Et de douze pour Nadal

Tennis - Monte Carlo : Et de douze pour Rafael Nadal ?

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Ce lundi, la saison de terre battue sera officiellement lancée pour les cadors du circuit avec le début du tournoi de Monte-Carlo. Sans Roger Federer, qui a décidé de faire l'impasse sur le Rocher, le plateau est tout de même extrêmement relevé : Rafael Nadal, Novak Djokovic, les jeunes stars du circuit et des Français en forme se disputeront le titre. Voici les quatre enjeux de ce premier Masters 1000 de la saison sur terre.

Rafael Nadal va-t-il tout emporter sur son passage ? 

Le scénario est vu et revu. Rafael Nadal qui arrive sur le Rocher claudiquant, après d'innombrables galères physiques sur surface dure et un début de saison en dents de scie (malgré une finale à Melbourne). La planète tennis qui se demande si l'Espagnol va connaître une saison blanche sur terre battue. Les adversaires qui nourrissent secrètement l'espoir de voir les genoux du Matador vriller. Et à la fin...Nadal lève les bras, ou s'effondre sur la terre, ou croque ses innombrables coupes. Comme si on ne retenait jamais la leçon : quand vient la terre, surgit le cannibale Nadal.

D'autant qu'à Monte-Carlo, Rafael Nadal ne joue pas tout à fait seul. Il y a ce supplément d'âme, ce sentiment d'invulnérabilité, qui lui a permis de remporter onze titres. Tout concourt à ce qu'il y produise son meilleur tennis : la météo, souvent ensoleillée et chaude, rend la terre propice au rebond haut. Son lift y fonctionne donc à merveille. Le court central est large et lui permet de reculer comme bon lui semble. Au premier entraînement de l'Espagnol ce samedi, les sensations semblaient bonnes. 

 En conférence de presse en revanche, il est apparu prudent. "J'ai vécu des moments difficiles récemment, a-t-il déclaré, dans des propos rapportés par l'AFP, il faut être honnête. Mais la seule façon d'en sortir, c'est de continuer à se battre, à travailler dur, même si parfois c'est difficile à accepter"

Gaël Monfils absent : un être vous manque et tout est dépeuplé pour les Bleus? 

Coup dur pour le camp des Français. Gaël Monfils a annoncé ce samedi, une heure après le tirage au sort, qu'il s'était blessé à la cheville à l'entraînement. Nouveau forfait, nouvelle désillusion après sa tournée américaine tronquée. Gaël Monfils était plein de promesses sur le premier trimestre ; son printemps européen s'inscrit, déjà, en pointillés. 

Mais les chances françaises n'en sont pas pour autant nulles. Il n'y a qu'à se tourner du côté de Marrakech cette semaine pour s'en apercevoir : trois Français ont atteint les demi-finales. Gilles Simon a réalisé un très bon tournoi, de même que Jo-Wilfried Tsonga qui est décidément sur le retour. Benoît Paire a véritablement lancé sa saison. Arrivé sur ocre avec une série de défaites au premier tour, il a enfin pu retrouver des sensations et de l'envie. Seul hic ? Il n'a pas été choisi par la direction du Masters de Monte-Carlo parmi les Wildcards ; lui qui figure cette semaine en dehors du Top 60. Et il n'a pas caché sa frustration sur twitter. 
 

Toujours est-il qu'avec un Jo Tsonga en jambes, un Lucas Pouille prêt à profiter du passage sur terre battue pour enfin rebondir après sa superbe demi-finale à Melbourne, et un Ugo Humbert(s'il se qualifie pour le tableau final) de plus en plus régulier au plus haut niveau, les Français ont quelques cartes à jouer malgré l'absence d'atouts majeurs. 
 

Djokovic, Nishikori...ou les jeunes : qui pour défier Nadal ? 

Qui fera douter l'archi-favori ? Il y a bien sûr les vieux briscards. Novak Djokovic (N.1), Kei Nishikori (6e) ou Marin Cilic (11e) pourraient faire parler leur expérience. Le seul joueur à avoir poussé Nadal dans ses retranchements sur terre sur les deux dernières années, Dominic Thiem, pourrait également faire de la résistance. D'autant que, contrairement aux années précédentes, il a déjà brillé cette saison, et sur dur. Il semble donc affûté et plus prêt que jamais à relever le défi ibère.

Mais au-delà des habituels outsiders, cette saison 2019 sent le renouvellement. Voire la révolution. Et il y a fort à parier que la terre battue ne va pas déroger à la règle. Certes, le chef de file des jeunes n'est pas au mieux. Alexander Zverev (3e) vient de de faire méchamment débouter en quarts à Marrakech, laissant planer le doute sur sa capacité à rebondir sur sa surface fétiche. Mais les poursuivants sont voraces. Stefanos Tsitsipas (8e) a les dents longues depuis le début de l'année. Son jeu, tout en panache et en agressivité, fait de balles plutôt à plat, pourrait ne pas convenir à la surface. Mais ses résultats sont plutôt réguliers sur ocre : le Grec sait s'adapter grâce à sa palette technique. Il fera sûrement partie des prétendants. Karen Khachanov (12e) aura le temps d'armer ses grands coups de massue du fond de court. Daniil Medvedev (14e) doit encore faire ses preuves sur terre, particulièrement dans son déplacement ; encore un peu gauche la saison passée. pour les valeurs montantes, seront là pour faire douter Nadal. 

Auger-Aliassime, Shapovalov, Munar...Qui sera la surprise de la semaine ? 

Et puis il y a bien sûr l'attraction Félix Auger-Aliassime. Les organisateurs ne s'y sont pas trompés en l'invitant. 33e mondial à 18 ans, le Canadien réalise un début de saison canon. Outre ses performances dans les Masters 100 américain (demi-finale à Miami), il a notamment glané beaucoup de points sur terre-battue, pendant la tournée sud-américaine (finale à Rio, quart à Sao Paulo). La terre lui laisse le temps de poser son jeu. A 18 ans, il est aussi bien capable de générer de la vitesse avec son lift (condition indispensable pour briller sur cette surface) et de contrer, grâce son jeu de jambes déjà très précis. Il alterne entre agressivité et attentisme, à la manière d'un Djokovic dans ses plus jeunes années... De là à le voir gêner les plus grands, dont Rafa, chez lui, avant même ses 20 ans? 

D'autres jeunes pousses pourraient venir jouer les trouble-fête. Denis Shapovalov, également auteur d'une très bonne saison américaine, se trouve sur le chemin de Rafael Nadal (ils pourraient se rencontrer dès le 3e tour). S'il doit encore faire ses preuves sur terre, le Canadien possède le jeu qu'il faut - ultraoffensif - pour gêner Nadal, surtout dans les premiers tours. Borna Coric pourrait profiter de la terre battue pour retrouver des couleurs. L'Espagnol Jaume Munar est d'ores et déjà un spécialiste de la surface; et figure dans une partie de tableau plutôt ouverte - avec Kei Nishikori en ligne de mire.