Andy Murray
Andy Murray remporte son premier tournoi du Grand Chelem à Flushing Meadows | STAN HONDA / AFP

Murray met la Grande-Bretagne à ses pieds

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Très tôt promis à un futur radieux, Andy Murray, 25 ans, a surpassé les attentes placées en lui. Son triomphe à l'US Open, une première pour l'Ecossais en Grand Chelem, apparaît comme une véritable consécration. L'histoire d'amour avec la Grande-Bretagne, qui ne l'a pas toujours porté dans son cœur, est plus que jamais d'actualité. Mais que ce fut dur.

Il aurait pu devenir le premier joueur de tennis à perdre cinq finales du Grand Chelem. Mais en terrassant Novak Djokovic lors de l'ultime face à face de l'US Open, Andy Murray a forcé son destin pour s'adjuger le premier titre majeur du tennis britannique depuis 1936. Une performance historique, qui renforce s'il le fallait encore sa légitimité au sein du Big 4 mondial.

Première finale en 2008

Quatre années se sont écoulées depuis sa première finale de Grand Chelem. En 2008, sur ce même court Arthur Ashe, Andy Murray se faisait dévorer en trois sets par l'impitoyable Federer, sans remord au moment d'infliger au Britannique sa première désillusion en majeur. Il lui aura fallu patienter jusqu'à sa quatrième finale pour remporter son premier set, toujours face au Suisse, à Wimbledon cette fois. Et puis, enfin, la libération, contre un Djokovic qu'il côtoie depuis ses débuts.

Né de parents écossais, Murray commence le tennis à cinq ans, encouragé par sa mère, elle-même entraîneuse de tennis, qui l'accompagne à presque tous ses tournois. A 15 ans, alors qu'il pratique également le football, Andy Murray choisit le tennis et part s'installer à Barcelone pour s'entraîner à la Sanchez-Casal Academy à Barcelone où il rencontre un certain Rafael Nadal.

2012, le déclic

A 12 ans, il remporte le célèbre Orange Bowl en Floride, puis le fameux tournoi des "Petits As" à Tarbes, où Novak Djokovic échoue en quarts de finale. Murray et "Nole", nés à une semaine d'écart, se connaissent depuis qu'ils ont perdu leurs dents de lait. Tous deux promis aux plus grands succès, ils étaient programmés pour se défier. "Je suis heureux qu'il l'ait remportée", déclarait le Serbe à l'issue de sa finale perdue à l'US Open, un hommage qui en dit long sur le respect et l'amitié que se vouent les deux hommes.

Andy Murray fait bel et bien partie de la cour des grands. A Wimbledon, il avait fini en larmes, incapable de dissimuler sa détresse. Il ne le savait pas encore, mais la roue allait tourner. Et de quelle façon! Champion olympique à Londres, l'Ecossais réalise enfin son rêve en remportant Flushing Meadows, huit ans après son titre en Juniors. Désormais entraîné par Ivan Lendl, Murray ne se fixe plus aucune limite.

Quand Murray se met l'Angleterre à dos

Avec ce succès, c'est toute la Grande-Bretagne qui bombe le torse. Mais l'histoire d'amour a mis du temps à se dessiner. Il lui aura fallu un quart de siècle pour se débarrasser de son étiquette de "monsieur Grognon" mal aimé. En 2006, il commet LA faute qui lui met le grand public à dos : à la veille de la Coupe du monde de football 2006, il concède qu'il va soutenir "n'importe qui sauf l'Angleterre".

Puis, avec sa préférence maintes fois affichée pour le tournoi de Flushing Meadows plutôt que pour Wimbledon, il aggrave son cas. Son "Ecossitude" revendiquée et son forfait pour le 1er tour de Coupe Davis en février 2008 font encore grossir le nombre de ses détracteurs. Le tabloïde anglais Daily Mail va même jusqu'à poser la question qui fâche : "Andy veut-il jouer pour la Grande-Bretagne?".

Quatre ans plus tard, tout cela est oublié. Avec l'aide d'un conseiller en communication, il réussit à amadouer la presse britannique. Et ses larmes après sa défaite en finale de Wimbledon achèvent de lui offrir le soutient populaire. Aujourd'hui, c'est tout un pays qui se retrouve uni autour de l'Union Jack et des exploits sportifs de l'un des disciples de sa majesté. Plus de doute possible, Andy Murray est bel et bien le héros du tennis britannique.

Victor Patenôtre