Murray
Andy Murray | MIGUEL MEDINA / AFP

Murray impérial, Berdych envoie Tsonga à Londres

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Malmené comme rarement, Andy Roddick s'est incliné sèchement (6-2, 6-2) contre Andy Murray (N.2), qui confirme son statut de favori du Masters 1000 de Bercy. En quart, il jouera face à Tomas Berdych, vainqueur de sa bête noire, Janko Tipsarevic (7-5, 6-4). Cette défaite avait ouvert la voie du Masters de Londres à Jo-Wilfried Tsonga, tombeur ensuite d'Andreas Seppi 6-3, 6-4, et qui défiera Novak Djokovic (N.1), difficile vainqueur de Viktor Troicki 4-6, 6-3, 6-1.

Murray affole la concurrence

Jusqu'à présent, tout le monde s'accordait à dire que Roger Federer, Jo Wilfried Tsonga, voire Gaël Monfils représentaient des favoris à la victoire dans le tournoi. On a vu avec l'élimination précoce de Monfils que les pronostics ne sont pas, par nature, d'une grande fiabilité. Il est aussi des joueurs dont on parle moins souvent alors qu'ils se trouvent depuis des années sur le devant de la scène. C'est le cas d'Andy Murray, actuel troisième joueur mondial, et qui avance doucement dans le tournoi parisien. Plutôt discret, moins show-man que peut l'être un Novak Djokovic, le Britannique a comme souvent assuré l'essentiel à Bercy, sans pour autant briller. En six participations, le natif de Dunblane a toutefois atteint à trois reprises les quarts de finale (2007, 2008 et 2010), sans jamais dépasser ce stade. Mais son triplé asiatique (Bangkok, Tokyo, Shanghaï) l'avait déjà remis au premier plan. Ce n'était qu'une étape.

Roddick: "Je pense avoir bien mieux joué que lui aujourd'hui. J'étais d'une extrême tranquillité...".

Sa démonstration face à Andy Roddick pourrait rappeler à certains observateurs qu'il a bien toutes les armes pour espérer décrocher le 22e trophée de sa carrière, et imiter son compatriote Tim Henman, vainqueur en 2003. L'aisance de Murray sur le court si décrié du Palais Omnisports de Paris-Bercy était tellement déconcertante, que Andy Roddick, certes dans un mauvais jour, en a fracassé sa raquette, et pris du même coup un avertissement de l'arbitre de chaise. Après avoir déjà subi un peu glorieux 6-2 dans la première manche, l'Américain a été rapidement mené 3-0 après son geste de colère. Et la suite ne lui a pas vraiment été favorable, la deuxième manche se terminant sur le même score après tout juste 1 heure et 1 minute...

Tsonga sera à Londres et en quarts

Murray peut d'autant plus être confiant qu'au prochain tour, il se retrouverait contre un adversaire à sa portée. Il fera en effet face à Tomas Berdych qui a mis fin à une série de quatre défaites face au Serbe Janko Tipsarevic (7-5, 6-4). Cette performance fait d'autres heureux, à commencer par Jo-Wilfried Tsonga, qui se trouvait en concurrence avec le Serbe pour l'une des trois dernières places disponibles pour le Masters de Londres. Le Manceau retrouvera donc le tournoi des maîtres, auquel il avait déjà participé en 2008, l'année de sa finale à Melbourne mais aussi de son titre à Bercy... Tsonga valide dons son billet tout comme Berdych et Mardy Fish, les trois joueurs rejoignant Novak Djokovic, Rafael Nadal, Andy Murray, Roger Federer et David Ferrer dans le prestigieux tableau londonien.

Ce poids en moins sur les épaules, "Jo" est entré sur le court central comme un lion face à Andreas Seppi. Désormais avisé qu'avec ces balles sur cette surface, il était obligé de s'investir totalement dans chaque frappe, il n' pas hésité. Break d'entrée sur sa première et seule possibilité, supériorité de tous les instants, de meilleures sensations dont le révélateur se trouve être le nombre d'aces (7), aucune balle de break concédée, et la première manche dans la poche en trente minutes (6-3). Le début du deuxième set était beaucoup plus difficile pour la tête de série N.6. Commettant quelques erreurs, il laissait l'Italien reprendre confiance et le menacer. Heureusement, son service tenait bon, comme lors de ce quatrième jeu où il en servait deux dont un sur une balle de break, ou lors de ce sixième jeu o son 1e ace lui offrait une balle d'égalisation à (3-3).

En difficulté jusque-là, le Manceau faisait alors la différence en se procurant trois balles de break, et sur la deuxième, le Transalpin envoyait son coup droit court croisé dans le couloir (4-3). Malgré une occasion de refaire son retard sur le service du Français, ce dernier l'écartant avec un service canon, Andreas Seppi s'inclinait après 1h15 de jeu 6-3, 6-4 sur un dernier revers dans le filet. Pour la deuxième fois en trois affrontements, Jo-Wilfried Tsonga le domine. Il confirme ainsi sur le court son billet pour Londres, et s'ouvre du même coup les portes des quarts de finale. Cerise sur le gâteau, comme en 2008, année de son sacre ici, il affrontera Novak Djokovic. Voici trois ans, c'était dès les 8e de finale, et le Serbe n'était pas encore N.1 mondial.

