Stefanos Tsitsipas
Stefanos Tsitsipas en pleine lumière après son titre | Glyn KIRK / AFP

Masters de Londres : L'avènement de Tsitsipas

Publié le , modifié le

Considéré comme un jeune loup en début de saison, Stefanos Tsitsipas a fini 2019 pied au plancher en remportant la finale du Masters aux dépens de Dominic Thiem (6-7, 6-2, 7-6). Si on savait le Grec extrêmement talentueux, c'est surtout sa maturité qui a surpris. A 21 ans, le plus jeune vainqueur du Tournoi des Maîtres depuis Lleyton Hewitt ne semble pas prêt de ralentir.

Jusqu'ici la Grèce pouvait s'enorgueillir du sang héllène qui coulait dans les veines de l'Américain Pete Sampras. Elle a désormais un représentant 100% local. Stefanos Tsitsipas, à 21 ans et 3 mois, est lancé sur l'autoroute du succès après sa victoire en finale du Masters de Londres. Une météorite que l'on avait pas forcément vue venir. D'abord relégué dans l'ombre de Zverev, Coric ou Kyrgios, les fameuses pépites estampillées Next Gen, le Grec a su attendre son heure pour éclore à la face du monde. 

Si son accession au plus haut niveau est programmée depuis ses succès chez les juniors et sa place de numéro 1 mondial, l'Athénien ne fait son entrée dans le top 10 qu'en 2019. Sa demi-finale à Melbourne le propulse sur le devant de la scène. S'en sont suivis des résultats erratiques, jeunesse et inexpérience obligent, mais une fois que toutes les pièces sont assemblées, Tsitsipas se révèle souvent injouable. Il remporte les tournois de Marseille et d'Estoril, se hisse en finale aux Masters 1000 de Madrid. Surtout, il prouve qu'il est sans doute le plus audacieux et le plus talentueux de tous les prétendus successeurs au trio Nadal-Djokovic-Federer.

A Tsitsipas de géant

Vainqueur du Masters Next Gen l'an passé, il a réussi un doublé inédit en s'imposant chez les "grands". Il est même le 6e plus jeune vainqueur et n'est précédé que par des géants du jeu. De bon augure pour la suite de sa carrière. Entre ses mains, ou celles de Thiem, seulement 26 ans, le tennis est en sûreté. "Cette finale qu'on a livrée sur le cours a vraiment été magnifique, je pense que c'est ce qui rend notre sport si grand, c'est de ça qu'est fait le tennis", se félicitait le héros du jour. 

Le plus dur n'étant pas d'arriver au sommet mais de s'y maintenir, le futur numéro 4 mondial doit désormais s'installer durablement et s'affirmer comme une affirmative crédible au Big 3. "Cette année a été ma meilleure année, mais je veux m'améliorer sans cesse", reconnaît le Grec. "J'ai battu quelques uns des meilleurs joueurs ce qui m'a donné de la confiance et j'ai gagné des matches dans des tournois Masters 1000 et du Grand Chelem, mais je pense que je peux faire mieux en Grand Chelem". 

Il peut déjà se vanter, même si ce n'est pas le genre de la maison, d'avoir battu Federer (à Melbourne et au Masters), Nadal (à Madrid) et Djokovic (à Shanghai) au cours de la même saison. Et sa marge de progression, notamment à la volée et au service, fait rêver. Ou trembler si l'on se trouve de l'autre côté du filet.