Michael Llodra
Michael Llodra | LIONEL BONAVENTURE / AFP

Llodra regrette les occasions manquées

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Michael Llodra est revenu en conférence de presse sur les multiples occasions de breaker lors de sa défaite face à David Ferrer, "un joueur très costaud, le meilleur derrière la bande des quatre". Il s’est montré déçu de buter une nouvelle fois à la porte de la finale –deux ans après son échec contre Robin Soderling- mais tire tout de même un bilan positif de son Bercy 2012 qui le relance parfaitement pour la saison 2013.

As-tu déjà perdu un set en jouant aussi bien ?
ML : "Peut-être. Comme ça, je ne me souviens pas. C'est vrai que c'était du grand tennis tout le premier set. C'est frustrant parce que je pense que si je fais la course en tête, ce n'est plus le même match. Je ne sais pas combien j'ai eu de balles de break, 10, pratiquement dans tous les jeux, hormis un où je suis à égalité quand même. Si je gagne le premier set, ce n'est plus la même histoire, je passe devant. Lui est plus tendu aussi. La force des grands joueurs, c'est arriver à tenir, tenir, tenir. Il m'a fait des points. Je n'ai rien à me reprocher. Il sert bien sur 2 points, il y en a une où je fais retour volée sur première balle à deux centimètres, il arrive à me la remettre dans les pieds. Rien à dire. C'est vrai que c'est un peu dur à digérer forcément".

Début du deuxième, il y a un petit coup de...
"Oui, je sens que physiquement c'est plus dur que les autres jours. Surtout, je ne sais pas si ça se voit. Je ne sais pas combien de montées… entre mes services-volée et pratiquement tous les points je dois faire retour-volée où je monte au filet, ça fait beaucoup d’accélérations, sachant qu’il faut que je remonte très vite au filet sinon j’ai une volée beaucoup plus dure. Ca laisse des traces. J'ai un match de plus que lui dans les jambes. Lui a l'habitude de jouer ce genre de match depuis très longtemps. J'avais le dos un peu raide ce matin aussi ; c'était lié, mais bon. Sur le premier set, ça ne s'est pas vu, un petit coup de moins bien au second et après je ne peux pas abdiquer ici à Bercy avec tout le monde. J'ai essayé de revenir jusqu'à la fin".

Tu ne trouves pas que c'est un joueur un peu sous-estimé en indoor après l'image Espagnol terre-battue ?
"Non, il joue très bien en indoor. Je l’ai vu très bien jouer en 2007 aux Masters à Shanghai. Il est régulier depuis 6 ou 7 ans. C'est énorme. Il est un peu sous-estimé. Mais il joue aussi avec 4 dingos qui jouent monstrueux. Certes, c'est peut-être le moins talentueux des 5, mais il est sacrément costaud. Pour le battre, il faut faire un bon match et il n'est pas passé à côté ! Si ça lui arrive, c’est une fois de temps en temps".

Tu trouves qu'il est plus solide qu'avant, parce qu'il est en confiance en ce moment ?
"C'est difficile de le dire. J'ai un jeu un peu atypique. Aujourd'hui il était assez vulnérable. Il tire de bons passings. Il y a eu un nombre de points spectaculaires au premier set. A un moment donné, il n’y avait que des points gagnants et pas une faute directe de lui ou de moi. Il y a eu un jeu super long sur son service. Intérieurement, je me disais « putain, qu’est-ce qu’il faut faire pour gagner le point. C’est soit je prends un coup gagnant soit j’en fais un. » C'est du très costaud !"

Tu as eu 10 balles de break dans le premier set. Penses-tu les avoir bien jouées ? Il y en a certaines que tu regrettes ?
"Non. Il n’y en a pas une qui me vient à l’esprit où je me dis que je suis passé à côté. J'ai pris 3 ou 4 services gagnants, les premières. Il y en a 2, je m'en souviens d'une où je fais retour sur première volée. Je fais un super retour à 2 cm de la ligne, je fais une première volée, une deuxième et je prends une croisé court. Sur celle-là, la plupart du temps, c'est dur. Il y en a une autre où il y a un rallye, je monte au filet, je prends un passing en deux temps. il n'y a pas eu une où je rate une volée ou j’ai un énorme raté. Franchement, je n'ai pas de gros regrets hormis que cela se goupille mal, qu’il ne fasse pas une faute. Je n'ai pas eu beaucoup de secondes balles malgré tout".

Je voulais revenir sur ton petit pépin au dos. Tu l'as ressenti en fin de premier set ?
"Il est là depuis ce matin. Cela n'a pas empêché de jouer. Je le sentais au service. J’avais 5 ou 10 km/h de moins que les autres jours. J’essayais de varier plus. Je sais aussi qu'il tire très bien les passing. Il faut être plus présent, plus explosif. Je pense que mon jeu est bien plus dur que de faire des rallyes du fond de court. Il faut que je sois explosif, à gauche, à droite et que je monte à chaque point. Ca laisse des traces en fin de semaine".

Tu nous as expliqué en début de semaine comment tu voyais l'année 2013. Est-ce que cette semaine ne modifie pas un peu la manière dont tu envisages la saison ? Est-ce que cela ne donne pas plus d'ambition ?
"En début de me semaine, comme j'étais 120, un peu tout le monde disait : « il est sur la fin, il peut encore jouer très longtemps en double mais en simple est-ce qu’il ne va pas faire l’impasse ? » Ca n’a jamais été le cas. J'ai toujours été joueur de simple, certes avec de biens meilleurs résultats en double, mais je suis avant tout un joueur de simple. L’année prochaine je m’étais fixé de jouer à fond encore en simple et en double, tout en aménageant mon programme. Je ne vais pas devoir passer par les qualifications. En début d'année, ça va être important. Je vais pouvoir gérer plus facilement ma programmation. S’il y a des semaines où je n'ai pas envie de jouer, je ne jouerai pas. Ca va être un programme cohérent par rapport à ma vie familiale, ce que j’ai envie de jouer, les tournois qui me plaisent. Je ferai un point à la fin de l'année 2013. Ce n'est pas le niveau tennis qui me dérange mais l'éloignement de ma famille qui me pèse. Ca n'a rien à voir avec le tennis. Peut-être que je ferai en 2014 et 2015 10 tournois, je ne sais pas. Dans ma réflexion personnelle, je ferai un point en fin d'année 2013".

Tu parlais des 4 dingos devant, il y en a un autre dont tout le monde parle, c’est Jiji, le finaliste d'en face. Quel regarde portes-tu sur ce mec qui déboule de nulle part ?
"Une des premières fois où je l'ai vu c'était à Mons en Challenger. Il tape très fort en première balle, c'est impressionnant. Deuxième balle, ça sort bien de ma raquette, et du fond, contrairement à ce qu'on peut penser, ce n’est pas qu’un serveur, il fait mal en coup droit, en revers, il a une très bonne main. Il est assez complet. Sur une surface comme ça où le rebond est bas, où quand on tape, ça nous fait mal, il est dur à manœuvrer. Forcément, grosse, grosse impression. Après, il va falloir voir comment cela va se passer l'année prochaine. Il fait un gros tournoi, il n'y a rien à dire".

Grégory Jouin @GregoryJouin