Radek Stepanek et Tomas Berdych (République tchèque)
Radek Stepanek et Tomas Berdych (République tchèque) | AFP

Berdych-Stepanek, l’esprit Coupe Davis

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L’équipe tchèque s’est reposée ces dernières années sur un binôme complémentaire composé de Tomas Berdych et Radek Stepanek. Ce tandem mélangeant la glace et le feu, qui défiera la France à partir de vendredi à Roland-Garros, avait réussi un exploit rarissime en 2012 en gagnant la Coupe Davis à deux. Retour sur une association de malfaiteurs qui fonctionne et dont l’équipe de France doit se méfier.

L’histoire de la Coupe Davis regorge d’anecdotes qui font le sel de cette compétition atypique. Le tennis est un sport individuel, mais soulever le Saladier d’argent nécessite un collectif soudé afin que le groupe soit plus fort que la somme des individualités qui le composent. L’équipe de France est bien placée pour savoir que cela marche, le succès inattendu de 1991 venant contredire tous les pronostics qui disaient Agassi et Sampras meilleurs que Forget et Leconte.

Comme les Croates en 2005

La République tchèque a toutefois réussi un exploit que la France n’a jamais réalisé jusqu’ici : remporter la Coupe Davis avec seulement deux joueurs. La campagne 2012 des Tchèques restera dans les mémoires comme celle de la Croatie en 2005, seule précédent de triomphe à deux éléments (Ivan Ljubicic et Mario Ancic). Tomas Berdych et Radek Stepanek ont accompli un vrai chef d’œuvre il y a deux ans en disputant tous les doubles et les simples décisifs pour aller chercher le fameux bol à punch que le pays attendait depuis 1980 (avec la Tchécoslovaquie d’Ivan Lendl). Sur la route du titre, Lukas Rosol, Ivo Minar et Frantisek Cermak avaient participé à l’aventure mais sans participer à aucun match qui compte.

Berdych le taulier

Berdych, qui avait remporté sept matches sur huit cette année-là (seul David Ferrer l’avait battu en finale pour remettre l’Espagne à égalité, 2-2), avait été le grand artisan de la victoire grâce à des succès sur Simone Bolelli, Victor Troicki, Janko Tipsarevic, Juan Monaco, Carlos Berlocq et Nicolas Almagro. Stepanek, de son côté, s’était bien accommodé de son rôle de numéro 2 en disposant d’Andreas Seppi et en fatiguant Tipsarevic (vainqueur 9-7 au 5e set) sur la route de la finale, avant de conclure brillamment lors de l’ultime rencontre de la finale devant un Almagro estomaqué (6-4, 7-6(0), 3-6, 6-3). L’ancien compagnon de Nicole Vaidisova était devenu à cette occasion le joueur le plus vieux à gagner le point décisif, à 34 ans, avant de battre son record l’année suivante contre la Serbie. 

Un double quasi imbattable

La paire Berdych-Stepanek s’était surtout régalée en double en s’adjugeant les quatre confrontations face aux Italiens (Bracciali-Starace), aux Serbes (Zimonjic-Bozoljac, référence sur le circuit), aux Argentins (Berlocq-Schwank) et aux Espagnols Granollers et Lopez dans une finale longtemps indécise. Les deux hommes ont d’ailleurs vécu quelques doubles homériques comme celui remporté 24-22 au dernier acte face aux Suisses (Chiudinelli-Wawrinka).

Pilier de l’équipe grâce à son puissant service, Berdych compte une unique défaite en double sous le maillot national (13 succès). Il affiche un bilan de 28-20 en simple. Seul Richard Gasquet a un bilan favorable contre lui (5 victoires à 3), Simon étant a priori confiné à un rôle de remplaçant ce week-end (5-3 également). Le colosse de Valasské Mezinci (1,96 m pour 91 kg) mène 5-2 face à Tsonga et 3-1 devant Monfils (1-1 contre Benneteau). 

Le souvenir de 2009

Vrai matcheur de Coupe Davis, même s’il a déclaré forfait pour le quart de finale au Japon cette saison (il est partisan d’une compétition étalée sur deux ans), Tomas Berdych est le taulier de l’équipe même s’il est plus jeune que son fantasque acolyte (29 ans le 17 septembre tandis que Radek Stepanek* affiche bientôt 36 printemps).

Les deux hommes aiment la France. L’enfant de Karvina avait atteint la finale du Masters 1000 de Paris-Bercy en 2004, un an avant la victoire du jeune Berdych (19 ans). Les deux hommes ont éliminé la France de Guy Forget au premier tour de l’édition 2009 (Simon s’était incliné face aux deux hommes et la paire Gasquet-Llodra avait nettement perdu le samedi).

La terre ocre n’est sûrement pas la meilleure surface des duettistes de choc (encore que Berdych compte une demi-finale –en 2010- et un quart cette année à Roland-Garros), mais ils sont lancés à fond vers un objectif extraordinaire : être le premier pays à remporter trois fois de suite la Coupe Davis depuis la création du groupe mondial en 1981. Ni la Suède de Wilander-Edberg, ni l’Allemagne de Becker, ni l’Espagne de Nadal-Ferrer n’y sont parvenues. Un vrai beau challenge à relever pour les compères tchèques.

*Le bilan des joueurs français face à Radek Stepanek est plus favorable : Tsonga mène 3-1, Monfils 6-3 et Benneteau 4-2. Simon est mené 2-1 et Gasquet 3-1 mais il lui a infligé un net revers à Roland-Garros en 2011.

Grégory Jouin @GregoryJouin