Monfils
Gaël Monfils | MIGUEL MEDINA / AFP

Monfils et Simon ratent leur entrée

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Finaliste lors des deux précédentes éditions, Gaël Monfils devait s’attendre à une belle bagarre face à Feliciano Lopez. La bagarre a bien eu lieu, mais elle a tourné en faveur de l’Espagnol, qui s’est imposé en deux sets, 6-3, 6-4. L'espoir d'une 4e victoire tricolore à Bercy s’est ainsi envolé. D'espoir, il en était moins question avec Gilles Simon, et cela s'est vérifié après une lourde défaite 6-4, 6-0 face à l'Argentin Juan Monaco...

Les deux hommes ne s’étaient rencontrés qu’une seule fois auparavant, et l’Espagnol avait déjà eu le dernier mot lors du tournoi de Johannesburg en 2010. Un peu plus d’un an après, Monfils n’a pas su trouver la clé pour dompter ce redoutable joueur. Déjà tombeur de Llodra la veille, Lopez est passé outre les nombreux aces (12 au total) du Parisien. Ce dernier n’avait d’ailleurs pas beaucoup d’autres arguments à proposer lors de cette rencontre, et il a connu bien trop de déchet sur sa première balle pour pouvoir rivaliser avec son adversaire, qui lui a eu le mérite de sauver trois balles de break.

L'éternel défaut de Monfils est bien son irrégularité. L'actuel 10e joueur mondial qui avait remporté récemment le quatrième tournoi de sa carrière à Stockholm, est toujours capable du pire, comme à Valence avec un très décevant quart de finale perdu face à Granollers. Alors qu'il menait 3-0 dans le premier set, et qu'il a même eu la possibilité de mener 4-0, Monfils est retombé dans ses travers. "Il a un jeu que je n'aime pas forcément, et je n'ai pas su saisir les opportunités qui s'offraient à moi", a déclaré le Français.

Monfils trop irrégulier

"Je me suis agacé un peu trop vite, et j'aurais pu le faire jouer plus", a-t-il analysé à chaud. "J'ai péché un peu plus sur les enchaînements, je n'ai pas très bien servi". Mais il explique aussi sa défaite par le fait que son adversaire a fait le boulot. "Il jouait juste, et remettait les balles sur le terrain sans problème". L'un des problèmes qu'a rencontré "la Monf'" réside dans sa lecture du jeu. "Je fais beaucoup de double fautes, comme à Valence, (...) j'ai essayé de faire des service-volées", a-t-il dit. Et c'est peut-être sur ce point précis que le Parisien a manqué de clairvoyance. Maintenant qu'il a élargi sa palette de jeu, Monfils a encore du mal à déterminer la stratégie à adopter. Il fait certes moins 'du 4 mètres derrière la ligne de fond de court', mais ses choix, lorsqu'ils sont différents de son ancienne manière de jouer ne sont pas forcément les plus judicieux. "J'arrive à venir à la volée, j'ai un bon service, mais le fait d'avoir plus de choix peut me compliquer les choses", a-t-il résumé.

Monfils qui avait fait du tournoi parisien son but principal de la fin de saison (voire peut-être de sa saison), n'a peut-être pas vu le danger venir dès son entrée en lice. Il faut dire qu'après deux finales de suite, surtout lorsque l'on joue "à domicile", une telle situation a de quoi vous donner des ailes. Tête de série N.8, Monfils comptait d'autant plus sur la victoire finale avant le début de la compétition, qu'elle lui était nécessaire pour avoir une chance de participer au Masters de Londres à la fin du mois. Cette défaite représente donc une grosse désillusion pour le joueur entraîné par Patrick Champagne.

Et de champagne il pourrait en être question pour Lopez qui s'est tout de même offert coup sur coup un demi-finaliste (Llodra) et un finaliste de l'an passé. Au prochain tour, l'Espagnol affrontera le géant américain John Isner. de son côté, Monfils sait que la saison se terminera avec une place proche du 15e rang mondial, bien au-delà de ses espérances du début de saison. Alors qu'il se sent paradoxalement mieux que les années précédentes, le Parisien sait qu'il va devoir effectuer une préparation très spécifique pour l'année prochaine, avec "des efforts longs pour enchaîner les tournois", et terminer l'année 2012 dans le Top 10.

Simon dépassé

En six participations à Bercy, Gilles Simon n’a jamais vraiment brillé. Ses deux huitièmes de finale en 2008 et 2009 ne pesaient déjà pas lourd pour un joueur qui avait atteint le sixième rang mondial en 2009. Et sa prestation face à Juan Monaco ne restera pas gravée dans l’histoire du tennis mondial. Désormais 14e à l’ATP, l’élève de Thierry Tulasne n’abordait donc pas ce rendez-vous parisien avec une pleine confiance. S’il a bien redressé la barre en début de saison avec notamment deux titres à Sydney et Hambourg, le Niçois connaît ces derniers temps une nouvelle baisse de forme. Avant même cette rencontre l’opposant au solide Juan Monaco, Simon avait accusé trois défaites en quatre sorties. "Je n'ai pas été bon tout simplement, je n'ai jamais trouvé le rythme dans  le match, je ne savais pas trop comment m'y prendre", a-t-il déclaré.

Dès la première manche, l’Argentin a pris le jeu à son compte, ne laissant pas la moindre balle de break au Français. En revanche, sur ses deux opportunités, une lui a été suffisante pour enlever le premier set 6-4, devant un public parisien médusé. Et la présence de Guy Forget dans les tribunes n’a pas vraiment aidé le Français. A 2-0, il a bien sauvé trois balles de break avant de lâcher finalement sur la quatrième. Mené alors 3-0, Simon a clairement lâché prise, et Monaco ne s’est pas vraiment gêné pour enfoncer le clou et achever son adversaire par un cinglant 6-0 dans le deuxième et dernier set. "Je suis content que la saison se termine d'une manière générale parce que  c'est long, que c'est dur physiquement et mentalement. Mais finir sur un 6-0,  ce n'est pas vraiment ce que je souhaitais", a-t-il ajouté. Monaco devra en revanche s’attendre à un tout autre scénario face à Mardy Fish, qu’il rencontrera au prochain tour.

Si l’ambition de Simon à Bercy n’était pas démesurée, cette élimination dès son entrée en lice n’est pas vraiment encourageante. Il faudra revoir sa copie pour 2012.

Romain Bonte