Janko Tipsarevic
Le Serbe Janko Tipsarevic | AFP - MIGUEL MEDINA

Tipsarevic en course, Almagro hors du coup

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Obligé d'atteindre au moins la finale pour avoir une chance de se qualifier pour le Masters de Londres, Janko Tipsarevic (N.11) a rempli le premier de ses cinq contrats, en battant Alex Bogomolov Jr 6-1, 6-0, pour le compte du 2e tour du BNP Paribas Masters de Bercy. Ce n'est plus le cas de Nicolas Almagro (N.9), éliminé par Seppi 6-3, 7-5. Sorti des qualifications, Nicolas Mahut a vu son excellent parcours s'arrêter face à David Ferrer (N.4) qui s'impose 6-4, 6-4.

LE TABLEAU DU BNP PARIBAS MASTERS DE BERCY

Bercy se trouve toujours au carrefour de deux grandes ambitions finales. Dernier tournoi "ouvert", il précède le Masters et aussi la finale de la Coupe Davis. Au-delà de la simple performance parisienne, certains voient plus loin.

Tipsarevic autoritaire

Dans la ligne de mire de certains joueurs: le Masters de Londres. Onzième joueur à la Race, Janko Tipsarevic se trouve dans l'obligation d'atteindre au moins la finale à Bercy pour espérer accrocher la capitale londonienne à son programme dans dix jours. Son entrée en matière n'a pas laissé le moindre doute sur sa motivation. Opposé à Alex Bogomolov Jr, qu'il avait déjà dominé voici quelques jours à St-Pétersbourg (6-2, 6-1), le Serbe n'a passsé que trois-quarts d'heure sur le terrain. Un seul petit jeu concédé, une victoire 6-1, 6-0, la tête de série N.11 n'a pas fait de détails. Mais pour poursuivre son rêve, il devra franchir le très grand obstacle au prochain tour, celui formé par le mètre quatre-vingt-seize de Tomas Berdych (N.5), vainqueur ici en 2005.

Almagro perd beaucoup

C'était le seul joueur à avoir un double défi à Bercy. Tête de série N.9, Nicolas Almagro pouvait toujours nourrir l'espoir de se qualifier pour le Masters de Londres, mais il jouait aussi pour convaincre son capitaine, Albert Costa, de le sélectionner pour la finale de la Coupe Davis avec l'Espagne. Surface rapide et indoor se marient généralement assez mal avec ce joueur. Ses faits d'arme, c'est sur la terre-battue qu'ils les réalisent. Défait dès le 1er tour la semaine dernière sur les courts intérieurs de Valence, il a une nouvelle fois été au tapis d'entrée de jeu à Bercy. L'Italien Andreas Seppi l'a copieusement dominé, même s'il a eu à chaque fois du mal à finir le travail en fin de set. Avec cette victoire 6-3, 7-5 en 1h20 sur le petit court N.1, le 46e mondial a mis fin aux légers espoirs de l'Espagnol pour Londres. Du même coup, les positions de Berdych, Tsonga et Fish sont renforcées, eux qui occupent les trois dernières places pouvant mener dans la capitale londonienne. Ils ne sont plus que trois à pouvoir prétendre priver ce trio du voyage: Tipsarevic, Simon et Monfils. Mais ils doivent tous atteindre la finale, au moins. Quant à la finale de la Coupe Davis contre l'Argentine, le fait que cela se passe sur terre-battue, à Seville, pourrait lui sauver la mise, même si Fernando Verdasco est préféré pour faire équipe en double avec Feliciano Lopez, alors que les places en simple semblent assurées pour Rafael Nadal et David Ferrer.

Fish impressionne

Huitième au classement de la Race et pour l'instant dernier détenteur d'un billet pour le Masters, Mardy Fish sait qu'il doit atteindre les quarts de finale du tournoi pour ne pas s'inquiéter des performances de ses concurrents. Opposé à Florian Mayer, la tête de série N.7 n'a pas fait de détails. Cinquante-six minutes de match, trois jeux perdus pour une victoire 6-1, 6-2, voilà comment le 22e mondial a terminé sa saison 2011, encaissant un troisième revers en quatre match contre cet adversaire. En se qualifiant pour les 8e de finale, l'Américain se rapproche de Londres. Gaël Monfils ne peut plus l'empêcher d'y aller, seule une victoire de Tipsarevic ou de Simon pouvant encore le priver de son billet.

Mahut presque sans regret

En 2010, les Français étaient soumis à l'observation de leur capitaine à quelques jours de la finale de la Coupe Davis en Serbie. Cette année, c'est Albert Costa qui épie l'ensemble des troupes ibères, hormis Rafael Nadal au repos, en vue de la finale contre l'Argentine. Même si cela se jouera sur terre-battue. Dernière épreuve de la saison avant le Masters et avant le dernier acte de l'épreuve par équipes, Bercy représente l'ultime moment d'affiner ses choix. Et le capitaine de l'Espagne, est très attentif. Derrière le court Central, il n'a pas raté une miette de l'entrée en lice de David Ferrer face à Nicolas Mahut. L'habituel 2e joueur de simple ibère a rapidement pris ses marques au POPB, réalisant le break dès le troisième jeu pour mener (2-1). Après avoir sorti Juan Carlos Ferrero au 1er tour en venant des qualifications, le Français se savait obligé de casser le rythme, de varier beaucoup, d'employer la même méthode que contre l'ancien N.1 mondial, mais en mieux. Et cette petite subtilité faisait toute la différence.

Malgré quelques lobs et quelques amorties bien touchés, quelques montées à contre-temps, quelques volées et attaques de coup droit, il a dû se résoudre à la supériorité adverse. Dans cette première manche, il ne parvenait pas à se créer la moindre opportunité de prendre le service de Ferrer, qui concluait en 48 minutes (6-4). Le deuxième set était encore une fois très accroché, mais sur une double-faute dans le neuvième jeu, le Parisien abandonnait son engagement et permettait à l'Espagnol de servir pour le match (5-4). Le 5e mondial ne s'en privait pas après 1h27 de match, pour continuer son excellent parcours en cette fin de saison, lui qui a atteint au moins les demi-finales de chaque tournoi auquel il a participé depuis l'US Open. Nicolas Mahut, 95e mondial, reste une fois de plus bloqué au stade du 2e tour à Bercy. Mais les circonstances (décès de son neveu de 2 ans) et son très beau parcours (victoires sur Tomic, 39e mondial, Kubot, 58e, et Ferrero, 51e) donnent à son tournoi un aspect bien positif.

Esprit de compétition oblige, il évoquait tout de même quelques regrets: "Je suis un peu déçu. Aujourd'hui, il y avait la place de faire un peu mieux. Je n'ai pas bien servi, ce qui m'a obligé à plus batailler dans le jeu. Je manquais de jus, ce qui explique cette baisse au service." A chaud, il parvenait à prendre conscience des points positifs: "Je le joue pas dans sa filière, et je sens que je le frustre un peu. J'ai vécu de super bonnes choses en cette fin de saison sur le plan tennistique. Si mon corps tient, si je garde le même état d'esprit, j'ai encore de belles choses à faire. Mais je dois faire attention à mon corps." Après cette douloureuse épreuve, il sait que son esprit aura aussi besoin de temps pour se remettre.