Rafael Nadal s'est démultiplié, l'Espagne file en finale

Coupe Davis : Rafael Nadal s'est démultiplié, l'Espagne file en finale

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En grande partie grâce à Rafael Nadal, l'Espagne a battu la Grande-Bretagne (2-1) et s'est qualifiée pour la dixième finale de son histoire en Coupe Davis. En finale, l'Espagne défiera le Canada, vainqueur plus tôt de la Russie de Karen Khachanov.

Haletant jusqu'au bout. Le double décisif entre l'Espagne et la Grande-Bretagne a été beaucoup plus accroché que prévu, en grande partie grâce à des Britanniques extrêmement solides. Il fallait bien l'être pour contenir la fougue de Rafael Nadal, en transe devant son public cette semaine. Le Majorquin s'est montré intraitable dans les moments importants pour porter, à bout de bras, son coéquipier légèrement en retrait. En deux tie-breaks, l'Espagne s'est qualifiée pour la dixième finale de Coupe Davis de son histoire. L'Espagne n'a plus perdu depuis 30 rencontres à domicile. 

Le récit de la rencontre 


• Match 1 : Kyle Edmund bat Feliciano Lopez (6-3,7-6)

L'Espagne a commencé la journée en rebattant ses cartes. Numéro deux affaibli (blessure à la jambe gauche), Pablo Carreno Busta a laissé sa place au vétéran Feliciano Lopez (38 ans). Le défi était grand pour ce dernier, mais pas impossible : s'il y a une surface où son tennis s'exprime bien, c'est bien le dur en salle - et le gazon.  Mais son service-volée, et son jeu offensif, n'ont pas suffi pour contenir la puissance du coup droit de Kyle Edmund. D'emblée, le Britannique a pris son adversaire à la gorge en lui chipant son service, son arme principale. Break d'entrée, puis set dans la poche : 6-3. Le deuxième set a été plus accroché. Kyle Edmund a même dû sauver deux balles de set à 4-5 sur son service. Mais il n'y a pas eu photo dans le tie-break, que le Britannique a remporté sans problème. 

C’est la 3e victoire d’Edmund en 3 matches cette semaine en simple, qui finit mieux l'année 2019 qu'il ne l'avait commencée (il est retombé à la 75e place alors qu'il était 14e il y a douze mois). Surtout, il offre à Dan Evans la possibilité de perdre, et à la Grande-Bretagne le droit d'y croire. 

• Match 2 : Rafael Nadal bat Daniel Evans (6-4 6-0) 

Le suspense, s'il y en a eu, n'a pas duré. A 4-4, Rafael Nadal a placé un coup d'accélérateur fatal à Daniel Evans. Il lui a pris son service, avant d'enchaîner huit jeux d'affilée (6-4, 6-0). Le Britannique n'a pourtant pas démérité. Il a essayé d'agresser Rafael Nadal, il a tourné autour de son revers, est monté à plusieurs reprises à la volée, conscient qu'il ne saurait tenir le rythme du Majorquin derrière sa ligne. Mais rien n'y a fait. Comme d'habitude, Rafael Nadal joue son meilleur tennis en équipe d'Espagne. Il s'agit de sa 28e victoire consécutive en simple en Coupe Davis. Rien que ça.

L'ambiance, l'enjeu collectif, et cette fois, le fait d'évoluer devant son public : tout y est pour que Nadal fasse du grand Rafa. 

• Match 3 : Nadal/Lopez b. Murray/Skupski (7-6, 7-6)

Le premier set s'est joué à très peu de choses. Peut-être à cette balle de break manquée en début de set par les Espagnols, à 2-1. Ou, plus sûrement, à cette occasion manquée de prendre le service de Rafael Nadal à 5-5, dans un jeu à rallonge, un summum de tension, alors que la Caja Magica atteignait - déjà - le paroxysme de sa ferveur.

Une fois ce jeu en poche, les Espagnols se sont libérés. Dans le tie-break, Rafael Nadal a planté deux beaux passings, imité une fois par son coéquipier pourtant bien moins à l'aise dans l'exercice. Gagné 7-3, le jeu décisif aurait pu tuer la rencontre. Mais les Britanniques n'ont rien lâché. Mentalement, physiquement, ils étaient affamés, et se sont accrochés aux mollets des Espagnols jusqu'au bout. Même plus solides que Nadal et Lopez sur leurs mises en jeu dans la deuxième manche, ils auraient dû, en toute logique, l'emporter et égaliser. Mais c'était sans compter Rafael Nadal qui, une nouvelle fois, a serré le jeu à 5-6 sur son service, balle de set pour les Britanniques. Jusqu'au tie-break, les Espagnols ont sauvé quatre balles de set. Et ont fini par s'effondrer, ivres de bonheur d'atteindre leur première finale depuis 2012. A la maison.