Mission impossible face à la Russie

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Privée de ses deux meilleures joueuses dans un contexte déjà délicat, l'équipe de France de Fed Cup aura besoin d'un exploit pour surprendre la Russie chez elle au premier tour ce week-end à Moscou.

"On n'aura vraiment rien à perdre", souligne le capitaine Nicolas Escudé et c'est un euphémisme puisque personne ne pourra reprocher à son groupe d'avoir failli si, comme tout l'indique, il revient bredouille de la capitale russe. Sur le papier, le rapport de forces est trop inégal. Avec d'un côté la Russie emmenée par Maria Sharapova et Svetlana Kuznetsova, anciennes N.1 et N.2 mondiales chargées des simples, ainsi que Dinara Safina, autre ex-N.1 mondiale et Anastasia Pavlyuchenka, actuelle 14e à la WTA.
Et de l'autre une équipe de France tractée par quatre joueuses - Alizé Cornet, Pauline Parmentier, Virginie Razzano et Julie Coin - dont aucune ne figure dans les soixante premières au classement mondial. Avec Marion Bartoli, 15e, et Aravane Rezaï, 21e, les chances françaises auraient été réelles. Mais Bartoli, sans même parler de ses réticences à jouer en Fed Cup, est blessée au mollet, alors que la deuxième a choisi de faire une pause pour gérer des problèmes personnels et familiaux. Escudé n'avait certainement pas besoin de ça pour négocier la pire période du tennis féminin français depuis des lustres, plombé par les retraites d'Amélie Mauresmo, Nathalie Dechy et Emilie Loit.

A Moscou, il va compter en simples sur Alizé Cornet, sa joueuse la mieux classée (67e), et Virginie Razzano, qui n'avait plus joué avec l'équipe de France depuis le barrage du Groupe mondial face au Japon en avril 2008. Les deux restent sur un Open d'Australie plutôt rassurant. Cornet a atteint le troisième tour où elle a poussé Kim Clijsters au tie-break au premier set. Razzano, 83e mondiale, a fait de même au deuxième tour contre Sharapova. "Franchement, Virginie n'était pas loin de gagner ce match", souligne Escudé qui a également vu "une Alizé Cornet qui revient très bien", même s'il est bien obligé d'admettre que "ce ne sont pas forcément les résultats escomptés".
Dans ces conditions, "se maintenir dans le groupe mondial serait une perf', comme ça l'est déjà depuis un an ou deux ans", ajoute Escudé qui n'aimerait pas entrer dans l'histoire comme le capitaine de la première relégation française en deuxième division depuis la création de la Fed Cup en 1963. Pour cela, il faudra soit gagner à Moscou et jouer la demi-finale face à l'Australie ou l'Italie. Soit, comme ça a été le cas ces trois dernières années, remporter le barrage les 16 et 17 avril face à un candidat à l'élite. Au printemps dernier, c'était l'Allemagne qui avait fait les frais de la capacité des Françaises à survivre. Escudé estime que cela permet à la France de rester sur "une dynamique positive" mais il ne va "pas se voiler la face non plus": son équipe ne débarque pas à Moscou "en tant que favori, loin de là".

AFP