Jérémy Chardy
Jérémy Chardy | AFP - LENNART-Preiss

Chardy qualifie la France

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La France s'est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe Davis aux dépens de l'Autriche grâce à la victoire dans le simple décisif de Jérémy Chardy sur Martin Fischer en quatre sets (2-6, 7-6 (7/4), 6-3, 6-3) dimanche à Vienne. Auparavant, Jurgen Melzer avait remis les deux nations à égalité deux victoires partout, en l'emportant devant Gilles Simon en cinq sets 7-6 (9/7), 3-6, 1-6, 6-4, 6-0.

Jéramy Chardy, 55e mondial, a été le héros du week-end côté bleu. Il avait déjà apporté le premier point aux Bleus vendredi sur un exploit contre Jürgen Melzer, 10e mondial. Convoqué de dernière minute pour parer à plusieurs forfaits (Tsonga, Monfils et Gasquet), le Français a démontré de la ressource lors de ce match couperet et évité aux Bleus, finalistes de l'édition 2010, une élimination précoce et peu glorieuse.
Il a d'abord essuyé l'orage d'un Martin Fischer porté par un public survolté après la victoire aux tripes de Jürgen Melzer sur Gilles Simon dans un match marathon de plus quatre heures, 7-6 (9/7), 3-6, 1-6, 6-4, 6-0. Il fut balayé dans la première manche et le début de la seconde, où il perdait une nouvelle fois sa mise en jeu. Dans une réaction d'orgueil, Chardy revint dans le match, retrouvant son jeu de cogneur de coup droit. Ensuite, son efficacité au service, encore régulier au-dessus de 200 km/h, le mit dans les meilleures conditions pour disposer d'un Fischer finalement rattrapé par son niveau de 138e mondial.

Melzer étouffe Simon

 Un peu plus tôt Jürgen Melzer avait permis à l'Autriche d'égaliser  2-2 dans le 1er tour de Coupe Davis contre la France, en dominant Gilles Simon. Melzer avait déjà donné le ton après avoir gagné le point du double samedi avec Oliver Marach. Après un premier set accroché, où les deux joueurs ont perdu leur mise en jeu à trois reprises, Melzer a perdu pied face au jeu placé du Niçois, 30e mondial, privilégiant de longs échanges de fond de court.volontiers râleur, Melzer a contesté les décisions de l'arbitre autant que possible, au point de contraindre le superviseur à venir lui faire une mise au point sur la terre battue.
On croyait que Melzer accuserait le coup au fil des heures, lui qui avait déjà joué vendredi et samedi. Mais, alors que Simon  avait fait le break pour la seconde fois au 4e set et Melzer fracassé sa raquette de rage, le gaucher a trouver de sérieuses ressources pour finalement l'emporter. Puis le Français a abandonné sa mise en jeu dès le début de la cinquième manche, laissant un Melzer survolté s'envoler alors vers la victoire dans le hangar N.3 de l'aéroport de Vienne.

Heureusement donc pour le clan tricolore, cette déconvenue de Gilles Simon n'allait pas totalement condamner ses chances. Jérémy Chardy a su se transcender pour aller chercher la qualification. En quarts de finale, la France sera opposée à l'Allemagne.

Déclarations

Jérémy Chardy: "Parfois, je ne maîtrisais plus rien. Mais l'essentiel, c'est la victoire, pas la manière. "Le dernier point a été très très dur pendant tout le match. L'important c'est qu'on avance. La prochaine fois ce sera peut-être un autre qui ramènera deux points.  Guy m'a bien aidé sur la chaise. On a vraiment cru que Gilles avait plié le match et qu'il allait le gagner. Au dernier moment j'ai dû me préparer. J'espère que les deux matches que j'ai gagnés vont m'aider pour le reste de ma saison". 

Guy Forget: ""On a tous souffert. L'essentiel c'est que l'on se qualifie. On s'est qualifié dans la douleur mais avec des matches extraordinaires. Cette victoire démontre la force de l'équipe. Une campagne de Coupe Davis cela ne se gagne pas seulement avec quatre joueurs, mais avec six ou sept. On l'a vu tout au long de la saison dernière. Michaël Llodra, joueur de double, a disputé des simples importants, Arnaud Clément est revenu remplacer Julien Benneteau.  Là, c'était le coup le plus dur qui ne me soit jamais arrivé avec les trois joueurs les mieux classés absents. Et on arrive à se qualifier, à l'extérieur, contre une équipe qui est tout de même dangereuse.
Cela prouve que ce groupe fonctionne bien et que l'on ne fait pas n'importe quoi.".

Gilbert Schaller (capitaine autrichien) "Je suis déçu pour l'équipe mais nous avions le dos au mur avec 0-2 le vendredi soir. Je suis fier de Martin Fischer, c'était presque un rêve au début du match"