Coupe Davis: A 8 jours de France-USA

Coupe Davis: A 8 jours de France-USA

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A huit jours du quart de finale de la Coupe Davis contre les Etats-Unis à Monte-Carlo, les Français viennent d'achever le Masters 1000 de Miami. Sélectionnés par Guy Forget, Jo-Wilfried Tsonga (battu en 1/4 par Nadal), Gaël Monfils (battu au 3e tour par Monaco), Julien Benneteau (battu au 3e tour par Ferrer) et Michael Llodra (éliminé au 1er tour par Rosol) n'ont pas réalisé de grands exploits. Mais les Américains non plus, et la terre-battue va rebattre les cartes.

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En reconduisant les quatre mêmes joueurs pour le quart de finale de Coupe Davis. Guy Forget a pris une option. Celle d'aligner forcément Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils en simple face aux Etats-Unis, Michael Llodra et Julien Benneteau formant, a priori la paire de double, sauf à intégrer Tsonga une nouvelle fois pour cet exercice. En se passant volontairement de Richard Gasquet et de Gilles Simon, comme lors du déplacement au Canada, il s'est privé de la possibilité de brouiller les cartes, et de deux hommes qui n'ont pas démérité à Miami (défaites en 8e de finale contre respectivement Djokovic et Murray). Comme les Américains ont fait de même (Fish et isner en simple, les frères Bryan en double), les deux équipes se trouvent à égalité. Mais sur quelle dynamique se trouve chacun, à l'issue du Masters 1000 de Miami ?

Monfils dans ses travers

Deux jours après l'annonce de son équipe, Guy Forget ne dispose plus d'un seul représentant en lice, alors que Mardy Fish (en quarts de finale) tout comme les frères Bryan (en demi-finale) sont encore en course. Bien évidemment, les Français n'étant pas associés sur le circuit en double (Llodra fait équipe avec le Serbe Zimonjic avec qui il a été éliminé en 1/4 de finale), il est bien difficile de comparer aux performances des N.1 mondiaux en double. La comparaison est d'autant plus délicate que l'affrontement se fera sur terre-battue, bien loin de la chaleur de Miami et de ses courts en dur. Mais tout de même, certaines tendances se détachent.

La première, c'est que Jo-Wilfried Tsonga est en forme. Il n'est pas passé loin de la victoire sur Rafael Nadal, avec son tennis vers l'avant qu'il va devoir acclimater à la terre-battue monégasque, ce qui n'est jamais simple. Jeu de jambes, patience, mise en place tactique des schémas habituels, tout est à revoir pour trouver de l'efficacité sur la terre ocre. Pour Gaël Monfils, la défaite au 3e tour contre Juan Monaco a sans doute laissé des traces puisque c'est une nouvelle défaite après avoir eu le match en main, et l'avoir laissé s'envoler en trois manches. Et terminer les points comme les matches, c'est souvent plus difficile sur la terre qui réclame plus de constructions et où les coups sont moins définitifs. Julien Benneteau a correctement tenu son rang en s'inclinant en deux sets accrochés contre David Ferrer, alors que Michael Llodra n'est pas serein avec son élimination au 1er tour contre Lukas Rosol (83e mondial), et une seule victoire lors des trois derniers tournois. La polémique qui l'a assaillie à Indian Wells après un juron lancé en plein match a peut-être pesé dans l'esprit du Parisien. Mais le double est une autre histoire, et la Coupe Davis, c'est son "truc".

Fish retrouve le sourire

Et les Américains ? Pour la première fois membre du Top 10 après sa finale à Indian Wells et notamment des victoires sur Simon et Djokovic, John Isner a accusé le coup à Miami pour s'incliner en deux sets contre Florian Mayer, que Tsonga a écarté au tour suivant aisément. Le géant a donc pu bénéficier d'une plage de repos sur laquelle il ne comptait probablement pas. Pour Mardy Fish, c'est le contraire. Un début de saison calamiteux (3 victoires en quatre tournois) a laissé place à une embellie en Californie, avec trois victoires de rang, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le tournoi de Tokyo en octobre dernier, et une place en quarts de finale, éliminé par Monaco. Un renouveau qui intervient au mauvais moment pour l'équipe de France. Reste que pour ces deux hommes, la terre-battue n'est pas le terrain favori, même si Isner avait bien failli faire tomber Nadal d'entrée à Roland-Garros en 2011. 

L'autre grande inconnue, de part et d'autre, c'est la capacité de chaque joueur à digérer le changement climatique et surtout de surface, dans un temps aussi court. Et dans le camp français, la gestion des services d'Isner tout comme celle du double, qui sera loin d'être gagné contre les frères Bryan, vont demeurer des sujets de grande réflexion jusqu'au vendredi 6 avril, jour du premier match.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze