Arnaud Clément et Gilles Simon
Gilles Simon avec son capitaine Arnaud Clément | AFP - DPA PICTURE-ALLIANCE - ARNE DEDERT

Allemagne-France: Tsonga et Gasquet absents, une bonne nouvelle pour l'équipe de France ?

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Pour affronter l'Allemagne (à partir de vendredi à 14h sur France 4) lors du 1er tour de la Coupe Davis, l'équipe de France doit se passer de deux de ses leaders: Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet. Les deux hommes ont été les piliers la saison passée d'un parcours menant jusqu'à la finale. Mais ces deux absences pourraient finalement être un mal pour un bien.

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Perdre les deux piliers de la saison passée pour débuter l'aventure à l'extérieur, voilà le challenge proposé à Arnaud Clément. Avec les blessures de Jo-Wilfried Tsonga et de Richard Gasquet, l'équipe de France a perdu les deux hommes qui ont rapporté les trois premiers points de la victoire lors du 1er tour et des demi-finales de la Coupe Davis 2014. En simple, en double, les deux hommes ont été des moteurs. Mais leur absence en terre germanique, face à une Allemagne cette fois emmenée par son leader, Philipp Kohlschreiber, pourrait être une bonne nouvelle pour les Bleus. Voici quatre raisons.

Le cas Monfils a transformé l'image de Clément

Après la défaite en finale de la Coupe Davis contre la Suisse en décembre, Arnaud Clément a été l'objet de nombreuses critiques. Son management, sa proximité avec ses anciens coéquipiers, tout y est passé. Pour débuter la nouvelle saison, le capitaine a dû faire preuve d'autorité. Après le forfait de Tsonga et avant celui de Gasquet, Gaël Monfils avait annoncé son intention de n'être pas présent pour ce 1er tour. Après discussions, et malgré l'intention de son entraîneur Jan De Witt, le Parisien est revenu sur sa décision. Il sera donc sur le terrain ce week-end pour jouer en simple. Déterminant l'an dernier pour la qualification contre... l'Allemagne en quarts, et vainqueur de Federer en finale, le voilà en situation de s'affirmer. Et Arnaud Clément a rappelé à tous qu'il était bien sur la chaise pour prendre des décisions.

Vidéo: Comment Clément a convaincu Monfils

Simon face à ses responsabilités

Gilles Simon n'a gagné qu'un seul match important dans sa carrière en Coupe Davis. C'était en 2011 au 1er tour contre l'Autrichien Stefan Koubek. Sur les 11 autres rencontres de simple disputées dans sa carrière, soit il les a perdues (Berdych et Stepanek en 2009, Djokovic en 2010, Melzer en 2011, Ferrer en 2011, Isner en 2012, Monaco et Berlocq en 2013), soit elles n'avaient plus d'importance pour le résultat final. Sa trop grande envie de bien faire l'ont parfois conduit à déjouer. Sans Tsonga ni Gasquet dans l'équipe, avec un statut de N.1 français (en l'absence du Manceau), le voilà face à ses responsabilités. Sa 14e place mondiale à l'ATP, fruit de son bon début de saison (3e tour en Australie, 1/4 à Montpellier, 1/2 à Rotterdam, victoire à Marseille en battant en finale Monfils), doivent lui permettre d'endosser les habits de leader. Surtout avec un premier match face au jeune mais talentueux et grand (1.96m) Jan-Lennard Struff (74e mondial).

Une vraie paire de spécialistes en double

La saison passée, Arnaud Clément a toujours privilégié une paire de double composée de joueurs de simple. Sauf lors des quarts de finale contre... l'Allemagne à Nancy, où il avait pu compter sur le duo Llodra-Benneteau. Ce duo, déjà utilisé lors de sa première année de mandat, a ensuite été laissé de côté pour offrir le double à Tsonga-Gasquet, voire Gasquet-Benneteau en finale l'an dernier (en raison de la blessure de Tsonga). Dans sa sélection, le capitaine ne conservait qu'un spécialiste de double (Julien Benneteau), considérant qu'avec Gasquet et Tsonga, il possédait deux joueurs capables de bien jouer ensemble ou avec "Bennet". Cela posait toujours la question de la fatigue physique de l'un ou de l'autre après leur simple de vendredi et avant le dimanche.

Les deux hommes absents, il a appelé trois spécialistes du double pour jouer en Allemagne ce week-end: Julien Benneteau, Edouard Roger-Vasselin et Nicolas Mahut. Le premier a l'avantage de très bien connaître Mahut (ils sont de la même année et ont gagné ensemble Lyon 2009, Metz 2003 et 2004, et fait finale à Bercy en 2011) et de faire équipe avec le second sur le circuit, avec qui il a d'ailleurs disputé le Masters en fin de saison dernière après avoir remporté Roland-Garros notamment. Pour défier les Allemands, Arnaud Clément a choisi d'associer les deux trentenaires, alliant le service du Parisien au retour du Bressan.

Julien Benneteau associé à Nicolas Mahut en 2011
Julien Benneteau associé à Nicolas Mahut en 2011

Un match piège qui peut servir de tremplin

L'année dernière, l'Allemagne avait déjà affronté la France. C'était en quarts de finale, à Nancy. Et les Allemands devaient se passer de ses leaders Kohlschreiber, Haas et Becke, alors que du côté français, seul manquait Gasquet. Les joueurs d'Arnaud Clément s'étaient fait peur en étant menés (2-0) après la journée du vendredi, et les défaites de Tsonga et Benneteau. Les Bleus s'en étaient sortis au terme d'un cinquième match gagné par Gaël Monfils. Cette fois, Kohlschreiber (28e mondial) est bien là, Becker aussi (39e mondial), Struff a progressé (passé des abords du Top 100 au 74e rang), et la rencontre se passe en Allemagne, sur une surface en dur choisie par les hommes de Michael Kohlmann. Cet affrontement a donc tout d'un piège pour les Français. S'ils passent, cela peut représenter les fondements d'une belle aventure en 2015...

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze