Simon Gilles Bercy 11 2010
Gilles Simon | AFP - Jacques Demarthon

Verdasco sort Clément à l'usure

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Fernando Verdasco s'est qualifié pour les 8e de finale du Masters de Paris-Bercy, en faisant céder Arnaud Clément (3-6, 6-3, 6-0). Après une entrée en matière conquérante face à un Verdasco fébrile, le Français a petit à petit perdu son bras dans le 2e set, au moment même où son adversaire a réagi. Scénario inverse pour Gilles Simon, d'abord dominé mais finalement vainqueur d'Andrey Golubev 3-6, 6-4, 6-3 pour le compte du 1er tour.

LE TABLEAU DU BNP PARIBAS MASTERS DE BERCY

Si la défaite d'Arnaud Clément, 72e à l'ATP, peut paraître tout à fait logique face au N.9 mondial, elle n'en est pas moins rageante pour le camp français, quant à la manière dont s'est déroulée cette partie, dans une configuration à deux visages.

D'abord, Fernando Verdasco, hésitant sur le choix de sa raquettte, traînant un peu sur le banc avant d'entrer sur le court, ne semblait pas dans son assiette.Peut-être un peut travaillé par l'enjeu de ce tournoi à l'issue duquel il peut, en cas de bons résultats, décrocher son billet pour le Masters. Impression confirmée dès l'entame du match, où Clément se montrait beaucoup plus entreprenant face à un Verdasco emprunté, commettant beaucoup de fautes directes.Breaké dès le 2e jeu, l'Espagnol allait traîner ce handicap durant une première manche délicate où il réussissait certes quelques bons coups, mais trop peu pour inquiéter un Clément jusque là tranquille. Une première balle de set suffisait à l'Aixois pour prendre l'avantage. Porté par un peu de réussite, et désireux de ne pas faire traîner les choses, Arnaud Clément enchaînait dès la reprise, et poussait dans ses retranchements un Verdasco décidément en difficulté quand il ne parvenait pas à passer ses premières balles. Quand il y parvenait, avec des services à plus de 200 km/h et quelques aces à la clé, évidemment, il pouvait rester dans le match mais Clément s'accrochait. Toutefois, après six égalités, Verdasco parvenait à prendre le premier jeu de la deuxième manche au cours duquel le Français laissait pas mal d'énergie.Clément faisait la course en tête jusqu'à 3-2, 40-15 mais Verdasco sortait peu à peu du sommeil pour se mettre à pilonner son adversaire qui se dépensait énormément pour tenter de conclure au plus vite.

Car Clément commençait à accuser physiquement le coup au moment même où Verdasco retrouvait sa première balle et ses accélérations. Clément a alors sombré de façon inexplicable cédant dix jeux de suite, complètement lâché par son service (22% de première balles au troisième set !). Finalement, il lâchait aussi le 2e set et voyait s'éloigner son rêve de victoire. Car il était flagrant que le Français, de plus en plus nerveux, qui s'invectivait parfois, sentait lui échapper les choses. Et il se laissait embarquer dans un troisième set pour lequel il n'avait sans doute plus assez de moyens. Sans être flamboyant, car commettant encore beaucoup de fautes, Verdasco sut alors que c'était le moment. Moins précipité, plus concentré sur son sujet, sans doute satisfait d'avoir redressé la barre après être passé tout près de la correctionnelle, l'Espagnol confisquait d'entrée le premier jeu et déroulait tranquillement, serein à son tour, alors que la fébrilité avait changé de camp. Arnaud Clément la portait cette fois sur ses épaules, comme résigné, sans pouvoir trouver la moindre solution. A 32 ans, il lui était difficile de tenir la cadence.Verdasco enlevait en vingt minutes cette troisième manche à sens unique (6-0) pour se qualifier pour les huitièmes de finale. Avec toujours l'espoir de se rapprocher du Masters.

Simon à la bagarre

Andrey Golubev n'est pas encore connu. C'est pourtant la meilleure progression de l'année avec 100 places de gagnées (133e l'an dernier, 36e en cette fin de saison). Avec un petit côté Marat Safin pour la lourdeur et la fulgurance de ses coups, le Kazakh a presque réalisé une petite démonstration sur le court central de Bercy, pour sa première apparition dans le tableau final. Pendant longtemps, il a empêché Gilles Simon de trouver ses marques sur une surface rapide qui l'avantageait sans nul doute. Pourtant revenu à un bon niveau depuis quelques temps, le Français s'est accroché, a lutté pour contrer la puissance adverse ce qui s'est finalement fissurée. Une occasion, un break, quelques services à plus de 200km/h pour garder son avance, voilà comment Golubev a remporté le premier set en 31 minutes, ayant tout de même écarté deux balles de débreak dans son dernier jeu de service avant de voir une volée de revers du Niçois filer dans le couloir (6-3). Dans la filière courte comme au cours de longs échanges, le protégé de Thierry Tulasne ne parvenait pas à "travailler" son rival, comme il aime à le faire généralement.

Le début de la deuxième match conservait cette impression de souffrance pour le Français, devant sauver une balle de break dès son premier jeu de service avant de le céder après, ayant laissé passer deux balles de jeu (1-2). Frustré, énervé, l'ancien 6e mondial s'accrochait néanmoins, et s'emparait du cadeau, en forme de revers boisé, du Kazakh pour refaire son retard (4-4). Il enchaînait même un troisième jeu consécutif pour mener 5-4, et se voir proposé deux balles de set par la nouvelle inconstance du 36e mondial, que Golubev lui offrait sur la première en commettant une grossière double-faute (6-4). Après 1h11 de jeu, les deux hommes se retrouvaient à égalité à une manche partout. Après avoir pesté contre son incapacité à trouver les lignes en début de match, le 43e mondial ajustait un peu mieux son viseur. Au coude à coude, les deux hommes ne se lâchaient pas d'une semelle, mais le courant était de plus en plus alternatif dans le jeu du 36e mondial. Un passing-shot de revers merveilleux du Français lui donnait une balle de break, qu'il concrétisait par un passing-shot en deux temps pour mener (4-2). Gilles Simon finissait le travail sur son engagement, à sa première balle de match, pour l'emporter 3-6, 6-4, 6-3 après 1h44 de jeu. En 8e de finale, il aura un énorme défi à relever en la personne de Robin Soderling, le N.5 mondial étant devenu un homme fort du circuit, qui n'a néanmoins battu le Français qu'à trois reprises en cinq rencontres. Mais elles ont toutes eu lieu avant 2008, et la montée en puissance du géant suédois.