Nicolas Mahut, Pierre-Hugues Herbert, Lucas Pouille, Jo-Wilfried Tsonga et Yannick Noah
L'équipe de France, lors de la demi-finale de Coupe Davis contre la Serbie en 2017 | AFP - PHILIPPE HUGUEN

Coupe Davis - Où, avec qui, sur quelle surface, 3 questions autour de la finale France-Belgique

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La finale de la Coupe Davis se déroulera en France, entre l'équipe de France et celle de Belgique, entre le 24 et le 26 novembre prochain. Voilà pour ce que l'on sait depuis dimanche. Mais trois questions sont posées à Yannick Noah et à la Fédération française.

Où jouer ?

C'est l'éternelle question à l'heure de recevoir une rencontre. Toujours en attente d'un toit au-dessus du Central de Roland-Garros, la FFT doit toujours trouver un lieu à même d'accueillir son équipe de Coupe Davis. En 2014, le stade Pierre-Mauroy, théâtre de la demi-finale contre la Serbie, avait été choisi pour une première et un record de spectateurs lors de la finale contre la Suisse. Problème, le samedi 25 novembre, l'enceinte est déjà réservée par la Fédération française de rugby pour le match entre le XV de France et le Japon. Autre possibilité logique: l'AccorHotel Arena de Bercy, hôte du Masters 1000 du 28 octobre au 5 novembre 2017. Mais là aussi, c'est impossible puisque le groupe IAM occupera la scène durant ce week-end.

Pour trouver une salle en capacité de recevoir au minimum 12 000 spectateurs par jour (ce qui exclut des salles comme la KinderArena de Rouan qui avait reçu le quart contre la Grande-Bretagne), la FFT pourrait se tourner vers une toute nouvelle enceinte: la U Arena. Située à Nanterre (92), construite par le président du Racing 92 Jacky Lorenzetti pour son équipe de rugby, elle remplit ce premier cahier des charges. Son inauguration, prévue le 19 octobre avec trois concerts des Rolling Stones, peut tout à fait convenir à ce type d'événements. Le Supercross de Paris est déjà prévu le week-end d'avant dans l'U Arena, ce qui laisse peu de temps pour construire un court.

Sur quelle surfac​e ?

Face à la Grande-Bretagne en quarts comme la Serbie, l'équipe de France a choisi la terre battue. C'était aussi son choix pour affronter la Suisse lors de la finale 2014. Comme l'expliquait Yannick Noah la semaine dernière: "La terre battue c’est la surface qui nécessite le plus de temps d’adaptation avec les rebonds, les glissades. C’est pour ça que quand on a le choix, on choisit la terre battue car la majorité des joueurs des autres équipes ont grandi sur dur." Mais les joueurs français sont, depuis longtemps, plus à leur aise sur surface dur ou rapide que sur terre. Hormis les glorieux Mousquetaires, dans les années 20 et 30, l'équipe de France de Coupe Davis n'a d'ailleurs jamais gagné une finale sur terre. En 1982 (contre les USA), en 1999 (contre l'Australie), en 2002 (contre la Russie), comme en 2014 contre la Suisse), la France a choisi la terre mais y a mordu la poussière.

Dans le camp tricolore, Jo-Wilfried Tsonga, Lucas Pouille, Richard Gasquet ont tous connu leurs meilleurs résultats sur d'autres surfaces que la terre, même Gaël Monfils, le plus à l'aise dessus. Et surtout, la rencontre se jouera en indoor, ce qui donne un avantage aux joueurs puissants comme Tsonga ou Monfils. Mais du côté belge, David Goffin, le joueur le plus dangereux du haut de son 12e rang mondial, préfère briller sur dur. Cette saison, sa demi-finale à Monte-Carlo après avoir battu Djokovic et Thiem, a néanmoins confirmé qu'il était un joueur tout terrain. Mais son manque de puissance peut être un handicap lorsque les terrains sont très rapides et ses adversaires dotés de coups définitifs. Son coéquipier Steve Darcis, phénoménal pour rapporter le 5e point décisif contre l'Australie dimanche, est pour sa part un grand adepte des glissades sur la terre ocre. Alors...

Avec quels joueurs ?

En deux mois, tant de choses peuvent se passer sur le circuit, et dans le tennis français... Aujourd'hui, Yannick Noah a l'embarras du choix. Jo-Wilfried Tsonga, sorti de son congé paternité en Coupe Davis, a endossé son rôle de leader pour ramener ses deux points en simple. Toujours motivé et impatient de soulever enfin le Saladier d'Argent, il a une 3e opportunité de réaliser son rêve. Forfait en 2010 à Belgrade, forfait après sa défaite du vendredi à Lille contre la Suisse en 2014, nul doute qu'il tentera d'être en forme en novembre, surtout après un Masters 1000 de Bercy où il a souvent brillé. Lucas Pouille, N.2 français, a deux mois de plus pour amadouer cette pression qui semble le dévorer cette saison sur les gros matches. Gaël Monfils a deux mois pour se refaire un physique, un peu comme Richard Gasquet qui a commencé par se refaire un moral en allant sur le circuit challenger la semaine passée pour s'imposer à Szcecin. Quant à la paire Mahut-Herbert, l'expérience de ce 3e set conquis de haute lutte contre les Serbes alors qu'ils menaient (5-2) leur servira certainement.

Mais dans une année de Coupe Davis où le vainqueur de la précédente édition, l'Argentine, a été relégué hier, où les meilleurs joueurs du monde se sont éclipsés, ce 8e France-Belgique de l'histoire (la France mène 4-3), 16 ans après le dernier, a encore le temps de réserver bien des surprises.