yannick Noah | AFP - MIGUEL MEDINA

Croatie-France, pas de choix mais des questions pour Yannick Noah

Publié le , modifié le

A la suite du forfait de Gaël Monfils qui suivait celui de Jo-Wilfried Tsonga, Yannick Noah, le capitaine de l'équipe de France, n'a plus que quatre joueurs à disposition, pour la demi-finale de Coupe Davis en Croatie (en direct sur France 4 et France 2). Richard Gasquet, 17e mondial, sera son N.1 en simple (contre Borna Coric en ouverture), Lucas Pouille, 18e mondial, sera le N.2 (face à Marin Cilic), Herbert-Mahut formant le double. Mais cette composition pose trois grandes questions.

Richard Gasquet, enfin taille patron ?

Depuis le début de sa carrière en Coupe Davis en 2005, alors qu'il n'avait que 19 ans, Richard Gasquet est attendu. Mais entre blessures, méformes, il a rarement été à la hauteur des attentes énormes qui accompagne le "petit Mozart" depuis qu'il est tout petit. Néanmoins, depuis deux ans, il semble avoir passé un cap. Lors de la campagne 2014, qui a mené la France jusqu'en finale, il a montré de nouvelles certitudes, en simple comme en double, où il avait souvent été associé à Jo-Wilfried Tsonga. Ses succès contre Kyrgios au 1er tour, Berdych en demie, et ses performances en double avaient été séduisantes. Sa joie sur le court était également une nouveauté. Mais en finale contre la Suisse, il n'avait pas fait de miracle. Et en 2015, il a vécu une saison blanche en équipe de France. Sa non-participation au quart de finale en Grande-Bretagne, alors qu'il sortait d'une demie à Wimbledon, avait rappelé les moins bons souvenirs (Argentine 2013). Sous l'ère Noah, il a d'abord joué le double lors du 1er tour contre le Canada, avant de ne pas être pris lors du quart en République tchèque. Et s'il est N.1 français ce week-end, c'est en raison du forfait de Tsonga, puis de celui de Monfils. Il doit démontrer sur le terrain qu'il l'est bien, lui qui a remporté 11 de ses 19 matches en simple en Coupe Davis. Yannick Noah parviendra-t-il à faire sortir le côté "leader" du Biterrois ?

Lucas Pouille, encore de l'énergie ?

Contrairement à Richard Gasquet, Lucas Pouille n'a pas été présenté comme un grand espoir du tennis français lorsqu'il était très jeune. Mais il a fait son trou. De son côté, et aussi en équipe de France de Coupe Davis, lorsqu'il a battu cette année le Tchèque Vesely en quarts en juillet alors qu'il honorait sa première sélection. Mentalement, le protégé d'Emmanuel Planque a prouvé qu'il était au niveau, et même plus. Sa quinzaine à l'US Open en a apporté une preuve de plus, notamment lors de sa victoire sur Rafael Nadal. Mais en atteignant les quarts de finale à New York, avec trois victoires en cinq manches, il a laissé beaucoup de "gomme" sur les courts. A 22 ans, cet énorme travailleur n'est peut-être pas en bout de course. Mais il n'est pas très frais non plus. Reste que ce joueur, très attaché au maillot bleu (comme il a pu l'exprimer au moment des JO), est capable de se transcender. Surtout avec un Yannick Noah spécialiste des bons mots pour motiver ses troupes. En affrontant Marin Cilic dès vendredi, un joueur qu'il n'a jamais affronté, il peut montrer le chemin de la finale à toute l'équipe de France. En jouant dans le deuxième match, il peut surtout entrer sans pression si Gasquet a battu Coric dans le premier simple.

Herbert-Mahut, le physique en question ?

Cette saison, Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut ont franchi bien des caps. Vainqueurs de l'US Open 2015, ils ont ensuite remporté les trois premiers Masters 1000, pour se hisser aux deux premières places du classement mondial en double, rafler Wimbledon et atteindre les demi-finales de l'US Open. Mais il y a eu gros échec aux Jeux Olympiques de Rio, avec une élimination dès le 1er tour. Pour des prétendants à la médaille, c'était une grosse déception. De retour de New York, les deux hommes ont pansé leurs plaies. Physiquement, Mahut souffre du poignet, alors que Herbert a le genou qui grince. Pour envisager la finale, l'équipe de France a besoin de ce point déterminant du double. Et face à eux, lors du tirage au sort, c'est la paire Dodig-Draganja qui a été annoncée. Elle pourrait laisser sa place, en fonction du vendredi, au duo Marin Cilic-Ivan Dodig. En quarts de finale, les deux hommes ont vaincu les anciens maîtres de la discipline, les frères Bryan (en quatre sets). Mais ils n'ont pas la même habitude que les Français de jouer ensemble, sur le circuit. Et dans l'exercice du double, cela fait une grande différence.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze