Michael Llodra volée Bercy 2010
Michael Llodra | AFP - Jacques Demarthon

Llodra tombe de haut

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Un an après sa fantastique épopée qui l’avait conduit jusqu’en demi-finale, Michaël Llodra a connu un tout autre sort au Masters 1000 de Bercy. Malmené dans le premier set après avoir pourtant mené 3-1, le Parisien s’est finalement incliné au tie-break 7-6 (7), puis a perdu pied dans la deuxième manche 6-3. Cette élimination dès le premier tour lui coûtera également de nombreux points au classement mondial. Il pourrait en effet sortir du Top 50...

Les espoirs étaient pourtant importants du côté du Palais Omnisport de Paris-Bercy. Mais le joueur avait prévenu qu’il ne se sentait physiquement pas au mieux. « Même si c’est un peu dur physiquement car il s’agit du dernier tournoi de l’année, j’ai envie de donner le meilleur de moi-même dans cette salle magnifique », avait-il dit. Mais la volonté n’a pas été suffisante pour faire face à l’Espagnol Feliciano Lopez. Dans un duel de gauchers, « Mika » a pourtant rapidement retrouvé ses sensations, à l’image d’un passing long de ligne pour breaker et mener 3-1.

Le vent a tourné

A ce moment, les spectateurs du POPB pensaient bien avoir retrouvé le Llodra de 2010, capable de coups d’éclat, et remettant au goût du jour le service-volée de la belle époque. Mais Lopez n’a rien lâché, et a surtout profité d’un service de son adversaire bien trop faible (47% sur la première balle) pour pouvoir le pousser à bout. Après avoir concédé deux balles de break à 4-4, Llodra puisait dans ses ressources pour tenir la dragée haute au 21e joueur mondial, mais le vent avait tourné. Cette première manche devait finalement se jouer au tie-break et l’Espagnol, malgré cinq balles de set pour le Français, l’enlevait 7-6 (9-7).

Malheureusement, le Parisien avait tellement puisé dans ses ressources, que dans la deuxième manche il ne tenait plus la cadence imposée par son adversaire. Rapidement breaké, puis mené 4-1, Llodra sentait que le match lui échappait totalement. Il devait sans doute repenser au concert de louanges qu’il avait connu un an plus tôt dans ce même tournoi. Cette fois, il devait se rendre à l’évidence, sa fraîcheur physique n’était pas au rendez-vous en ce mois de novembre, et le récent vainqueur du Challenger d’Orléans s’inclinait en moins de deux heures 7-6, 6-3.

"Avec mon type de jeu, j'ai besoin de fraîcheur pour pouvoir m'imposer. J'ai bien eu cinq balles de set, alors forcément, je suis déçu de perdre au premier tour. Cela m'aurait fait marrer de jouer Gaël" (Monfils au deuxième tour, NDLR), a-t-il admis. Mais ce tournoi reste important à ses yeux et Llodra a d'ores et déjà l'intention de le programmer pour 2012. "Ce sera à moi de faire une bonne programmation pour l'année prochaine, qui sera en plus une année olympique. Il y a quatre ans, on n'était pas passé loin avec Arnaud (Clément, avec qui il avait pris la 4e place)", a rappelé "Mika".

La surface et les balles en cause

Outre la déception d’avoir été éjecté si tôt de l’un de ses tournois préférés, cette élimination rapide n’est vraiment pas une bonne opération d’un point de vue comptable. Demi-finaliste l’an passé, le joueur de 31 ans va probablement voir son classement chamboulé. Arrivé à Bercy avec l’étiquette de 32e joueur mondial, il devrait en sortir avec un classement au-delà du Top 50, de quoi être doublement déçu.

"J'abordais le tournoi sachant qu'il y avait beaucoup d'attente. Et je me suis vite rendu compte que cela allait être difficile", a indiqué Llodra. Mais le joueur explique que sa défaite est sans doute due aux conditions. Selon lui, "les balles n'avançaient pas, la surface est très lente". Llodra avait du mal à s'expliquer un tel changement pour le tournoi. "J'ai regardé le match de Roddick, et il n'y avait que des échanges du fond de court. Il était difficile dans ces conditions de développer un jeu au filet", a-t-il lancé, un brin agacé. Autre élément expliquant sa défaite, le joueur indique que le fait de jouer plus souvent en double a forcément une incidence en simple. "J'ai mis la barre haute en double, donc je me prépare moins bien en simple", a-t-il résumé.

Romain Bonte