Jo-Wilfried Tsonga
Jo-Wilfried Tsonga laisse exploser sa joie | AFP - MIGUEL MEDINA

Tsonga s'offre la finale rêvée au bout du suspense

Publié le , modifié le

Après près de 3h de combat, Jo-Wilfried Tsonga (N.6) s'est qualifié pour la finale du BNP Paribas Masters de Bercy en venant à bout de John Isner 3-6, 7-6 (7/1), 7-6 (7/3). Après avoir sauvé trois balles de match en fin de 3e set, le Manceau a trouvé l'énergie de conquérir cette victoire qui lui ouvre les portes, pour la deuxième fois de sa carrière, de la finale à Bercy. Il fera face à Roger Federer (N.4), qui n'a jamais été sacré ici.

Tsonga sous pression

Venir à bout des 2.06m de John Isner et de son service, voilà le défi proposé à chacun de ses adversaires. Jo-Wilfried Tsonga a bien failli ne pas le relever, comme avant lui Wawrinka, Kunitsyn, Lopez et Ferrer (N.4). Sur une surface pas trop rapide pour ne pas le handicaper dans ses déplacements dans le jeu, mais suffisamment pour ne pas neutraliser sa mise en jeu, l'Américain avait les cartes en main. Le Français lui a, en plus, donné un joker en début de match. Lors du sixième jeu du premier set, ce dernier s'est en effet trouvé en extrême souffrance au service et il a commis de grosses fautes dans le jeu, ne parvenant pas à transformer l'une de ses deux balles d'égalisation à 3-3. Mis sous pression par les jeux des service rapidement et sereinement gagnés par son adversaire, le Manceau a forcé, forcé, et a craqué. Un break, il n'en fallait pas plus pour le 25e mondial pour s'emparer de la première manche (6-3) après 39 minutes de jeu. 80% de points marqués sur 1ères comme 2e balles pour l'Américain, 79% sur 1ères mais seulement 38% sur les secondes balles de "Jo", voilà la statistique qui explique tout, sans oublier les neuf points marqués par son adversaire sur onze montées au filet.

Dans le deuxième set, le 8e mondial devait encore une fois batailler, pendant près de dix minutes pour conserver son service au troisième jeu en sauvant deux balles de break (2-1). Et au jeu suivant, il obtenait pour la première fois du match deux balles de break, grâce à un formidable passing-shot de coup droit. Mais John Isner les effaçait et restait dans la course (2-2). Il faut dire que jusque-là, il avait sauvé dix des treize balles de break concédées. En quatre matches, c'est bien peu. Bien plus à l'aise sur son engagement, Tsonga pouvait mieux se concentrer sur celui de son rival, et il arrivait à le mettre sous pression. Mais une nouvelle opportunité de faire le break, consécutive à un retour de coup droit canon, était brisée par un service à 222km/h (4-4). Venant plus souvent au filet avec succès, plus dominateur dans l'échange contre un joueur de plus en plus lent sur le terrain, le Manceau prenait le dessus. Sans prendre le service. C'est donc le jeu décisif qui ponctuait ce deuxième set. Et en commettant deux fautes de revers sur son engagement, l'Américain laissait s'envoler son adversaire (2-1, puis 5-1), avant de commettre une nouvelle faute grossière de coup droit pour livrer, sur un plateau, cinq balles de set (6-1). Une seule suffisait pour un ace, et après 1h48 de jeu, les deux hommes se trouvaient dos à dos, avec une dynamique bien plus positive pour le Français.

Trois balles de match écartées

Ce dernier obtenait d'ailleurs d'entrée une balle de break, mais un nouvel ace maintenait John Isner hors de l'eau (1-0). Contrairement au set précédent, les jeux étaient beaucoup moins accrochés. Plus de fautes directes, moins de longs échanges, la fatigue faisait son oeuvre. Et sur un formidable passing-shot de revers à une main, confirmé par le hawk-eye demandé par l'Américain, "Jo" s'offrait trois balles de break consécutives à 4-4, mais il ne saisissait pas sa chance. Et malgré de plus en plus d'erreurs, le 25e mondial gardait les commandes (6-5). Menant (40-15), le Manceau faisait un mauvais choix offensif, puis une grosse faute de coup droit, avant une double-faute, voilà comment Isner se procurait sa première balle de match, qu'il ne mettait pas à profit malgré une deuxième balle de son adversaire. Une deuxième opportunité s'offrait avec un coup droit qui échappait au Français. Mais ce dernier repartait vers le filet pour éviter la défaite. Et cette fois, c'est son rival qui sortait un passing-shot de folie de revers pour une troisième balle de match. Encore une fois annihilée sur un revers beaucoup trop long. Chauffé à blanc, le public rugissait de plaisir en voyant Tsonga se procurer une balle de (6-6), transformée aussitôt. Un deuxième jeu décisif dans cette rencontre. Et un premier mini-break pour le N.1 français, sur une balle venant heurter le filet avant de sortir du terrain (1-0). Le POPB s'embrasait à chaque point tricolore (3-0), et retenait son souffle pour ceux de son rival (3-2). Et pendant qu'il délivrait un ace (5-2), son adversaire commettait une double-faute pour lui offrir trois balles de match (6-3). Et une attaque de coup droit plus tard, il remportait ce match dans une ambiance de feu qu'il apprécie tant.

Pour la quatrième année consécutive, un Français sera présent en finale à Bercy. Pour la deuxième fois, comme Gaël Monfils en 2009 et 2010, Jo-Wilfried Tsonga prend place pour tenter de conquérir le trophée. Lui l'a déjà fait une fois, contrairement à son compatriote. Et en face de lui, il aura Roger Federer, pour la sixième fois cette saison, et pour la neuvième fois de leur carrière. Deux joueurs qui apprécient s'affronter, mais c'est bien le Suisse qui mène leurs duels par (5-3), et par (3-2) pour la seule année 2011.