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Roger Federer | AFP-Hache

Melzer fait voler Federer à Monte-Carlo

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Pour la première fois en quatre duels, Jurgen Melzer (N.7) a dominé 6-4, 6-4, Roger Federer (N.2) en quarts de finale du Masters 1000 de Monte-Carlo. Jamais couronné ici-même, le Suisse s'arrête là. L'Autrichien affrontera l'Espagnol David Ferrer (N.4), qui s'est qualifié aux dépens du Serbe Viktor Troicki 6-3, 6-3, et rejoint pour la 4e fois de la saison le dernier carré d'un tournoi. Pas de soucis pour Rafael Nadal (N.1), tombeur de Ljubicic 6-1, 6-3.

Melzer désoriente Federer

Roger Federer n'aime pas le vent. Et pour son quart de finale, il n'en a pas manqué sur le terrain du Monte-Carlo Country Club. Malgré sa fabuleuse technique, le Suisse n'apprécie pas l'inconstance et la versatilité d'Eole, et l'opposition de Jurgen Melzer ne l'a pas aidé. Si certains ont gardé de lui l'image de son non-match contre Jérémy Chardy en Coupe Davis, il faut l'effacer. Car sous le soleil azuréen, la tête de série N.7 a retrouvé la variété et les coups qui avaient fait de lui un brillant demi-finaliste à Roland-Garros en 2010. Avec son bras gauche, il a totalement déstabilisé l'ancien N.1 mondial, le renvoyant loin de sa ligne de fond de court, distillant très régulièrement quelques amorties bien maîtrisées et bien senties, qui désorientaient un peu plus son adversaire. Malgré sept occasions de faire le break, le N.3 mondial n'en a jamais convertie une seule, ratant autant d'occasions de faire douter son adversaire et surtout de recoller au score, quatre fois au premier set, trois fois au deuxième. N'ayant jamais battu son adversaire, ni même pris le moindre set en trois matches jusque-là (tous disputés l'an dernier), le natif de Vienne n'a pas tremblé au moment de conclure, sur une énième faute de l'Helvète, un revers chopé terminant dans le filet. Il se qualifie ainsi pour la première fois pour les demi-finales d'un Masters 1000 dans sa carrière.

"Jürgen a fait bon match, il s'est montré agressif mais je pense que j'aurais pu faire mieux, au début surtout. Mais je me suis fais breaker et c'est devenu plus dur", a avoué Federer. "Quand je rentre vraiment dans le match, le vent arrive. Ca m'a peut-être gêné un peu plus mais c'est plutôt une combinaison de plein de choses, comme le fait que je n'ai pas pu saisir mes chances. Les circonstances étaient difficiles avec le vent. L'an passé, c'était la pluie (à Rome, où il avait été battu par Ernests Gulbis-NDLR). C'est la vie. Je me réjouis pour les prochaines semaines si je peux bien m'entraîner chez moi en Suisse". Une certaine délivrance, voilà ce qui émanait des paroles de Jurgen Melzer: "Cette victoire a une saveur particulière pour moi. J'avais battu 'Rafa' (Nadal) et 'Nole' (Djokovic) l'année dernière mais celle-là me manquait encore. Je suis content d'y être arrivé. A la fin de ma carrière, je pense que c'est celle-ci que je retiendrai en premier. Ca a été un très bon match de ma part. A la fin, les conditions étaient difficiles, mais j'ai réussi à faire un minimum de fautes, surtout sur les balles de break en sa faveur. Sur terre battue, qui n'est pas la surface préférée de Federer, ça a été un peu plus facile."

Après trois finales ici-même (2006, 2007, 2008), Roger Federer voit encore Monte-Carlo s'arrêter prématurément, comme en 2009 en quarts de finale face à son compatriote Wawrinka, alors qu'en 2010, il n'était pas présent. L'ancien N.1 mondial a d'ailleurs hésité avant de venir cette année, et si cette défaite en quarts de finale est le plus mauvais résultat de son début de saison (après une victoire à Doha, une finale à Dubaï et trois demi-finales à l'Open d'Australie, Indian Wells et Miami), cette semaine lui a tout de même permis de se roder sur cette surface. Mais il est certain que les questions vont encore pleuvoir autour d'un possible déclin du Suisse, battu trois fois de suite par Djokovic et une fois par Nadal en 2011. Mais c'était déjà le cas en 2009, année où il a remporté pour la première fois de sa carrière le dernier Grand Chelem qui manquait à son palmarès: Roland-Garros. Après s'être arrêté en quarts à Monaco. Un présage ?

L'an passé, ce n'est autre que Rafael Nadal, futur vainqueur, qui avait mis fin au parcours de David Ferrer. Vainqueur à Auckland et Acapulco cette saison, l'Espagnol de 29 ans, qui a éliminé sans peine Feliciano Lopez (6-2, 6-0) et Milos Raonic (6-1, 6-3) lors des tours précédents, n'aura pas le N.1 mondial sur sa route avant la finale. En demie, il rencontrera samedi l'Autrichien Jürgen Melzer (N.7), après avoir écarté sans problème le Serbe Viktor Troicky, 6-3, 6-3.

Le vent n'a pas du tout perturbé Rafael Nadal. Le sextuple tenant du titre a conservé sa marge d'erreur grâce à son énorme lift, alors qu'Ivan Ljubicic avait toutes les peines à trouver le bon rythme, les bonnes trajectoires et la bonne longueur de balles. Le N.1 mondial a pleinement profité des erreurs du Croate, menant à bien son habituelle entreprise de destruction du jeu adverse, pour l'emporter en 1h19, 6-1, 6-3, après avoir dû sauver deux balles de break dans son dernier jeu de service. "C'était un jour difficile pour  jouer au tennis, il y avait beaucoup de vent et il changeait tout le temps de direction. C'est une belle victoire dans ces conditions. J'ai réussi à ajuster  mes coups. Mais ça a été très compliqué. C'est pourquoi c'est difficile aussi  d'analyser mon niveau de jeu. Aujourd'hui tout ce qui comptait était de gagner, peu importe la manière", a précisé l'Espagnol. Il affrontera en 1/2 finale le Britannique Andy Murray, vainqueur 6-2, 6-1 du Portugais Frederico Gil. C'est la deuxième fois que le N.4 mondial accède au dernier carré dans le  tournoi de monégasque après 2009 lorsqu'il avait été arrêté par Nadal, qui mène 9 à 4 dans leurs confrontations directes.

Romain Bonte