Le coup droit magistral de Rafael Nadal
Le coup droit magistral de Rafael Nadal | SEBASTIEN NOGIER / AFP

Nadal atomise Djokovic

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L'Espagnol Rafael Nadal a remporté son huitième masters 1000 de Monte Carlo d'affilée en surclassant le Serbe en deux manches 6-3, 6-1. Invaincu depuis 2005 sur le Rocher, il a gagné son 42e match d'affilée et met fin une série de sept défaites d'affilée, toutes en finale, face au numéro 1 mondial. Une leçon de terre pour amasser son 20e Masters 1000. Ce chiffre de 8 titres consécutifs est un record sur le circuit ATP.

"Chapeau bas. Il n'y a pas  beaucoup de mots pour décrire ça. Fantastique, impressionnant. La manière dont  il se donne à son sport en fait un champion exemplaire."Les mots de Djokovic en disent long le bilan terrien de Nadal qui aura perdu seulement 29 jeux en cinq matches depuis le début de la  semaine. Il remporte son 32e titre sur terre battue, restant devancé au  palmarès par Thomas Muster (40) et Guillermo Vilas (45). Il n'a perdu que deux  de ses 59 derniers matches sur cette surface, tous les deux face à Djokovic. Personne avant lui n'avait gagné plus de trois fois Monte-Carlo.Lui en est à 8 d'affilée. "J'ai toujours eu des sensations extraordinaires sur ce court. Novak, ton niveau de jeu a été incroyable lors de nos sept dernières finale, merci pour celle-là !", a déclaré Rafael Nadal sur le court après sa démonstration.

Dès l'entame de match, les joueurs se son jaugés lors de long rallyes. Plus à l'aise dans son jardin, Nadal a pris le service de son adversaire dès le troisième jeu pour se détacher au score (3-1). Avec son coup droit, l'Espagnol ne s'est pas posé de question pour mettre sous pression le Serbe et finir les points au filet. La suite du set a montré un Nadal régulier au service (80%) et solide dans son jeu et un Djokovic intermittent (8 coups gagnants comme Nadal mais 14 fautes directes) et gêné par la balle lourde de son rival. Logiquement, le numéro deux mondial conclu la première manche en prenant à nouveau le service de "Djoko" (6-3).

Djokovic sans jus

Du coup, Nadal a entame la seconde manche pied au plancher en prenant le score puis le service de Djokovic après une nouvelle faute directe de ce dernier lors d'un énième rally (2-0). Il s'est montré décisif sur les balles de break. Pas forcément flamboyant cette semaine en raison peut-être du décès jeudi de son grand-père, Djokovic a montré des signes lassitudes physiques et des sauts de concentration. "Il mérite de gagner aujourd'hui, il était le meilleur. Mais le fait est qu'il  ne me restait plus aucune énergie sur le plan émotionnel", a reconnu Djokovic. Impitoyable, vif, percutant, le Majorquin a dicté l'échange comme jamais. Même en difficulté comme sur la balle de double break, il s'en est sorti grâce à un double coup prodigieux (lob+coup droit décroisé) pour mener 4-0.

Vexés, le numéro 1 mondial a débreaké une première dans la foulée grâce à un jeu blanc. Un léger répit car le Serbe, auteur de 25 fautes directes, a perdu dans la foulée son service (jeu blanc!) pour la quatrième fois d'affilée, la cinquième fois dans la rencontre. "J'ai fait  énormément d'erreurs directes. Je n'étais juste pas là. Je n'ai pas bien joué", a souligné Djokovic. "J'essayais juste de mettre la balle dans le court. Je n'ai jamais été  pris dans ce genre de situation émotionnelle avant (référence au décès jeudi de  son grand-père, ndlr). Dans ces circonstances, je suis juste heureux d'avoir  atteint la finale. Ça a été une semaine très difficile à traverser sur le plan  mental. J'ai gagné trois matches depuis que j'ai appris la nouvelle." Impressionnant de maîtrise, Nadal n'a pas fait de sentiment pour conclure sur un ace  et s'offrir sa huitième couronne sur le Rocher, son premier trophée depuis Roland-Garros 2011, et battre enfin Djokovic, une première depuis les Masters de Londres en 2010. Là, il n'y a pas eu match (1h et 18 mn). Nadal était trop fort.

Mathieu Baratas