Coupe Davis - Le public, l'autre match de la finale France-Belgique

Coupe Davis - Le public, l'autre match de la finale France-Belgique

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En organisant cette finale de Coupe Davis à Villeuve-d'Ascq, à quelques encablures de la Belgique, les dirigeants du tennis français savaient que les spectateurs d'outre-Quiévrain seraient nombreux. Ils l'étaient lors de la 1re journée, et se sont fait entendre. Sans surprendre Yannick Noah, le capitaine français, qui a voulu piquer l'orgueil tricolore en déclarant: "Il y a 4 000 supporters belges, bien organisés, 4 000 supporters français, et 20 000 spectateurs. Cela ne me déçoit pas. La déception, c'est quand on attend quelque chose. Là, on n'attend rien."

Dans ce stade Pierre-Mauroy habituellement hôte des joueurs de football du LOSC, la première journée de la finale de la Coupe Davis s'est soldée par un match nul. Au tableau d'affichage (1-1), mais aussi dans les tribunes. Car les supporters belges ont nettement pris le dessus lors de la victoire de David Goffin sur Lucas Pouille, en ouverture, avant que les Français ne prennent leur revanche dans le 2e match, revigorés par le net succès de Jo-Wilfried Tsonga sur Steve Darcis. Chacun une mi-temps aurait-on dit au foot, même si l'indiscipline a parfois dérangé le jeu. Car devant les buvettes situées dans les coursives du stade, les Belges ont largement dominé les débats...

"C'était une super ambiance, avec beaucoup de fair-play", disait Lucas Pouille. David Goffin souriait lorsqu'il lui était demandé s'il s'était senti comme à domicile: "C'est compliqué. Il y avait une super ambiance. Nos supporters ont fait beaucoup de bruit. Et Lucas n'a jamais pu enflammer le public. C'était du bonus pour moi." Même satisfaction pour les joueurs du deuxième match, même si des tensions sont apparues entre les deux en raison du bruit ambiant. "Si on espère que 27 000 personnes vont arrêter de faire du bruit d'un coup, c'est rêver", lançait Steve Darcis. "C'est la Coupe Davis." Jo-Wilfried Tsonga n'en rajoutait pas: "Les gens sont à fond. Demain (samedi), j'espère que l'équipe de France mettra le feu dans ce stade."

Cet espoir, Yannick Noah a certainement voulu le formuler, mais à sa manière... "C'est une ambiance qu'on attendait. On a 4 000 supporters belges, bien organisés, à fond, 4 000 supporters français, et 20 000 spectateurs." Une déception ? "On n'est pas déçu. Pour l'être, il faut attendre quelque chose. Mais on n'attend rien." Lapidaire, provocant. De nature à faire pencher la balance de ce duel entre supporters ?

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze