Rafael Nadal ATP Hambourg 2015 coup droit
Rafael Nadal | Daniel Bockwoldt / DPA / dpa Picture-Alliance/AFP

Rafael Nadal : à quand le sursaut ?

Publié le , modifié le

Rafael Nadal va mal. C’est le constat qui a été largement posé depuis le début de la saison et de manière encore plus prégnante il y a quelques semaines, suite à son élimination dès le second tour de Wimbledon par l'Allemand Dustin Brown, alors 102e joueur mondial. Celui qui a tout gagné – ou presque – traverse une saison noire, la pire qu’il ait connu depuis plus de 10 ans. Engagé contre tout attente au tournoi de Hambourg, le Majorquin, renoue avec sa surface de prédilection, la terre battue, et espère sans doute que sa victoire au premier tour, face à son compatriote Fernando Verdasco, est annonciatrice d’un futur plus glorieux.

Lauréat de deux titres - mineurs - à Buenos Aires et Stuttgart, Nadal n'a pas fait mieux que les quarts de finale en Grand Chelem cette saison. Même Roland-Garros, où il  a été titré à neuf reprises, s'est refusé à lui. Avec ses résultats plutôt maigres, l’Espagnol a logiquement chuté au classement ATP – il est désormais 10e – lui qui avait pourtant squatté les sommets pendant 141 semaines consécutives. Mais, voilà, conscient d’être au creux de la vague, Nadal a choisi de bousculer ses habitudes pour tenter de retrouver son meilleur niveau.

Nadal en quête de points

« Normalement, l’été, c’est fait pour se relaxer et préparer le tournée américaine sur dur, explique-t-il dans les colonnes de L’Equipe. Mais cette année, la situation est différente. J’ai perdu plus que pendant les onze saisons précédentes. Mon corps me demande des matches. Alors, me voilà ».  Et d’ajouter : « Il faut que je prenne des points pour finir l’année en bonne position » (ndlr : pour le Masters). C’est dans cet état d’esprit que l’Espagnol a débarqué à Hambourg, avec la certitude que seul le travail peut lui permettre de retourner au sommet. Mais à 29 ans, s’il semble avoir conservé un son caractère d’inoxydable travailleur, Nadal n’est plus aussi fort physiquement. Certains évoquent même une probable lassitude et un manque de « fraîcheur mentale ».

Interrogé sur le sujet, l’entraîneur américain Nick Bollettieri estime « possible que les blessures et le prix qu’il a fait payer à son corps se rappellent à lui ». Quoi qu’il en soit, en battant Verdasco au premier tour du tournoi de Hambourg – et même s’il a connu un premier  set difficile  – Nadal a réussi une première étape dans son opération rachat. La prochaine ? Un huitième de finale contre le Tchèque Jiri Vesely (45e) ou  l'Autrichien Andreas Haider-Maurer (58e). Un match largement à sa portée sur lequel il ne peut buter sans risquer de susciter une nouvelle vague d’inquiétude à son sujet.

Toni Nadal en sursis ?

Mais alors qu’il tente de se rassurer, Nadal est l’objet de nombreuses discussions, notamment au sujet de son entraîneur. « Il est peut-être temps que Rafa mette du sang frais dans son équipe. Ca ne va sûrement pas plaire à son oncle Toni (…), mais son neveu a besoin de nouvelles idées », avait estimé John McEnroe suite à l’élimination de l’Espagnol lors du 2e tour de Wimbledon. Très conservateur, Nadal ne semble pas disposé à remettre les méthodes de son oncle en question et encore moins de lui trouver un remplaçant. « S’il n’y a pas de résultats, c’est moi le fautif », affirmait-il il y  a quelques mois. Le lien familial qui unit les deux hommes n’est sans doute pas étranger à ce statu quo. Mais s’il souhaite ne plus être l’ombre du champion qu’il a été, Nadal va devoir réagir. Comme l’on fait avant lui Andy Murray, Roger Federer et Novak Djokovic. Avec succès. 

Isabelle Trancoën