Michael Llodra
Michael Llodra | LIONEL BONAVENTURE / AFP

L'indoor, c'est moins rapide qu'avant

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Les conditions de jeu ont nettement évolué depuis les premières éditions du BNP Paribas Masters. Très favorable aux serveurs-volleyeurs jusqu’au milieu des années 90, la surface du POPB permet aujourd’hui à tous les styles de s’exprimer, un peu comme sur du dur extérieur. Explications avec l’ancien capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis Patrice Dominguez.

Boris Becker, Tim Mayotte, Stefan Edberg, Guy Forget, Goran Ivanisevic, Pete Sampras ou encore Greg Rusedski, la liste des vainqueurs du Masters 1000 de Paris regorge de noms d’attaquants, surtout lors de la première décennie. Des joueurs adeptes du service-volée, pas tous forcément très technique mais dotés d’un engagement puissant. Les longs échanges se faisaient rares et le public parisien se gavait de smashs et de retours gagnants. Tout l’opposé de Roland-Garros ! 

De très rapide à rapide

"Au départ, on a utilisé des moquettes ultra-rapides, avec des rebonds très bas, qui se rapprochaient de la vitesse du gazon", témoigne Patrice Dominguez. "Et comme pour Wimbledon, les organisateurs ont compris qu’on allait à la catastrophe, notamment après une finale Medvedev-Ivanisevic, jouée sous les sifflets (1993, NDLR). On a donc travaillé sur un compromis entre vitesse de la surface et vitesse de la balle", poursuit-il. "On l’a trouvé avec des planchers et de la résine, des green-set, du Gerflor, beaucoup plus lents qu’à l’époque et avec un rebond plus haut, ce qui donne plus de temps pour jouer la balle. Cela permet à certains joueurs d’exister". 

"L'indoor avantage les joueurs précis"

L’ancien entraîneur d’Henri Leconte minimise tout de même l’évolution du jeu. "Quand on regarde le palmarès, on s’aperçoit qu’il vaut mieux avoir un gros service qu’un bon lob (rires). Les qualités nécessaires se rapprochent du dur extérieur. Mais l’indoor avantage les joueurs extrêmement précis dans leur centrage de balle, comme on le voit avec Federer (vainqueur en 2011). Quand il n’a pas de vent, et aucun élément extérieur, il est phénoménal au niveau du service, d’une précision diabolique. C’est aussi le cas d’un Nalbandian (vainqueur en 2007). En indoor, ils exploitent au maximum leurs qualités". 

Les relanceurs ont progressé

Maintenant, force est de constater que les couronnés depuis 15 ans à Bercy sont pour la plupart des attaquants de fond de court, d’Andre Agassi à Novak Djokovic en passant par Marat Safin, Tomas Berdych ou Nicolay Davydenko. "Aujourd’hui, les relanceurs n’ont plus de problèmes avec les services jusqu’à 205km/h. Avant, c’était 195km/h. L’œil s’est habitué. Cela diminue d’autant l’influence du service, mais il demeure une arme essentielle", tempère Patrice Dominguez.