Federer tombe sur un roc nommé Zverev

Masters 1000 de Shanghai : Après Djokovic, au tour de Federer et Thiem de s'incliner en quarts

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C'est une journée noire pour les têtes d'affiche à Shanghaï. Après Novak Djokovic plus tôt face à Stefanos Tsitsipas, c'est au tour de Roger Federer et Dominic Thiem de trébucher. Malgré cinq balles de match magnifiquement sauvées par le Suisse en fin de deuxième set, c'est bien Alexander Zverev qui a eu le dernier mot, en trois sets (6-3, 6-7[7], 6-3). Matteo Berrettini n'a lui eu besoin que de deux sets et trois balles de matches pour prendre le meilleur sur Thiem (7-6[8], 6-4) et s'offrir un ticket pour les demi-finales du Masters 1000 chinois.

Etait-ce bien Roger Federer sur le court central du Masters de Shanghai ce vendredi ? Le Suisse est passé par toutes les émotions. De la léthargie de celui qui n'a qu'une idée en tête, celle de son lit douillet à l'hôtel, à l'euphorie du génie qui ne rate plus rien en fin de deuxième set ; et même, sur la fin, au joueur qui ne contrôle pas ses nerfs, et qui finit par laisser la victoire à son adversaire du jour. Federer a perdu en trois sets (6-3, 6-7, 6-3). Mais le score ne dit absolument rien de l'intensité émotionnelle (et tennistique, par moments) qu'a atteint ce quart de finale.

 

Un Federer moyen cache toujours...

Jusqu'au milieu du 2e set, on se dirigeait tranquillement vers une victoire plutôt facile d'Alexander Zverev. Comme face à David Goffin, Federer n'était pas convaincant. Jeu de jambes lourd, frappes cotonneuses, envie en berne : tout indiquait qu'on avait affaire à la face sombre du Suisse, celle qu'on voit de plus en plus souvent depuis sa légendaire défaite face à Novak Djokovic à Wimbledon en juillet. Alexander Zverev a même mené 6-3, 6-5, 40-0 sur son service. Personne ne croyait raisonnablement à ce moment-là, à voir les épaules tombantes du Suisse et le regard déterminé de l'Allemand, que nous n'en étions qu'à la moitié du match. 

Là, Federer a lâché la massue, et a sorti le pinceau. En cinq points, il a rappelé à ceux qui le voudraient de l'autre côté des tribunes aux côtés des grisonnantes légendes du circuit, ce qu'il pouvait encore donner, même à 38 ans, même sur le déclin. Federer a surgi. Cet autre Federer, qui ne réfléchit plus, qui ne grimace plus, qui ne vieillit plus, qui frappe comme il soufflerait sur des bougies. Cinq points d'un autre monde : deux demi-volées extraordinaires, des premières balles à la pelle, une agressivité qu'il déguise en grâce, en douceur, et en coups imparables. 

Zverev ne s'est pas laissé impressionné. Au contraire, il a su encore élever son niveau de jeu dans le tie-break, où il s'est procuré deux nouvelles balles de match. Mais le Suisse les a sauvées, une en attendant la faute de l'Allemand, l'autre en l'y forçant. 

Un point de pénalité, et c'est reparti

Au début du troisième set en revanche, Federer n'a pas pu tenir son niveau stratosphérique. La débauche d'énergie avait été trop grande, trop violente. Alexander Zverev, dont le niveau de jeu était définitivement plus haut en moyenne sur l'ensemble du match, n'a pas eu trop de mal à prendre son service, avant de confirmer son break. A 4-1, Federer semblait de nouveau au bord du précipice à 15-30 sur son service. Mais cette fois, c'est l'arbitre qui a déclenché la foudre du Suisse en le sanctionnant d'un point de pénalité pour avoir balancé une balle dans le public. 15-40, deux balles de break. Le numéro 3 mondial n'a pas du tout apprécié : il estimait ne pas l'avoir fait volontairement. Ni une, ni deux, Federer est revenu 4-2 dans la partie en claquant trois ou quatre beaux points. Mais Zverev n'allait plus jamais lâcher sa mise en jeu, bien trop solide ce samedi pour le virevoltant, mais tout de même irrégulier, champion suisse. 

Un dernier carré sous le signe de la jeunesse

Alexander Zverev se frottera à Matteo Berrettini pour une place en finale. L'Italien, sur la lancée de sa saison canon, s'est offert la scalp de Dominic Thiem (tête de série N°4) pour accrocher une septième demi-finale au palmarès de son année 2019. Contrairement à Novak Djokovic et Roger Federer un peu plus tôt, l'élimination de l'Autrichien ne constitue qu'une demi-surprise, tant il a souffert face au jeu millimétré et tout en puissance de l'Italien. 

Ce dernier s'offre une première demi-finale de Masters 1000, pour un dernier carré 100% Next Gen puisque de Matteo Berrettini, Alexander Zverev, Daniil Medvedev et Stefanos Tsitsipas, aucun n'affiche 24 ans au compteur.