Rafael Nadal
Rafael Nadal | AFP

Masters de Londres : Revenu de nulle part, Rafael Nadal s'impose contre Daniil Medvedev et reste en vie

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Rafael Nadal revient de loin. Deux jours après avoir subi la loi d’Alexander Zverev dans un match très compliqué, l’Espagnol a bien failli se faire éjecter prématurément du Masters ce mercredi, s'imposant finalement 6-7(3), 6-3, 7-6(4). Il a eu besoin de trois sets fantastiques et de quasiment trois heures de jeu pour se défaire de Daniil Medvedev, qui s’est procuré une balle de match à 5-1 dans le troisième acte. Le numéro 1 mondial reste en lice pour la qualification en demi-finale alors que le Russe est lui déjà éliminé.

Décidément, ce Masters 2019 a décidé de faire de l’irrationnel sa spécialité. Après le combat de titans offert par Dominic Thiem et Novak Djokovic mardi soir, Rafael Nadal et Daniil Medvedev ont de nouveau joué avec les nerfs du public de l’O2 Arena de Londres ce mercredi. Et quel récital ! Bousculés chacun à leur tour dans ce remake de la finale du dernier US Open, l’Espagnol et le Russe se sont renvoyés coup pour coup. C’est finalement Nadal qui a eu le dernier mot, mais à quel prix. Mené 5-1 dans le troisième set, le Majorquin est revenu de nulle part et a même sauvé une balle de match pour l’emporter 7-6 (4) au tie-break décisif. Il jouera sa qualification contre Stefanos Tsitsipas tandis que Medvedev est éliminé.

Rarement l’Espagnol ne sera passé aussi proche de la déconvenue avant de s’en sortir in extremis. Dos au mur dans le troisième set, le numéro 1 mondial a puisé très, très loin dans ses ressources pour revenir au score, et l’emporter au terme d’un jeu décisif irrespirable. Car avant cela, il avait fait le nécessaire pour revenir dans la partie, malgré la perte du premier set au tie-break 7-6 (3).

Nadal a sauvé une balle de match

Bien décidé à saisir sa dernière chance de rallier le dernier-carré du Masters pour la première fois depuis 2015, le vainqueur de Roland-Garros et de l’US Open a haussé le ton en début de deuxième set, où il a breaké d’entrée un Medvedev moins à l’aise sur son service. Fébrile en fond de court, le Russe a laissé passer l’orage Nadal, qui n’a, lui, pas semblé gêné outre-mesure par sa blessure contractée à l’abdomen à Paris.

"Je n’ai pas à me plaindre sur le plan physique. Je n’ai ressenti aucune douleur aux abdominaux, et c’est bien la seule chose positive de ce match" avait d’ailleurs expliqué le Majorquin après sa défaite contre Zverev au premier match. Et pourtant, c’est un tout autre visage que le leader du classement ATP a affiché en début de troisième manche, comme si d’un coup d'un seul, la douleur était revenue. Complètement hors du coup, Rafael Nadal a concédé deux breaks d’entrée de jeu, enchaînant les fautes directe (80% des fautes de l'Espagnol ont été commises dans le 3e set). Mené 5-1, il a réussi à sauver une balle de match de son adversaire sur une superbe amortie. Peut-être le tournant de la partie.

Difficile de dire pourquoi où comment ce match a de nouveau basculé en faveur du Majorquin. La crispation d’un Medvedev incapable de convertir ses balles de break (4/6 manquées), ou la rage et la détermination d’un Nadal forcé de se battre pour conserver son trône ? Toujours est-il que ce match a plongé  dans l’irrationnel quand l’Espagnol a d’abord débreaké une première fois à 5-3, avant d’enchaîner un jeu de service impeccable.

Fébrile, visiblement agacé d’avoir manqué une balle de match, Daniil Medvedev a de nouveau craqué sur sa mise en jeu. Il a laissé son adversaire revenir à 5-5 alors que tout le public londonien pensait ce match plié. Dès lors, le numéro 1 mondial avait un ascendant psychologique dont il a su tirer profit dans le tie-break décisif. Nadal n’a eu besoin que d’une seule balle de match pour vaincre une troisième fois le Russe cette année et ainsi sauver sa peau dans ce tournoi des maîtres.

Medvedev n’avait perdu que 5 matches après avoir gagné le premier set en 2019. Il faudra désormais se souvenir de celui-là. Aussi fou qu’improbable, mais qui permet à Rafael Nadal de garder son destin entre ses mains. Il devra battre Stefanos Tsitsipas vendredi pour rejoindre le dernier carré.