Andy Murray - Toronto 2010
Andy Murray a montré un niveau de jeu exceptionnel à Toronto | AFP - MATTHEW STOCKMAN

Murray avance l'esprit libre

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Séparé de Miles McLagan, son entraîneur depuis 2 ans et demi, Andy Murray a remporté à Toronto son premier tournoi de la saison. Nouvel état d'esprit pour de nouvelles ambitions. A deux semaines de l'US Open, jusqu'où peut aller le prodige écossais ?

Alors qu'il était à la poursuite d'un premier titre cette saison, Andy Murray a dû attendre de se séparer de son entraîneur, Miles McLagan, pour soulever son premier trophée. Désormais simplement aiguillé par Alex Corretja, le numéro 4 mondial a impressionné son monde en réalisant une semaine parfaite en terre canadienne. Tenant du titre, il a confirmé son affection pour le ciment en éliminant coup sur coup Rafael Nadal et Roger Federer et décrocher le 15e titre de sa carrière.

En plus du niveau de jeu impressionnant développé tout au long de la semaine, il faut noter l'attitude du numéro 1 britannique. Pas ou peu d'agacement, même sur les points les plus litigieux. Murray a affiché une sérénité rarement observée.

"La surface de l'US Open est ma préférée"

Comment expliquer une telle métamorphose par rapport au sept premiers mois de la saison ? Lui-même l'ignore. "A vrai dire je ne sais pas trop. C'est sans doute un peu normal puisque ma préparation a été optimale. Ca vous enlève vos doutes"

Bien sûr une victoire aussi éclatante pour un joueur déjà deux fois finaliste de Majeur s'accompagne d'une légitime question. Pourra t-il confirmer en Grand Chelem ? Depuis deux ans désormais, deux années de présence dans le top 4 du tennis mondial, cette interrogation est devenue récurrente pour l'Ecossais à l'approche des grandes échéances. Fort de ses expériences malheureuses en finales (en 2008 à l'US Open, en 2010 à l'Open d'Australie, battu à chaque fois par Roger Federer) Murray préfère garder la tête froide. " Il est important de ne pas trop se monter la tête. Il y a Cincinnati qui vient tout de suite et après l'US Open, avec ses matchs en trois sets. Il serait judicieux d'y arriver encore plus affuté. D'autant plus que la surface de l'US Open est ma préférée."

Cette dernière déclaration n'a rien d'une provocation gratuite. Le Britannique sait qu'il peut briller en fin de saison. D'abord à Cincinnati, où il s'est déjà imposé en 2008, avant de faire un quasi sans faute à Flushing Meadows. Il sera certainement l'homme à battre de la levée américaine.
En effet, en dominant Rafael Nadal en demi-finale de Toronto, il a confirmé sa domination sur l'Ibère sur dur cette saison, après l'avoir battu en quart de finale de l'Open d'Australie. Certes, à l'époque le Majorquin avait été contraint à l'abandon suite à une blessure au genou. La condition de Roger Federer soulève elle aussi quelques interrogations. Finaliste à Cincinnati, le Suisse a une fois de plus craqué en finale, comme à Madrid ou Halle. Alors qu'il avait été intraitable depuis six ans en Grand Chelem, il a également cédé deux fois en quart de finale à Roland-Garros et Wimbledon. Difficile de savoir s'il pourra récupérer le niveau de jeu qui l'a propulsé six fois consécutivement en finale du Grand Chelem américain, pour cinq titres.
S'il présente le même état d'esprit à New-York, en menant plus l'échange et en courant moins derrière la balle, l'Ecossais pourrait peut-être réaliser l'exploit que toute la Grande-Bretagne lui souhaite : être le premier joueur à décrocher un Majeur depuis Fred Perry. C'était en 1936, justement à l'US Open.