Gilles Simon
Gilles Simon | LIONEL BONAVENTURE / AFP

Simon : "Il est en confiance et frappe fort"

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Gilles Simon ne tarissait pas d’éloges en conférence de presse au sujet de son bourreau, Jerzy Janowicz. Battu en deux sets par le Polonais issu des qualifications, le numéro 3 français regrettait son trop grand déchet en premières balles mais il admettait la supériorité de son rival slave. "Je suis déçu car je suis capable de mieux faire" a-t-il confié, déjà tourné vers 2013 où il espère retrouver confiance dans son état physique.

Quelles sont tes sensations, tes impressions ?
GS : "J'ai joué sans surprise un adversaire qui est très en confiance et qui y va, on le sent, gaiement, qui a envie de frapper le plus fort possible à chaque fois. C'était l'impression que j'avais eue sur les matches précédents. Cela ne m'a pas tellement surpris. Il a une mise en jeu vraiment difficile à relancer. Je pense faire partie chaque année des meilleurs relanceurs du circuit, je n'ai jamais eu la moindre occasion. Cela allait vite tout le temps, tous les services. Sur mes mises en jeu, je n'ai pas été assez bon aujourd'hui. Cela restera mon regret. Face à ce type d'adversaire pour le faire douter, il faut finalement aussi être à l'aise sur ses mise en jeu, lui faire sentir qu'il n'aura pas d'occasion. Aujourd'hui, je n'ai pas réussi à le faire. Il a réussi à prendre l'ascendant systématiquement. Il a eu le temps de tenter tout ce qu'il avait à tenter. À un moment, c'est passé et il a gagné logiquement".

Tu peux décrire comment on se sent face à un tel adversaire sur le court, la tactique. A un moment donné, on se dit : "Il ne peut rien rater de toute manière".
"Ce n'est pas le premier très grand qui sert très fort contre qui je joue. Au niveau de la frustration, ça va. Au début, c'est énervant, après ça passe. Je savais ce qui m'attendait aujourd'hui. Je n'ai simplement pas réussi à mettre en place ce que je devais faire sur mes mises en jeu. On sait que l'on n’aura pas des occasions, peut-être une. Cela tient souvent de la réussite de partir du bon côté, sur le bon retour au bon moment. On sait que cela ne va pas être général de gagner 6-3, 6-2, ce n'est pas possible. Plus que son service, tout le monde a envie d'en parler parce que c’est l’arme. Finalement, j'ai le moins de choses à décider, je me mets en face et j'essaie de la retourner".

Il a quand même un jeu qui n'est pas courant même pour un grand serveur. Tu arrives à avoir une tactique claire ou il est imprévisible ?
"J'y arrive mais il faut que je sois plus performant sur mon service. Il faut que j'arrive à commencer mes jeux de service en ayant l'avantage, en envoyant à droite, à gauche. Ce n'était pas le cas aujourd'hui. J'avais une première balle qui ne passait jamais, cela lui laissait le temps sur le deuxième de varier avec des amorties, d'être agressif. Il est très bon à cela. La tactique, ce n'est pas de contrer cela mais d'empêcher de le faire et d'empêcher mon rythme au service, ce que je n'ai pas réussi à faire aujourd'hui".

Janowicz a 21 ans. Quel est ton impression sur ce joueur ? Ce sera un futur Top 10 ? Un futur Safin ?
"Je pense qu'il peut bien jouer. Il a montré cette semaine que quand il est en confiance, il est capable de battre d'excellents joueurs, et même mieux que cela avec sa victoire face à Murray. On le sent sûr de lui. Je n'aime pas juger sur un tournoi parce que j'ai envie moi-même de voir ce que cela va donner dehors, avec du vent. Le coup droit qui part à 160, j'ai l'impression que c'est presque un service parfois. J'attends de voir s'il sera aussi précis dans d'autres conditions. Aujourd'hui, il est en confiance. On saura que quand il est bien parti, il est dur à arrêter".

Comment tu qualifierais ta fin de saison avec cette demi-finale à Bercy ? Elle est satisfaisante pour toi ?
"On se satisfait jamais de perdre, peu importe que ce soit au premier tour, en demi ou en finale. J'imagine que dans deux semaines, je me dirai « c'est bien ». Là, tout de suite, je suis déçu. Cela reste un adversaire qui est à ma portée. Je n'ai pas eu l'impression d'avoir fait un grand match non plus. Je sais que je peux mieux faire, je n'ai pas été capable, cela reste une déception de perdre aujourd'hui. J'ai juste envie de m'appuyer sur ce que je n'ai pas réussi à faire pour le travailler, continuer à améliorer cela pour faire mieux la prochaine fois".

Sur ta saison, globalement, quel bilan tu tires ?
"Cela a été une saison extrêmement pénible pour moi à jouer dans le sens où j'ai manqué de sérénité à tous les niveaux d'abord physiquement. Peu à peu c’est rentré dans ma tête. C'était dur à chaque fois d'aller sur le terrain sans avoir la certitude de pouvoir livrer le combat que j'aimerais mener à chaque fois. J'ai besoin de retrouver confiance dans mon corps, dans mon état physique, sentir que je peux y aller à fond, que cela tient pour pouvoir être plus serein dans mon jeu et ma tête".

Physiquement, tu vas bosser différemment aussi ?
"Oui. Je vais mettre l'accent là-dessus en tout cas. L'hiver, j'en profite pour courir, travailler le cardio parce qu’après, la saison est longue. C'est le seul moment où on peut le faire. Je vais essayer plus d'être sur le côté soin et faire attention à mon corps".