Le Serbe Novak Djokovic
Novak Djokovic en difficulté | AFP - DPPI MEDIA - DAVE SHOPLAND

Novak Djokovic, le titre à Roland-Garros comme rêve et comme début de son cauchemar

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Après avoir conquis le dernier tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès à Roland-Garros, Novak Djokovic a connu une deuxième partie de saison catastrophique pour lui. Un seul titre remporté (contre 6 dans les 6 premiers mois) et surtout quatre mois passés sans en remporter un seul, cela ne lui était plus arrivé depuis la saison 2012. La perte du statut de N.1 mondial n'en est que la conséquence. Entre sa saison record de 2015 (11 titres, 6 défaites en 88 matches) et celle de 2016, l'une de ses pires depuis son arrivée au sommet, la différence est énorme.

Roland-Garros, l'aboutissement

"Je viens de vivre le plus grand moment de ma carrière ici à Paris". Novak Djokovic ne cachait ni son émotion ni l'importance de son succès à Roland-Garros, le 5 juin dernier. Après trois finales perdues (2012, 2014 et 2015), après deux éliminations en demi-finales (2011 et 2013), le Serbe avait enfin conquis le dernier tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès. Une victoire qui plus est acquise face à Andy Murray, devenu son premier rival dans la hiérarchie mondiale et qui l'avait battu en finale quinze jours avant à Rome. Il réalisait ainsi un Grand Chelem sur deux saisons (Wimbledon et US Open 2015, Australie et Roland-Garros 2016). 

Vidéo: La réaction de Novak Djokovic

Roland-Garros, la cassure

Comme d'autres grands sportifs, atteindre ce qui était devenu son objectif principal de chaque saison a marqué une cassure. A l'issue de sa défaite contre Andy Murray en finale du Masters de Londres, le Serbe l'a une nouvelle fois reconnu: "Les cinq derniers mois n'ont pas été l'idéal. Mais j'ai vécu tellement d'émotions au premier semestre avec notamment ma victoire à Roland-Garros. J'avais besoin de temps pour digérer mais je ne l'ai pas eu. Je me réjouis d'avoir six semaines sans tournoi devant moi. C'est un vrai luxe".

Engagé dans un rythme endiablé depuis la saison 2011, il n'a pas tenu durant les cinq derniers mois. Bien évidemment, en finissant avec 65 victoires pour 9 défaites et 7 titres, il peut faire pâlir le 3e mondial, Milos Raonic (52 victoires, 17 défaites et 1 seul titre). Mais par rapport à sa saison 2015 (82 victoires, 6 défaites, 11 titres et 4 finales sur 18 tournois disputés), ou par rapport à celle de 2011 (70 succès pour 6 défaites avec 10 titres à la clé), on en est loin.

Depuis Roland-Garros, un titre

Fatigué mentalement, Novak Djokovic a traversé la deuxième partie de saison comme un zombie. Bien sûr, tout est relatif, mais en ne décrochant qu'un seul titre (Toronto) depuis le tournoi de Roland-Garros, l'ancien N.1 mondial a vécu un calvaire. Sorti avant même la deuxième semaine à Wimbledon (3e tour contre Querrey) ce qui ne lui était plus arrivé en Grand Chelem depuis Roland-Garros 2009, il a vécu là un sacré arrêt, qui faisait écho à son élimination d'entrée à Monte-Carlo (une première en Masters 1000 depuis Madrid 2013). Eliminé au 1er tour aux Jeux Olympiques de Rio (par Juan Martin Del Potro), vaincu en finale de l'US Open (par Stan Wawrinka), en demi-finale du Masters 1000 de Shanghaï et en quarts à Bercy alors qu'il était triple tenant du titre, la fin de saison ne lui a pas permis de revenir au sommet.

Pire encore, avec cette défaite en finale du Masters de Londres, il termine la saison sur une période de quatre mois sans le moindre titre. Cela ne lui était plus arrivé depuis l'année 2012. A l'époque, il avait subi la loi sur terre battue de Nadal (finales Monte-Carlo, Rome, Roland-Garros, 1/4 Madrid contre Tipsarevic) comme sur le gazon (1/2 finale à Wimbledon contre Federer et aux JO de Londres contre Murray puis Del Potro pour la médaille de bronze). Désormais, place aux vacances. Est-ce que ce sera suffisant pour le relancer face à la montée en puissance d'Andy Murray ?

Reste une réalité des chiffres: s'il n'a pas réalisé une grande saison, Novak Djokovic termine l'année 2016 avec autant de défaites que le N.1 mondial, Andy Murray. Mais 13 victoires et deux titres de moins...