Soderling Monfils Bercy trophée 11 2010
Robin Soderling soulève le trophée encore raté par Gaël Monfils | AFP - Jacques Demarthon

Soderling couronné à Bercy

Publié le , modifié le

Double finaliste à Roland-Garros ces deux dernières années, Robin Soderling (N.4) a trouvé la consécration à Bercy, en battant en finale Gaël Monfils (N.12) 6-1, 7-6 (7-1). Pour la 2e année consécutive, le Français échoue à ce stade de la compétition au POPB. Il ne rejoint donc pas le trio de vainqueurs tricolores (Forget, Grosjean, Tsonga) de Bercy. Le Suédois remporte ainsi son deuxième tournoi de la saison, son premier Masters 1000 à quelques jours du Masters.

Paris a ouvert ses bras. Ce n'est pas vraiment ce que le public attendait. Mais Robin Soderling, souvent chouchou à Roland-Garros lors de ces deux dernières années qui l'ont menées en finale, a bien terrassé le chouchou du POPB, Gaël Monfils. Arrivé fatigué par de récentes campagnes fructueuses, le Français ne rêvait certainement pas de retourner en finale à Bercy cette année. Mais après avoir battu pour la première fois en six matches Roger Federer en ayant sauvé cinq balles de match en demi-finales, il espérait ne pas sortir vaincu de la finale, comme cela avait été le cas l'an dernier contre Novak Djokovic. Totalement dominé, il n'a pas réédité sa performance de la veille en battant pour la première un joueur qui l'avait dominé lors de leurs deux seuls duels. Il passe ainsi à côté de l'occasion de remporter son deuxième titre de la saison (après Montpellier), le quatrième de sa carrière.

La clé de cette opposition entre deux cogneurs résidait bien évidemment dans la capacité à retourner les missiles adverses. Ayant chacun l'opportunité de gagner des points rapidement au service comme en coup droit, il fallait juste savoir lequel aurait le plus d'occasions de placer son coup fort et définitif. Avec 80% de points sur ses premiers services dans la première manche, la tête de série N.4 a logiquement pris le dessus, aidé il est vrai d'abord par une volée mal maitrisée du Français qui offrait le premier break sur sa deuxième occasion (3-1), mais plus généralement par l'absence, pour ce dernier, de toute opportunité de subtiliser l'engagement du protégé de Magnus Norman. Malgré sa nouvelle envie d'aller vers le filet dans ce tournoi, la tête de série N.12 se faisait cueillir par un passing-shot de revers croisé qui donnait un double break (5-1) alors qu'il menait (40-15) dans ce jeu. N'ayant marqué que deux points sur cinq montées (contre 8 points marqués sur 10 montées pour son adversaire), Gaël Monfils n'était pas vraiment encouragé à poursuivre son effort. Tout cela aboutissait à un premier set remporté de façon expéditive sur le score de 6-1 en vingt-six minutes.

Un peu sonné, l'élève de Roger Rasheed continuait à subir le jeu, mais il parvenait à conserver l'avantage de son engagement sans laisser le Suédois flirter avec le break. Mais cela n'était pas pour autant d'une grande facilité. L'espoir demeurait, le Parisien menant (5-4), puis (6-5). Et fort logiquement, face à l'incapacité de Gaël Monfils à se procurer la moindre balle de break, les deux joueurs s'en remettaient au jeu décisif. Premier échange de fond de court, et faute de revers du Français alors qu'il servait, le premier mini-break était fait d'entrée (1-0). Toujours intraitable derrière ses mises en jeu et venant avec bonheur au filet, Robin Soderling accroissait son avance en profitant d'un mauvais jugement du juge de ligne comme de son adversaire pour, après l'utilisation bénéfique du hawk-eye, faire un mini-break de plus (4-1). Et c'est au filet qu'il venait terminer le travail, pour remporter le jeu décisif et le tournoi (7-1) après 1h17 de match. Sans jamais sur-jouer, en dominant simplement le 14e mondial qui a certainement laissé beaucoup d'énergie dans sa demi-finale, le Suédois termine l'épreuve avec le plus d'aces au compteur (9 aujourd'hui pour un total de 64, Llodra étant 2e à 60), et en ayant affiché une belle maîtrise.

Vainqueur de Gilles Simon, de Michael Llodra (après avoir sauvé trois balles de match), Robin Soderling a donc poursuivi sa moisson de Français pour remporter son premier Masters 1000 en carrière, pour sa première présence en finale. Demi-finaliste du Masters de Londres l'an dernier, il y retournera en pleine confiance, source des plus grands dangers pour ses adversaires. Après cette belle semaine, Gaël Monfils peut, lui, se plonger dans la finale de la Coupe Davis qui aura lieu dans trois semaines à Belgrade. Le dernier objectif d'une saison bien remplie, pour lequel il devra retrouver beaucoup de fraîcheur physique, certainement ce qui lui a manqué le plus lors de cette finale.

Réactions

Robin Soderling: "J'étais extrêmement nerveux avant ce match. Je n'ai pas vraiment bien dormi cette nuit. Je voulais vraiment bien faire. Je suis très heureux de la manière dont j'ai commencé le match. Dès le départ, j'ai bien joué. Ce qui a fait la différence, c'est qu'il ne servait pas très bien au début. Après le premier set, c'est plus facile pour moi, même s'il a commencé à mieux jouer. J'étais plus détendu à ce moment-là, et j'arrivais à attaquer mes coups. A la fin, je crois que j'ai vraiment bien joué un très très bon jeu décisif, et je suis heureux d'avoir pu jouer mon meilleur tennis au moment important. Ma seule chance était d'être agressif et de le faire courir. C'était ma tactique. Gagner un titre est toujours plus important que de perdre une finale, évidemment. Mais arriver en finale d'un Grand Chelem, cela montre bien que vous avez très bien joué et je l'ai fait deux fois d'affilée maintenant. mais bien sûr que je suis très heureux de ce titre ici. J'ai toujours su que si j'arrivais à jouer mon meilleur tennis, j'étais capable de battre n'importe qui. Toute la question était d'arriver à le faire match après match, et pas seulement sur un ou deux matches par ci par là. C'est là où j'ai le plus progressé. Je me sens capable de battre les meilleurs joueurs même si je ne joue pas mon meilleur tennis."