Pour leur dixième affrontement sur le circuit, Tsonga tentera de remporter un sixième succès, et ainsi prendre sa revanche sur un joueur qui l'a battu lors de leurs deux derniers et seuls duels de la saison, en demi-finale à Wimbledon comme à Montreal.

Djokovic ne rate pas la dixième

Jean-François Caujolle, directeur du tournoi, avait annoncé avant l'épreuve que Novak Djokovic ne serait "pas à Bercy pour faire de la figuration". Viktor Troicki a bien dû se résoudre à cette évidence. Pour la dixième fois de suite, il s'est incliné contre son compatriote, n'ayant remporté que le premier de leurs duels sur le circuit. Loin de la polémique sur la disparition de sa prime en cas de forfait à Paris, le N.1 mondial a même montré à tout le monde qu'il était prêt à se battre pour rester en lice. Son service perdu d'entrée de jeu l'avait pourtant mis en difficulté, et s'il était parvenu à compenser ce déficit pour égaliser à (3-3), il perdait aussitôt son service et s'inclinait (6-4) après 42 minutes de jeu. Condamné à trouver des solutions, "Nole" inversait la tendance en début de deuxième manche en étant le premier à faire le break (2-0), mais encore un fois, il ne conservait pas cette supériorité au jeu suivant. Au septième jeu, il alignait quatre points consécutifs pour s'emparer de l'engagement de Troicki, qui menait pourtant (30-0), et revenait à un set partout (6-3). Bougeant mieux, retrouvant de son autorité et de son rythme, Djokovic passait la vitesse supérieure, menait rapidement (4-0) et ne laissait qu'un jeu à son copain pour s'imposer (6-1), sans offrir la moindre occasion de faire le break, dans ce 3e set. Après près de 2h de jeu, il se qualifiait ainsi pour les quarts de finale, où il retrouvera, comme en 2008, Jo-Wilfried Tsonga.

Double objectif atteint pour Berdych

Berdych: "J’ai encore fait une grande saison. C’est difficile de se placer dans le top 5, le Top 10. Mais y rester, ne serait-ce qu’un an de plus, l’est encore bien plus. C’est la deuxième fois que j’y arrive, et j’en suis extrêmement heureux".

Pour Berdych, cette qualification pour le Masters est une véritable consécration. Il s'agit en effet de sa deuxième participation d'affilée au prestigieux tournoi londonien. "Ce match était celui qui devait décider de m’envoyer ou non au Masters. Vous savez, il s’agissait de mon but premier cette année. L’autre but de ma saison, pour en avoir discuté avec mon coach, était de remporter au moins 50 matches cette année. Et il s’agissait du fameux 50e match, et contre Janko, contre qui je n’avais jamais gagner, c’était un jour vraiment spécial pour moi", a expliqué le Tchèque. "C’est encore un peu tôt pour ressentir ces émotions et les exprimer. Mais c’est simplement génial, vous savez. C’est juste que j’y retourne après l’an passé, avec la finale de Wimbledon, une demie à Paris, et d’autres résultats. Si quelqu’un m’avait dit l’an passé que je me qualifierai de nouveau, j’aurais dit oui tout de suite", a lancé le septième joueur mondial.

Fish arrête les frais

Comme Jo-Wilfried Tsonga, Mardy Fish avait son ticket en poche pour le Masters de Londres depuis l'élimination de Janko Tipsarevic par Tomas Berdych. Comme le Français, cela semblait lui avoir enlevé bien de la pression face à Juan Monaco, puisqu'il s'emparait de la première manche (6-1). L'Argentin était bien plus présent au deuxième set, et malgré deux balles de match, l'Américain ne parvenait pas à conclure la rencontre dans le jeu décisif, perdu (8/6). Contraint au troisième set, la tête de série N.7 montrait rapidement des signes de gênes. Et au troisième jeu, alors qu'il menait (2-1) sans trop se déplacer sur le court, le médecin faisait son entrée. Plusieurs minutes de massage, au niveau de l'adducteur de la jambe gauche, et il repartait dans la bataille. Mais ces grimaces et, peut-être aussi la perspective du Masters, ne le faisaient pas aller plus loin. Un point joué et perdu sans courir, et il enlevait son bandeau pour arrêter les frais. Vainqueur la veille de Gilles Simon dans le dernier match, Juan Monaco atteint pour la première fois de sa carrière les quarts de finale à Bercy, et il égale même sa meilleure performance sur dur (quarts de finale à Winstom-Salem en août dernier).

Romain Bonte