Jo-Wilfried Tsonga
Jo-Wilfried Tsonga "rentre" dans la balle... | AFP - Glyn Kirk

Tsonga s'offre Nadal et une demi-finale

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Jo-Wilfried Tsonga s'est qualifié pour les demi-finales du Masters pour la première fois de sa carrière en battant l'Espagnol Rafael Nadal en trois sets 7-6 (7/2), 4-6, 6-3, jeudi à Londres. Un peu plus tôt dans la journée, Roger Federer s'était fait un point d'honneur à terminer invaincu la phase de poule en remportant son troisième succès face à l'Américain Mardy Fish 6-1, 3-6, 6-3.

Tsonga, 3e demi-finaliste tricolore de l'histoire

Jo-Wilfried Tsonga: "C'est extraordinaire. Je suis rentré sur le court en me disant que j'allais donner tout ce que j'avais. Je voulais essayer de jouer un jeu un peu différent des autres fois, plus agressif, lui mettre une pression constante et c'est ce que j'ai réussi à faire. J'espère que je vais continuer à jouer comme ça et que je vais avoir d'autres belles rencontres comme ça."

C'est la première fois que Tsonga, âgé de 26 ans, atteint le dernier carré du tournoi des maîtres, auquel il participe pour la deuxième fois. Le Manceau est le troisième demi-finaliste tricolore après Sébastien Grosjean, battu en finale en 2001, et Gilles Simon, qui s'était arrêté à ce stade en 2008. Il s'agit de sa troisième victoire en neuf matches sur le Majorquin et d'une belle revanche sur la gifle reçue au mois de septembre en demi-finale de la Coupe Davis, sur la terre battue de Cordoue (6-0, 6-2, 6-4).

Profitant de la surface synthétique, le Manceau a pris à la gorge l'Espagnol dès les premiers échanges. Il a constamment agressé Nadal, dont les deuxièmes balles ressemblaient souvent à des cadeaux. Meilleur que l'avant-veille lors de sa déroute face à Roger Federer (6-3, 6-0), le Majorquin n'est tout de même pas apparu à son meilleur niveau. Souvent en tête sur les jeux de service de l'Espagnol dans le premier set, Tsonga s'est quand même laissé entraîner dans un tie-break, qu'il a facilement empoché. Dans le deuxième, il a continué à faire au moins jeu égal, malgré un service faiblissant et un regain de vigueur de Nadal en fond de court. Mais l'Espagnol a su profiter de la première baisse de régime de son adversaire, à 5-4, pour se créer ses premières balles de break du match et égalisé à un set partout. Alors qu'on pouvait craindre un effondrement, le Français a repris nettement le dessus et conclu l'une de ses plus belles victoires.

Avec deux victoires sur Nadal et l'Américain Mardy Fish et une défaite contre Roger Federer, Tsonga finit à la deuxième place du groupe B. Il devra attendre vendredi soir pour connaître officiellement son adversaire en demi-finale. Ferrer, déjà qualifié dans le groupe A, est de loin le plus probable, mais un match contre le Serbe Novak Djokovic ou le Tchèque Tomas Berdych, à la lutte pour le dernier ticket, n'est pas impossible.

Quinzième victoire de suite pour Federer

Roger Federer: "Je suis surpris de la manière dont cela s'est toujours passé pour moi lors de ces Masters. C'est une compétition dangereuse dans la mesure où vous jouez des gars du Top 10 et que c'est en deux sets gagnants. Mardy a très bien joué dans le deuxième set et je le pensais capable de poursuivre dans le troisième. J'ai été bien content de breaker assez tôt. C'est important pour la confiance de continuer à gagner".

Déjà vainqueur de Tsonga et de Nadal, Federer était assuré de sa qualification, alors que Fish, battu deux fois, n'avait plus aucun espoir. Le Suisse, tenant du titre, en pleine forme depuis le début de ce Masters, a emporté à l'occasion sa quinzième victoire d'affilée.

Un succès somme toute logique sur l'ensemble de la saison, mais surtout sur ce match là où la différence de niveau entre les deux joueurs. D'autant que pour lutter, Mardy Fish eut dû être au mieux de son tennis; ce qui ne fut pas le cas du moins dans le premier set où il se punit lui-même en enchaînant les fautes directes. Son sursaut dans la deuxième manche face à un Federer un peu en deçà, remit un peu de suspense dans la partie.

Mais fort de son expérience, le champion suisse aux 16 grands chelems sut se reprendre et dominer les échanges avec autorité. En réussissant un break d'entrée, Federer  mit sous pression l'Américain qui finit par rendre les armes après 1h47 de jeu.

Christian Grégoire