Llodra: "On a tous la Coupe Davis au fond de nous"

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Après sa victoire au 1er tour de Bercy face à Starace, Michael Llodra n'a pas pu éviter les questions sur la finale de la Coupe Davis début décembre à Belgrade. S'il a bien tenté quelques contre-pieds avec son humour habituel, le pilier du double français depuis plusieurs années admet qu'"on y pense tous au fond de nous. On essaye de faire abstraction, mais c'est difficile." Fatigué, il prend encore plus de soins de son corps.

Michael Llodra fait partie des "bons clients". Avec lui, une conférence de presse n'est jamais insipide. Celle suivant sa victoire sur Potito Starace n'a pas dérogé à cette règle. De l'auto-dérision sur sa victoire "laborieuse" contre un joueur peu réputé sur surface rapide, sur ses douleurs un peu partout provenant de la "vieillerie", mais beaucoup de franchise et de lucidité. "En fin de saison, on a tous de petites douleurs. La saison est longue, elle laisse des traces. Là, je sens que je suis fatigué", avoue-t-il. Joueur majeur de l'équipe de France de Coupe Davis, certain (sauf blessure) de participer à la finale en Serbie au moins en tant que joueur de double, Michael Llodra ne fuit pas la réalité du moment.

- Pensez-vous à la finale de la Coupe Davis ?
- "Tant que je ne suis pas sélectionné... (sourire) Je suis concentré sur Bercy (sourire). J'y pense. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles je fais très attention à mon corps, sans doute plus que d'habitude. Je suis fatigué. Je commence à bien me connaître. J'essaye de passer un minimum de temps sur le terrain, mais j'essaye de le faire bien quand j'y suis. Le principal, c'est la santé, car pour la motivation et le niveau de jeu, je ne suis pas inquiet. Je n'ai pas envie de penser à Belgrade. Il peut arriver tellement de choses d'ici-là, comme nous l'a rappelé le forfait de "Jo" (Jo-Wilfried Tsonga, Ndlr). Mais au fond de nous, on y pense tous."

- Vous devez gérer votre physique mais vous ne pouvez pas vous économiser...
- "Il faut écouter son corps, et aussi se donner à fond. Il faut se concentrer sur l'essentiel, faire du qualitatif. Je fais attention sur le terrain, sur mon hygiène de vie, pour mettre le cap sur Belgrade. Il faut éviter la grosse blessure. Après Bercy, je couperai une semaine. Je gère, et j'ai pris l'habitude de le faire."

- Jouer à Bercy dans ce contexte met un peu plus de pression sur vous ?
- "On a tous envie de bien jouer à Bercy. C'est important pour les Français. Je suis Parisien, c'est une salle que j'adore. Mais c'est vrai que la Coupe Davis prend forcément le pas. On essaye d'en faire abstraction, mais c'est difficile. Gagner un maximum ici nous fera à tous beaucoup de bien. Aujourd'hui, il y avait pas mal de pression. Je n'avais pas gagné beaucoup de matches ces derniers temps. La surface est très rapide, et il faut jouer dessus pour se sentir à l'aise. Je n'ai pas fait un bon début. A un moment, j'ai vu que le slice était efficace, donc je l'ai utilisé. C'est bon d'avoir gagné."

- Au deuxième tour, vous affronterez John Isner, qui vous a battu la semaine dernière à Bâle en trois sets.
- "C'est un match intéressant. J'étais à deux points du bonheur la semaine dernière, mais je n'ai pas conclu. Ce sera une revanche. Lui va se sentir à l'aise sur cette surface rapide avec son service. Mais je n'ai rien à perdre."