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La déception de Marion Bartoli | AFP - Matthew Stockman

Bartoli calme le jeu

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Après quelques jours de tension avec le staff de l'équipe de Fed Cup dirigé par Nicolas Escudé, Marion Bartoli a mis de l'eau dans son vin en regrettant ses déclarations "en décalage avec la réalité". Sans changer d'avis sur le fond de l'affaire à savoir qu'elle fait de la présence de son père sur les courts d'entraînement une condition sine qua none à son retour au sein du groupe France.

Marion Bartoli reconnait implicitement avoir abusé en expliquant que tout avait été réglé avec la FFT dans l'optique de sa sélection pour les JO de Londres. Après avoir fait part de sa déception mardi en se présentant comme une victime, la native du Puy-en-Velay a fait machine arrière en adoucissant clairement ses propos dans un mail envoyé à L'Equipe. "Je tiens à clarifier la situation. Je n'étais effectivement pas présente à la réunion qui a eu lieu entre mon père et Nicolas Escudé (à Miami). Il est exact que Nicolas n'a pu en aucun cas prendre position par rapport à une éventuelle sélection aux JO. Après un point concernant mon mode de fonctionnement, il a clairement indiqué que celui-ci était incompatible avec celui d'une équipe. Par contre, aussi bien Nicolas qu'Alexia Dechaume (entraîneur de l'équipe de France) présente ont apprécié notre désir d'un rapprochement amical en vue d'une évolution future. Je reconnais m'être emportée, avec des propos qui étaient nettement en décalage avec la réalité, et si j'ai pu blesser les différents intervenants, je souhaite m'en excuser".

Mais si sur la forme, la finaliste de Wimbledon 2007 hisse le drapeau blanc, sur le fond elle ne bouge pas d'un iota. Elle tient absolument à ce que son papa assiste aux entraînements officiels de l'équipe de Fed Cup sur le court. Une idée insupportable pour tout le staff tricolore et les joueuses françaises qui font elles les sacrifices sans broncher depuis des années. Cette situation inextricable risque fort de ne pouvoir se décanter, ni rapidement (pour le match de barrages Espagne/France à Lerida les 16 et 17 avril), ni à moyen terme, à moins d'un revirement improbable d'une joueuse tout de même capable de dire tout et son contraire en quelques heures. Une individualiste guère appréciée de ses possibles coéquipières (Virginie Razzano, Alizé Cornet, Pauline Parmentier, Julie Coin) qui vivra vraisemblablement les Jeux Olympiques devant la télévision.

Bartoli se prend un "Scud"

Lundi, Nicolas Escudé avait démenti avoir conclu un accord avec Marion Bartoli censé permettre à la N.1 française de participer aux jeux Olympiques 2012 à Londres sans représenter auparavant son pays. Le capitaine de l'équipe de France de Fed Cup avait réagi avec virulence aux propos tenus dimanche en marge du tournoi de Miami par la numéro 1 tricolore, en dénonçant un "tissu de mensonges". La joueuse avait expliqué qu'elle ne jouerait pas en Fed Cup cette saison, car elle exige toujours que son père, qui est son entraîneur, soit intégré à l'encadrement de l'équipe de France pour s'occuper d'elle, ce que refuse Escudé. Mais la 10e mondiale avait assuré avoir discuté avec Escudé et qu'il y avait du "respect mutuel" entre eux. Elle avait aussi affirmé que celui-ci avait promis d'écrire une lettre à la Fédération internationale stipulant qu'elle se mettait à la disposition de l'équipe de France, mais qu'il avait renoncé à la retenir. Pour être sélectionnable pour les jeux Olympiques de Londres - que Bartoli rêve de disputer, sur sa surface préférée (gazon) -, une joueuse doit se mettre à disposition de son équipe de Fed Cup deux fois, dont au moins une en 2011 ou 2012.

"C'est un tissu de mensonges", avait donc déclaré Escudé à l'Equipe, en précisant n'avoir pas parlé avec la joueuse, mais avec son père Walter. "A aucun moment je ne lui ai promis quoi que ce soit, à aucun moment je n'ai pu lui dire que j'allais envoyer une lettre à l'ITF (Fédération internationale, ndlr) pour lui permettre d'aller aux JO." "Si je sélectionne Marion et qu'elle refuse parce que je n'accepte pas d'intégrer son père dans l'équipe, c'est elle qui fait un choix qui la prive des Jeux. Ce n'est pas moi", a-t-il repris. "Mais c'est vrai, je n'ai aucunement l'intention de lui faire une fleur en ne la sélectionnant pas en Fed Cup, dans le but de favoriser sa participation aux Jeux." Marion Bartoli n'a joué qu'un match en Fed Cup dans sa carrière, le double lors de la finale 2004 perdue face à la Russie.

La FFT derrière Escudé

Le président de la Fédération française de tennis, Jean Gachassin, a confirmé mardi que le torchon brûlait entre Marion Bartoli et la FFT. "Il y a des règles. Et il faut les respecter. Les règles ont d'ailleurs été aménagées pour Marion. Nicolas Escudé lui a dit que son père pouvait venir avec elle autour du stade et être en sa compagnie le soir, mais pas avec le staff", a-t-il dit sur RMC. "Mais elle n'accepte pas ces règles. Elle voudrait que son père soit présent sur le court. Marion va avoir un gros problème. Elle voudrait jouer les Jeux Olympiques de Londres mais il faudrait pour cela qu'elle accepte d'être sélectionnée." Nicolas Escudé doit dévoiler sa liste mercredi 6 avril.