Rafael Nadal Rome 2012
Rafael Nadal | FILIPPO MONTEFORTE / AFP

Nadal va crescendo

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Largement dominé en début de demi-finale par David Ferrer, Rafael Nadal s'est montré opportuniste pour arracher le premier set au tie-break avant de dérouler dans la seconde manche (7-6, 6-0). Qualifié pour sa 7e finale à Rome, l'Espagnol affrontera Novak Djokovic, vainqueur du choc face à Roger Federer (6-2, 7-6).

Drôle de partition jouée par Nadal à Rome. D'abord atone, multipliant les couacs, l'Espagnol subissait le rythme du maestro Ferrer, implacable dans la direction des échanges. Toujours aussi véloce, le 6e joueur mondial poussait son compatriote à la faute et, après sept occasions de break manquées dès le premier jeu de service de Nadal, il parvenait à ses fins sur l'engagement suivant. Menant 3-1, Ferrer pensait peut-être avoir fait le plus dur. C'est mal connaître l'orgueil de Rafael Nadal. Opportuniste, le Majorquin convertissait sa seule balle de break pour aussitôt recoller au score (3-3). En dépit d'une domination toujours incontestable de Ferrer, qui se procurait deux autres possibilités de ravir le service adverse, Nadal s'accrochait et parvenait à rallier le tie-break. Dans ce jeu décisif irrespirable, le mental d'acier du n°3 mondial faisait une nouvelle fois la différence et il finissait par s'imposer finalement huit points à six. 

Déjà battu par son compatriote en finale à Barcelone il y a quelques semaines, et défait 14 fois sur 18 lors de leurs confrontations directes, Ferrer accusait sérieusement le coup. Subitement, le métronome se déréglait complètement et Nadal s'engouffrait joyeusement dans la brèche, la creusant à chaque fois un peu plus à grand renfort d'accélérations de coup droit. Le match baissait instantanément d'intensité et se résumait alors à un cavalier seul de "Rafa". Une dernière faute directe de Ferrer offrait sur un plateau sa 7e finale à Nadal, plus que jamais empereur à Rome. L'Espagnol, qu'une victoire finale repropulserait à la 2e place mondiale, attend désormais son adversaire dans l'arène. Ce sera Novak Djokovic, tombeur de Roger Federer. 

La revanche de Monte-Carlo

A quelques jours de Roland Garros, Novak Djokovic a lancé un avertissement. Le Serbe, qui fait du tournoi français son objectif n°1 de la saison, arrive en grande forme. Oubliés les atermoiements de Madrid et de sa terre battue bleue, Djoko a largement dominé un Federer dépassé en cadence. Hormis une petite frayeur en fin de second set, quand le Suisse sauva une balle de match à 5-4 et poussa au tie-break le n°1 mondial, ce dernier ne s'est jamais désuni. Vainqueur sept points à quatre dans le jeu décisif, Djokovic aura su, tout au long de ce match, mettre la pression sur l'engagement de Federer, trahi par sa première balle (49%). C'est donc une explication de costauds que vont se livrer le Serbe et Rafael Nadal dimanche. Vainqueur de l'Espagnol l'an passé ici-même, Djokovic aura à coeur de prendre sa revanche sur la dernière finale de Monte-Carlo où, perturbé par le décès de son grand-père, il n'était pas à 100% pour lutter contre le Majorquin. Cette rencontre sera surtout le meilleur moyen de marquer des points psychologiques importants avant le début de Roland Garros.

Déclarations :

Novak Djokovic: "Ce sera dur parce que (Rafael) Nadal est un des meilleurs tennismen de l'histoire sur terre battue, mais je sais que je peux le battre. C'est un de mes meilleurs matches sur terre battue cette année. Je suis resté très concentré, et très agressif. C'est encourageant en vue de Roland Garros"
Roger Federer: "J'ai eu du mal à produire mon jeu. J'ai beaucoup joué ces derniers temps, je suis un peu fatigué. Maintenant je vais me reposer quelques jours."

Julien Lamotte