Tsonga - Masters Cup 2011
Jo-Wilfried Tsonga a une ambition : venir perturber le Big Four | AFP - GLYN KIRK

Tsonga, et maintenant ?

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Alors qu’il vient d’achever la saison la plus accomplie de sa carrière par une finale de Masters Cup contre Roger Federer, Jo-Wilfried Tsonga se tourne déjà vers 2012. Pour rejoindre les membres du Big Four, il sait que son jeu doit encore s’étoffer.

Quand arrive l’heure du bilan, Jo-Wilfried Tsonga a de quoi sourire. L’année 2011 a été la plus probante de sa carrière, lui permettant de pointer aujourd’hui à la sixième place mondiale, au sortir de sa défaite en Masters Cup contre Roger Federer. De juillet à décembre, le résident suisse a côtoyé les meilleurs. Demi-finaliste de Wimbledon, au terme d’un match époustouflant en cinq sets contre Roger Federer, Tsonga a enchaîné avec un quart à l’US Open, des finales à Bercy et à Londres. Au passage, il a accroché deux titres supplémentaires à son palmarès à Vienne et à Metz. Et dire qu’il était 22e joueur mondial début mai…

Mais l’ancien protégé d’Eric Winogradsky ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Il veut viser plus haut encore. Ses objectifs restant une victoire en Grand Chelem ou en Coupe Davis, voire un meilleur classement ATP. Pour ce faire, certains secteurs de son jeu doivent encore progresser : "Je dois être plus rapide, me déplacer mieux. Peut-être qu'alors j'aurai des résultats encore meilleurs" concédait-il après sa finale à Londres dimanche. De quoi enfin venir perturber les quatre géants du circuit que sont Djokovic, Nadal, Federer et Murray : "J'ai l'impression de pouvoir aller chercher les tout meilleurs. Déjà si Roger n'était pas là, j'aurais deux ou trois titres de plus à mon palmarès. Je ne suis pas loin et il faut que je continue à progresser. Je suis persuadé que ça passe par le physique, mais aussi par beaucoup d'autres choses. J'ai aussi besoin de travailler techniquement, de progresser tout simplement."

"Parfois, nous sommes déjà trois dans ma tête, c'est suffisant".

Les secteurs clés à travailler pour l’originaire de la Sarthe ? Les retours de service et le revers. Dans les autres compartiments du jeu, en coup droit et notamment au service (825 aces en 2011, le record de la saison), il n’a pas grand-chose à envier aux meilleurs. Une plus grande qualité défensive lui permettrait également de se rapprocher du top niveau, capable de remporter des matchs importants dans des jours "sans".

Des projets pour l’avenir. Le tout, sans entraîneur. Depuis le mois d’avril, c’est en cavalier seul que le numéro 1 français progresse. Exit Winogradsky, son partenaire durant sept ans, bonjour liberté ! Et quant à savoir s’il compte trouver quelqu’un d’autre, le finaliste de l’Open d’Australie 2008 préfère plaisanter : "Pourquoi me parlez-vous d'un entraîneur ? Mon jeu progresse sans cesse. Parfois, nous sommes déjà trois dans ma tête, c'est suffisant".

Pas d’inquiétude, le numéro 1 tricolore est loin d’être schizophrène. Il prend juste plaisir à faire son métier, en dehors, et sur les courts. Une envie retrouvée au cours de la saison, lui permettant de viser plus loin. "Je croyais avoir fait le tour, mais en fait pas du tout, j'ai encore des milliers de choses à apprendre. C'est pour ça que je m'éclate". Aujourd’hui sixième mondial, il sait que son classement ATP peut encore progresser. Sa première moitié de saison 2011 ayant été plus que moyenne, le Manceau défendra très peu de points jusqu’à Roland-Garros. David Ferrer, cinquième joueur mondial et qui le précède de 545 points devra en revanche défendre une demi-finale à l’Open d’Australie, là où le Français n’avait pas dépassé le troisième tour l'an passé. A 26 ans, 2012 pourrait donc être l’année de l’explosion pour "Jo". A condition bien sûr que son physique tienne. La seule inconnue, mais de taille.

Vincent Fossiez @VincentFossiez